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La copropriété dans les Bouches-du-Rhône : syndic, assemblée générale, charges et décisions

Acheter en copropriété à Marseille, Aix-en-Provence ou Arles, c'est rapidement comprendre que votre logement ne vous appartient pas entièrement. Les parties communes — cage d'escalier, toit, façade, local poubelles, ascenseur, et parfois même le jardin d'entrée — sont partagées avec tous les copropriétaires. Chaque année, une assemblée générale (AG) se tient pour décider de l'avenir de l'immeuble. C'est là que tout se joue, et c'est souvent là que de nombreux acquéreurs réalisent, trop tard, qu'ils auraient dû lire le règlement de copropriété avant de signer.

La copropriété en France est strictement encadrée par la loi du 10 juillet 1965, modifiée à plusieurs reprises par des lois ultérieures : loi ALUR, loi ELAN, loi Climat et Résilience, et loi sur l'habitat dégradé. Le cadre légal est solide, mais les obligations se multiplient. Voici ce qu'il faut savoir.


Qui est qui, concrètement

Dès l'acquisition de votre bien, trois entités deviennent incontournables.

Le syndicat des copropriétaires, tout d'abord. Il s'agit d'une personne morale qui regroupe tous les propriétaires et détient les parties communes. Vous en faites automatiquement partie dès la signature de l'acte notarié.

Le syndic, ensuite. Ce mandataire exécute les décisions prises collectivement. Il peut être professionnel — un cabinet rémunéré, généralement pour une durée de un à trois ans, ce qui est la norme dans les copropriétés de plus de dix lots — ou bénévole, c'est-à-dire un copropriétaire qui accepte cette responsabilité. Cette dernière option peut sembler économique, mais elle exige du temps, une rigueur comptable et une assurance responsabilité civile. Dans les petites résidences de Cassis ou des Alpilles, certains syndics bénévoles tiennent la distance pendant des années, tandis que d'autres abandonnent après quelques AG mouvementées.

Le conseil syndical, enfin. Composé de quelques copropriétaires élus, il a pour mission de contrôler le syndic, valider les factures au-delà d'un certain montant, examiner les devis et donner un avis sur le budget. Bien que son rôle soit officiellement consultatif, un conseil syndical actif est souvent le seul rempart contre un syndic négligent ou des dépenses injustifiées.


Le règlement de copropriété, ce texte qu'on ne lit jamais

Le règlement de copropriété est le document de référence qui régit la vie collective de l'immeuble.

Il définit chaque partie privative et chaque partie commune, fixe les tantièmes (votre part dans la propriété et dans les charges), et organise la vie collective (nuisances sonores, animaux, travaux autorisés). Il répartit également les charges.

Ce document doit être fourni par le vendeur avant l'achat. De nombreux litiges — comme une terrasse que l'on croyait privative ou un stationnement que l'on pensait réservé — pourraient être évités par une simple lecture de ce texte. Le négliger revient à acheter un véhicule sans vérifier son état mécanique.

Depuis la loi ELAN, les règlements anciens doivent être mis à jour pour distinguer clairement les parties communes générales et spéciales, et identifier les lots transitoires. Cette mise en conformité est souvent reportée, mais elle devient incontournable lors d'une vente.


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Magalie

C'est complexe, la gestion d'une copropriété, non ?

L'assemblée générale : le cœur du réacteur

L'assemblée générale (AG) est l'instance annuelle obligatoire où se prennent les décisions essentielles de la copropriété.

Une AG ordinaire doit se tenir au moins une fois par an. C'est lors de cette réunion que l'on vote le budget prévisionnel, approuve les comptes de l'année écoulée, donne (ou non) quitus au syndic, élit le conseil syndical et décide des travaux. Des AG extraordinaires peuvent être organisées en cas d'urgence ou de décision majeure entre deux exercices.

La convocation est envoyée par courrier — recommandé ou, depuis les réformes récentes, par voie électronique si le copropriétaire a donné son accord — au moins vingt-et-un jours avant la réunion. Elle doit inclure l'ordre du jour complet, les devis soumis au vote et le budget proposé. Un copropriétaire peut ajouter une résolution à l'ordre du jour, à condition de la formuler par écrit au syndic bien avant la convocation (généralement deux mois à l'avance).

Depuis la loi ELAN et ses décrets d'application, la visioconférence et le vote par correspondance sont accessibles à toutes les copropriétés. Les grandes copropriétés doivent organiser des AG hybrides (présentiel + distanciel). Une avancée majeure pour les propriétaires qui louent leur bien à l'année dans les Bouches-du-Rhône sans y résider, et qui devaient auparavant donner un pouvoir en aveugle.

Le jour de l'AG, les participants signent la feuille de présence et votent résolution par résolution. Le syndic rédige ensuite un procès-verbal, notifié à tous les copropriétaires, présents ou absents. C'est à partir de cette notification que commence le délai de contestation, qui est très court.


Les quatre majorités, sans se perdre

La loi distingue quatre niveaux de majorité, en fonction de l'importance de la décision. Plus la décision engage la copropriété sur le long terme, plus la majorité requise est élevée.

La majorité simple de l'article 24 (voix des présents et représentés) suffit pour les décisions courantes : voter le budget prévisionnel, approuver un contrat d'entretien ou choisir un prestataire de ménage.

La majorité absolue de l'article 25 (voix de tous les copropriétaires, y compris les absents) est nécessaire pour désigner ou révoquer le syndic, autoriser des travaux d'économies d'énergie, valider l'installation de nouveaux équipements ou approuver des travaux privatifs touchant les parties communes.

La passerelle de l'article 25-1 est un mécanisme utile. Si une résolution en article 25 obtient au moins un tiers des voix sans atteindre la majorité absolue, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement. Beaucoup de travaux énergétiques sont adoptés grâce à cette passerelle.

La double majorité de l'article 26 (deux tiers des voix et majorité en nombre des copropriétaires) est réservée aux décisions lourdes : modification du règlement, vente d'une partie commune ou changement de destination de l'immeuble.

Un copropriétaire absent qui n'a pas donné de pouvoir peut faire basculer une décision en article 25, car il est comptabilisé dans le dénominateur sans voter. Dans les copropriétés de taille moyenne des Bouches-du-Rhône, où une partie des propriétaires sont des résidents secondaires (comme à La Ciotat ou Cassis), une AG bien préparée peut se jouer à quelques voix près.


Les charges : ce qu'on paie, et pourquoi

Les charges se répartissent en trois catégories distinctes.

Les charges générales — entretien courant, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, éclairage des communs, ménage — sont réparties selon les tantièmes du règlement, indépendamment de l'usage réel. Les charges spéciales concernent les équipements qui ne servent pas à tous les copropriétaires, comme l'ascenseur ou le chauffage collectif. Elles sont réparties en fonction de l'utilité pour chaque lot : un rez-de-chaussée ne paie généralement pas l'ascenseur, ou très peu. Les charges exceptionnelles ne font pas partie du budget annuel : ravalement de façade, réfection de toiture ou remplacement de chaudière collective. Elles sont votées séparément en AG et font l'objet d'appels de fonds dédiés.

Le budget prévisionnel, voté chaque année, est payable par trimestre d'avance. Le syndic émet quatre appels de fonds annuels basés sur ce budget.

Depuis la loi ALUR, un fonds de travaux obligatoire existe pour les copropriétés de dix lots ou plus (sauf dérogation votée dans les cinq ans suivant la construction). La cotisation minimale est de 5 % du budget prévisionnel, versée chaque année sur un compte bancaire dédié, et mobilisable pour les gros travaux à venir. Ce fonds permet d'anticiper les dépenses importantes, à condition de ne pas l'utiliser pour des dépenses courantes, ce qui arrive malheureusement trop souvent.

Quand un copropriétaire ne paie plus ses charges, le syndic doit engager une mise en demeure, puis une action en justice. Le syndicat bénéficie d'un privilège immobilier spécial sur le lot du débiteur : en dernier recours, le bien peut être saisi et vendu. Entre-temps, les autres copropriétaires doivent avancer les fonds, ce qui peut entraîner certaines copropriétés dans une spirale financière difficile.


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Magalie

C'est crucial, ces réunions, vous trouvez pas ?

La rénovation énergétique : ce qui change en 2026

La rénovation énergétique impose de nouvelles obligations en 2026, selon la taille et l'âge des résidences.

Plusieurs obligations se superposent selon la taille et l'âge de la copropriété.

Le DPE collectif devient obligatoire pour toutes les copropriétés à partir du 1er janvier 2026, y compris celles de moins de 50 lots qui en étaient jusqu'ici exemptées. Il fournit une évaluation de la consommation énergétique de l'immeuble et sert de base technique au plan de travaux.

Le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT), introduit par la loi Climat et Résilience, est obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans, avec un calendrier progressif déjà en place : copropriétés de plus de 200 lots depuis 2023, 51 à 200 lots depuis 2024, et jusqu'à 50 lots depuis le 1er janvier 2025. Le PPT projette sur dix ans les travaux de conservation et d'amélioration énergétique, avec une estimation chiffrée. Les copropriétés ayant réalisé un Diagnostic Technique Global (DTG) qui ne prévoit aucun travaux sur la décennie sont dispensées.

Trois leviers financiers accompagnent cette transition. MaPrimeRénov' Copropriétés finance les travaux sur parties communes, directement versée au syndicat. L'Éco-PTZ Copropriétés permet un emprunt collectif à taux zéro. Les CEE (certificats d'économies d'énergie) apportent une prime complémentaire sur les travaux éligibles. Pour les aides locales, renseignez-vous auprès du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur ou de l'ADIL 13, qui peuvent orienter vers des dispositifs spécifiques aux Bouches-du-Rhône.

Tous les travaux énergétiques relèvent de la majorité article 25, avec la possibilité d'utiliser la passerelle 25-1. Un vote favorable en une seule AG reste rare ; une préparation en amont — commission travaux, devis contradictoires, simulations de financement — est donc essentielle.


Quand une copropriété dérape

Certaines résidences cumulent impayés, travaux non votés, dégradations et départ des propriétaires occupants, ce qui peut amener le préfet à classer la copropriété en difficulté. Dans ce cas, des outils spécifiques peuvent être activés : plan de sauvegarde, administration provisoire par un syndic nommé par le juge, aides exceptionnelles de l'ANAH, ou intégration dans une OPAH (opération programmée d'amélioration de l'habitat). Les Bouches-du-Rhône comptent quelques cas dans des immeubles des quartiers nord de Marseille ou dans des résidences des années 70 à Istres ou Salon-de-Provence.

Le message est clair : une copropriété en difficulté n'est pas une fatalité, des dispositifs existent pour la redresser. Cependant, l'intervention arrive souvent trop tard lorsque les copropriétaires ont ignoré les AG pendant des années.


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Magalie

C'est le moment de s'y mettre, nonin ?

Ce que fait concrètement le syndic

Le syndic professionnel gère la comptabilité du syndicat, les appels de fonds et la tenue du registre de maintenance.

Il s'occupe également du paiement des fournisseurs, de la convocation annuelle de l'assemblée générale (AG), de la notification du procès-verbal (PV), de la gestion des sinistres, ainsi que de l'immatriculation obligatoire au registre national des copropriétés — sous peine d'amendes et de perte d'accès à certaines aides.

Pour ces services, il facture un forfait annuel — généralement compris entre 150 et 300 € par lot selon la taille et la localisation de la copropriété — ainsi que des honoraires spéciaux pour les prestations ponctuelles : suivi de chantier, procédure judiciaire ou contentieux d'impayés. La loi ALUR impose un contrat type qui limite les lignes de facturation autorisées, mais il est essentiel de lire ce contrat attentivement : certains syndics facturent la convocation d'une AG extraordinaire à la résolution, d'autres au forfait.

Comparer les syndics lors du renouvellement de mandat est un exercice utile. Demander trois devis, inviter deux candidats en AG et choisir. Le sortant n'est pas intouchable.


Les droits qu'on ignore souvent

Chaque copropriétaire a le droit de consulter gratuitement certains documents essentiels.

Chaque copropriétaire peut demander à consulter, sans frais, le règlement de copropriété et ses modificatifs, les procès-verbaux d'AG des cinq dernières années, les contrats en cours (assurance, entretien, syndic lui-même) et la comptabilité du syndicat. Le syndic ne peut pas facturer abusivement cette consultation.

Une décision d'AG peut être contestée devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois après notification du PV — et uniquement par un copropriétaire opposant ou absent. Les motifs de contestation incluent l'abus de majorité, une irrégularité de procédure ou le non-respect du règlement. Passé ce délai, la décision devient définitive, même si elle est contestable sur le fond. De nombreux contentieux échouent en raison de cette prescription courte.

Demander un changement de syndic se fait généralement lors de l'AG ordinaire, au moment du vote du mandat, mais il est possible d'inscrire cette question à l'ordre du jour d'une AG extraordinaire. Pour des travaux privatifs touchant les parties communes — comme l'installation d'une climatisation réversible en façade ou le percement d'un mur porteur — une autorisation préalable de l'AG est indispensable.


Sources :

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