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Actualité Cannes · 7 juin 2026

Incendie mortel à Pégomas : déclaration de sinistre, expertise, relogement... ce que l'assurance habitation couvre vraiment

Incendie mortel à Pégomas : déclaration de sinistre, expertise, relogement... ce que l'assurance habitation couvre vraiment

Ce qu'il s'est passé à Pégomas

Un homme a trouvé la mort dans l'incendie de son logement samedi soir à Pégomas, dans l'arrière-pays cannois Source. Les secours, rapidement sur place, n'ont pu ranimer la victime. L'origine du sinistre n'était pas déterminée dans l'immédiat, une enquête étant en cours pour établir les circonstances exactes. Ce drame, survenu dans le bassin de vie de Cannes, met en lumière la brutalité des incendies domestiques et, pour les survivants comme pour les proches, la nécessité d'engager sans délai les démarches auprès de l'assureur.

Déclarer le sinistre incendie : délais et formalités obligatoires

La première obligation de l'assuré, posée à l'article L. 113-2 du Code des assurances, est de déclarer le sinistre dans les cinq jours ouvrés suivant le jour où il en a eu connaissance. En cas d'incendie, ce délai court généralement à partir de la date de l'événement. La déclaration peut être effectuée par tout moyen écrit : lettre recommandée avec accusé de réception, courriel, espace client en ligne ou application mobile de l'assureur. Il est fortement recommandé de conserver une preuve d'envoi et de réception.

La déclaration doit comporter, dans la mesure du possible : la date, l'heure et le lieu précis du sinistre ; sa cause présumée (court-circuit, feu de cheminée, origine extérieure, etc.) ; une description sommaire des dommages constatés sur l'immeuble et sur le mobilier ; l'indication des personnes éventuellement lésées (voisins, tiers) ; et les coordonnées des services de secours intervenus (pompiers, police, gendarmerie). Le procès-verbal d'intervention des sapeurs-pompiers, ou à défaut une attestation de passage, constitue une pièce justificative essentielle que l'assureur réclamera systématiquement.

À défaut de déclaration dans le délai contractuel, l'assureur peut opposer une déchéance de garantie (refus total d'indemnisation) s'il prouve que ce retard lui a causé un préjudice. En pratique, les tribunaux apprécient cette notion de préjudice avec rigueur : un retard de quelques jours, sans conséquence sur l'expertise, ne justifie pas toujours un refus. Toutefois, la prudence impose d'agir au plus vite. Le Service-Public.fr rappelle que la déclaration doit être faite "le plus tôt possible" et que tout retard doit être justifié par un cas de force majeure ou un empêchement légitime (hospitalisation, absence du domicile, etc.).

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Magalie

Vaut-il mieux s'y prendre bien dès le départ que devoir tout refaire ensuite ?

Ce que couvre réellement l'assurance habitation après un incendie

La garantie incendie, incluse dans la quasi-totalité des contrats multirisques habitation (MRH), prend en charge les dommages matériels directs causés par le feu, la fumée, la chaleur, ainsi que ceux résultant de l'intervention des secours (eau, mousse, démolition nécessaire). Sont ainsi indemnisables : la structure du bâtiment (murs, toiture, planchers, menuiseries fixes) ; les installations fixes (plomberie, électricité, chauffage, cuisine équipée) ; le contenu mobilier (meubles, électroménager, vêtements, objets personnels) ; et les frais de déblai, de démolition et de nettoyage des lieux.

L'indemnisation s'effectue, selon les contrats, sur deux bases distinctes : la valeur à neuf (coût de remplacement à l'identique, sans vétusté) pour le mobilier et parfois pour l'immeuble si l'assuré s'engage à reconstruire ; ou la valeur d'usage (valeur à neuf diminuée d'un coefficient de vétusté) si l'assuré ne reconstruit pas ou pour certains biens exclus du neuf (vêtements, linge de maison). Le contrat précise les plafonds, franchises et exclusions. Les objets de valeur (bijoux, œuvres d'art, collections) font souvent l'objet de sous-limites ou nécessitent une déclaration spécifique préalable.

Les frais de sauvetage et de protection (bâchage, gardiennage, mise en sécurité des lieux) sont remboursables sur justificatifs, même s'ils ont été engagés avant l'accord de l'assureur, dès lors qu'ils étaient urgents et nécessaires. De même, les honoraires d'expert d'assuré (expert choisi et payé par l'assuré pour défendre ses intérêts face à l'expert de la compagnie) sont pris en charge dans la limite d'un plafond contractuel, souvent autour de 1 500 à 3 000 €.

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Magalie

Quand comparer plusieurs offres peut faire économiser, ça vaut le coup, non ?

Le relogement d'urgence et les frais annexes : vos droits

Lorsque le logement est inhabitable, la garantie "frais de relogement" ou "perte de jouissance" s'active. Elle couvre : l'hébergement temporaire (hôtel, location meublée, gîte) ; les frais de repas supplémentaires (si l'assuré ne peut cuisiner) ; le gardiennage du mobilier sauvé ; et parfois les frais de déménagement et de remise en place. La durée de prise en charge est contractuelle : souvent 12 à 24 mois, parfois jusqu'à la réintégration effective. Le montant est plafonné (pourcentage du capital mobilier ou somme forfaitaire).

Attention : cette garantie ne joue que si l'assuré a souscrit l'option correspondante (souvent incluse d'office dans les contrats récents, mais à vérifier sur les anciens). En l'absence de garantie, l'assuré peut se tourner vers l'action sociale de la mairie (CCAS), le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) du département, ou, en cas de catastrophe naturelle reconnue, vers les dispositifs d'urgence de l'État. La mairie de Pégomas, comme toute commune, dispose d'un pouvoir de police spéciale pour loger d'urgence les sinistrés (Code général des collectivités territoriales, art. L. 2212-2).

Les frais de déplacement (aller-retour domicile-lieu d'hébergement, démarches administratives) et les frais de stockage du mobilier non endommagé sont généralement remboursés sur justificatifs, dans la limite du plafond "relogement". Il est impératif de conserver toutes les factures (hôtel, restaurant, location box, carburant, péages) et de les transmettre à l'assureur au fur et à mesure.

L'expertise d'assurance : déroulement, contestation et négociation

Après la déclaration, l'assureur mandate un expert d'assurance (salarié ou libéral) pour constater les dégâts, déterminer la cause du sinistre et chiffrer l'indemnisation. L'expert convoque l'assuré (par courrier ou téléphone) pour une visite sur site. L'assuré a le droit de se faire assister, voire représenter, par un expert d'assuré de son choix (à ses frais, remboursés dans la limite du contrat) ou par une association de consommateurs.

Lors de la visite, l'expert dresse un procès-verbal d'expertise décrivant les dommages, proposant une cause, et estimant le coût de réparation ou de remplacement. Ce document est contradictoire : l'assuré (ou son mandataire) peut y inscrire ses observations, réserves ou désaccords avant de signer. La signature n'emporte pas acceptation définitive du chiffrage, mais valide le constat des lieux. En cas de désaccord persistant sur le montant, l'assuré peut :

1. Adresser une lettre de contestation motivée à l'assureur (LRAR), en s'appuyant sur des devis d'entreprises, des factures d'achat, des photos, ou un contre-rapport d'expert d'assuré. 2. Saisir le médiateur de l'assurance (La Médiation de l'Assurance, 75436 Paris Cedex 09) après épuisement du recours interne (délai de deux mois). La saisine est gratuite et suspend la prescription. 3. Demander une expertise judiciaire (référé-expertise devant le tribunal judiciaire) si le litige porte sur un montant significatif. Le juge désigne un expert judiciaire dont les conclusions s'imposent aux parties, sauf contestation motivée.

La négociation avec l'expert de compagnie est une étape clé. Il est conseillé de : préparer un inventaire détaillé pièce par pièce (description, âge, prix d'achat, photos) ; obtenir au moins deux devis de reconstruction/réparation par des artisans locaux ; ne pas jeter les objets endommagés avant l'accord de l'expert (sauf péril sanitaire) ; et demander l'avance sur indemnisation (souvent 30 à 50 % du prévisionnel) pour faire face aux dépenses urgentes.

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Magalie

Mieux vaut être bien conseillé par un pro sérieux que naviguer à l'aveugle, non ?

Responsabilité civile et recours contre tiers : les cas de figure

Si l'incendie trouve son origine chez un tiers (voisin, locataire au-dessus, entreprise ayant réalisé des travaux, défaut de construction, vice caché sur un appareil électroménager), la garantie responsabilité civile de ce tiers (ou sa garantie décennale pour un constructeur) peut être actionnée. L'assuré déclare le sinistre à *son* assureur (garantie incendie) qui l'indemnise, puis exerce un recours subrogatoire contre le responsable et son assureur (Code des assurances, art. L. 121-12).

Si l'assuré est locataire, il répond des dommages au bâtiment vis-à-vis du bailleur (responsabilité locative, art. 1732 Code civil), sauf cas de force majeure, vice de construction, ou fait d'un tiers. Son contrat MRH inclut une garantie "responsabilité locative incendie" qui couvre ce risque. Le bailleur, lui, assure l'immeuble en son nom propre (assurance propriétaire non occupant ou immeuble). En cas de colocation, chaque colocataire doit être déclaré au contrat ; à défaut, l'assureur peut réduire l'indemnisation proportionnellement.

Si l'origine est criminelle (incendie volontaire), l'auteur encourt des peines lourdes (Code pénal, art. 322-1 et suivants : 10 à 20 ans de réclusion). L'assureur de l'auteur ne couvre pas le risque intentionnel. La victime (ou ses ayants droit) devra se constituer partie civile au pénal pour obtenir réparation, ou actionner sa propre garantie incendie (qui jouera sauf fraude de l'assuré lui-même). Le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) peut intervenir dans certains cas graves.

Démarches administratives parallèles : mairie, préfecture, impôts

Au-delà de l'assurance, plusieurs démarches s'imposent :

- Mairie : signaler l'inhabitabilité pour obtenir un arrêté de péril (si danger structurel) ou d'insalubrité. Demander une attestation d'hébergement d'urgence si relogement par la commune. S'inscrire sur la liste électorale de la nouvelle adresse si déménagement durable. - Préfecture / Sous-préfecture : en cas de catastrophe naturelle (arrêté interministériel), déposer un dossier de demande d'indemnisation complémentaire (franchises légales, biens non assurés). - Impôts : signaler le changement de résidence principale (taxe d'habitation, taxe foncière). Demander une dégrèvement ou remise gracieuse de taxe foncière sur la partie détruite (Code général des impôts, art. 1389). Déduire les pertes non indemnisées du revenu imposable (déficit foncier ou perte de revenu). - Banque / Crédit : informer l'organisme prêteur (crédit immobilier, consommation). L'assurance emprunteur (garantie ITT, décès, perte d'emploi) peut prendre en charge les mensualités si l'assuré est en arrêt de travail ou en invalidité suite au sinistre. - Employeur / Pôle emploi / CAF : signaler la situation pour aménager le temps de travail, bénéficier d'aides d'urgence (Fonds de solidarité logement, action sociale CAF), ou suspendre les obligations de recherche d'emploi.

Conserver un dossier unique (papier ou numérique) avec tous les courriers, PV, factures, devis, photos, mails, accusés de réception, notes de téléphone (date, interlocuteur, objet) est la meilleure garantie contre les oublis et les litiges ultérieurs. La prescription biennale (deux ans) court à compter de l'événement pour les actions dérivant du contrat d'assurance (Code des assurances, art. L. 114-1), mais des actes interruptifs (LRAR, expertise, assignation) la font repartir.

Face à la complexité des clauses, des plafonds et des exclusions, la lecture attentive des conditions générales et particulières du contrat, dès la souscription et au moment du sinistre, reste la première protection. En cas de doute, les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV, CNAFAL) et les permanences juridiques gratuites (maisons de justice et du droit, points d'accès au droit) offrent un éclairage indépendant.

Questions fréquentes

Quel est le délai légal pour déclarer un sinistre incendie à son assureur ?

L'article L. 113-2 du Code des assurances impose un délai de **cinq jours ouvrés** à compter de la connaissance du sinistre. Ce délai est d'ordre public : tout retard non justifié par un cas de force majeure ou un empêchement légitime peut entraîner une déchéance de garantie si l'assureur prouve un préjudice.

L'assurance habitation prend-elle en charge le relogement si mon logement est inhabitable après un incendie ?

Oui, si le contrat inclut la garantie **"frais de relogement"** ou "perte de jouissance" (souvent incluse dans les MRH récents). Elle couvre l'hébergement temporaire, les repas, le gardiennage du mobilier et le déménagement, dans la limite d'un plafond et d'une durée contractuels (souvent 12 à 24 mois). Sans cette option, il faut se tourner vers le CCAS, le FSL ou les dispositifs d'urgence de l'État.

Puis-je contester le montant proposé par l'expert de l'assurance après un incendie ?

Oui. Vous pouvez adresser une **contestation motivée** par LRAR à votre assureur, appuyée sur des devis d'artisans, factures d'achat, photos ou un rapport d'expert d'assuré (dont les honoraires sont souvent remboursés jusqu'à un plafond). En cas d'échec, saisissez le **médiateur de l'assurance** (gratuit, délai deux mois après réclamation écrite) ou engagez un référé-expertise judiciaire.

Qui paie les dégâts si l'incendie est parti du logement de mon voisin ou d'un défaut de construction ?

Votre assureur vous indemnise au titre de votre garantie incendie, puis exerce un **recours subrogatoire** contre le responsable (voisin, artisan, constructeur) et son assureur (responsabilité civile, garantie décennale). Si vous êtes locataire, votre garantie "responsabilité locative incendie" couvre les dommages au bâtiment vis-à-vis du bailleur, sauf force majeure ou fait d'un tiers.

Quelles démarches administratives dois-je faire en parallèle de la déclaration d'assurance ?

Signalez l'inhabitabilité à la **mairie** (arrêté de péril, attestation relogement). Informez la **banque** (crédit immobilier, assurance emprunteur). Déclarez le changement d'adresse aux **impôts** (dégrèvement taxe foncière possible), à la **CAF**, à **Pôle emploi** et à votre **employeur**. En cas d'arrêté catastrophe naturelle, déposez un dossier en préfecture pour indemnisation complémentaire.

Que deviennent les objets de valeur (bijoux, tableaux) non déclarés spécifiquement au contrat ?

La plupart des contrats MRH plafonnent l'indemnisation des objets de valeur (souvent 20 à 30 % du capital mobilier, avec un sous-plafond par objet). Au-delà, une **déclaration préalable** avec expertise ou factures est exigée pour une couverture "tous risques" ou une extension de garantie. Sans déclaration, l'indemnisation sera limitée au plafond standard, même si la valeur réelle est supérieure.