Actualité Rochefort · 7 juin 2026
Excès de vitesse à Rochefort : quelles conséquences sur votre assurance auto ?

Ce qu'il s'est passé à Rochefort
Lors d'une opération de contrôle routier d'envergure menée sur le territoire de la commune de Rochefort, les forces de l'ordre ont contrôlé 732 véhicules en l'espace de huit heures. Le bilan fait état de 144 excès de vitesse verbalisés, selon les informations rapportées par L'Avenir. Cette vague de verbalisations rappelle que la répression des excès de vitesse reste une priorité de la sécurité routière. Pour chaque conducteur concerné, la sanction ne s'arrête pas au paiement de l'amende forfaitaire et au retrait de points sur le permis de conduire. Elle ouvre également un volet assurantiel souvent méconnu, qui peut alourdir significativement le coût de l'assurance auto pendant plusieurs années.
Comprendre l'impact d'un excès de vitesse sur le bonus-malus
Le système de bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration (CRM), est régi par l'annexe à l'article A.121-1 du Code des assurances. Ce coefficient évolue chaque année en fonction de la survenance d'accidents dont l'assuré est responsable. Cependant, certaines infractions au code de la route, dont l'excès de vitesse, peuvent également entraîner une majoration du coefficient, même en l'absence d'accident.
Concrètement, tout conducteur titulaire d'un contrat d'assurance automobile voit son coefficient majoré de 25 % (soit un multiplicateur de 1,25) pour chaque sinistre responsable. Pour les infractions routières, la majoration s'applique selon des règles spécifiques définies par l'article A.121-1-1 du Code des assurances. Un excès de vitesse supérieur à 30 km/h au-delà de la limite autorisée entraîne une majoration de 25 % du coefficient. Pour un excès compris entre 20 et 30 km/h, la majoration est de 12,5 %. En deçà de 20 km/h, aucune majoration automatique n'est prévue par la réglementation, mais l'assureur conserve une liberté d'appréciation lors du renouvellement.
Il est important de noter que cette majoration s'applique au coefficient en vigueur à la date de l'infraction. Si vous bénéficiez d'un bonus (coefficient inférieur à 1), la majoration vous fait perdre une partie de cet avantage. Si vous êtes déjà en malus (coefficient supérieur à 1), l'aggravation est immédiate. Le coefficient ne peut excéder 3,50 (malus maximum). Le retour à un coefficient neutre (1,00) ou à un bonus nécessite ensuite deux années sans sinistre responsable ni infraction majorante.
Service-Public.fr rappelle que l'assureur est informé de l'infraction soit par la déclaration de l'assuré (obligation contractuelle), soit via le fichier national des permis de conduire (Fichier national des permis de conduire - FNPC) auquel les compagnies d'assurance ont accès sous conditions.
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Les seuils de verbalisation et la majoration de prime
L'amende forfaitaire et le retrait de points suivent une grille précise définie par le Code de la route. Pour l'assurance, ce sont les seuils de 20 km/h et 30 km/h qui déclenchent la majoration automatique du coefficient.
- Excès de vitesse inférieur à 20 km/h : amende forfaitaire (68 € ou 135 € selon la zone), retrait de 1 point. Pas de majoration automatique du bonus-malus par la loi, mais l'assureur peut appliquer une surprime contractuelle ou refuser le renouvellement. - Excès de vitesse entre 20 et 30 km/h : amende forfaitaire majorée (135 €), retrait de 2 points. Majoration légale du coefficient de 12,5 %. - Excès de vitesse entre 30 et 40 km/h : amende forfaitaire majorée (135 €), retrait de 3 points. Majoration légale du coefficient de 25 %. - Excès de vitesse entre 40 et 50 km/h : amende forfaitaire majorée (135 €), retrait de 4 points. Majoration légale du coefficient de 25 %. - Excès de vitesse supérieur à 50 km/h : contravention de 5e classe (1 500 € max), retrait de 6 points, suspension de permis possible. Majoration légale du coefficient de 25 %.
Au-delà de la majoration légale du coefficient, l'assureur peut appliquer une surprime (augmentation de la prime de base) en vertu de l'article L.113-4 du Code des assurances, si le contrat le prévoit. Cette surprime s'ajoute à l'effet du bonus-malus. Elle doit être mentionnée dans les conditions générales ou particulières du contrat. La Fédération Française de l'Assurance (FFA) recommande aux assurés de relire leur contrat pour identifier les clauses relatives aux infractions routières.
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Risque de résiliation du contrat par l'assureur
La résiliation du contrat par l'assureur est encadrée par l'article L.113-4 du Code des assurances. Elle peut intervenir pour non-paiement de prime, aggravation du risque ou fausse déclaration. Une accumulation d'infractions graves (excès de vitesse > 50 km/h, conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants, délit de fuite) constitue une aggravation du risque justifiant une résiliation.
Pour un excès de vitesse isolé, même supérieur à 30 km/h, la résiliation n'est pas automatique. Toutefois, si le contrat comporte une clause de résiliation pour « infractions graves répétées » ou « comportement dangereux », l'assureur peut notifier la résiliation avec un préavis de 30 jours (article L.113-4, alinéa 3). La résiliation prend effet 30 jours après l'envoi de la lettre recommandée.
En cas de résiliation, l'assuré se retrouve en situation de « résilié pour aggravation de risque ». Trouver un nouvel assureur devient plus difficile et plus coûteux. Le Bureau Central de Tarification (BCT) peut être saisi pour imposer une couverture au tarif de référence, mais la procédure est longue et ne garantit pas un tarif avantageux.
Il est donc crucial de vérifier les clauses de résiliation de son contrat. En cas de doute, contacter son assureur ou un médiateur de l'assurance (via La Médiation de l'Assurance) permet d'évaluer la situation.
Comment négocier son contrat après une infraction
Après la réception d'un avis de contravention pour excès de vitesse, l'assuré dispose d'un délai (généralement 15 jours à compter de la connaissance de l'infraction, selon les clauses du contrat) pour en informer son assureur. Cette déclaration est une obligation contractuelle (article L.113-2 du Code des assurances). Ne pas la faire expose à une déchéance de garantie en cas de sinistre ultérieur.
Une fois l'infraction déclarée, plusieurs leviers de négociation existent :
1. Rappeler son historique : si vous êtes client depuis plusieurs années sans sinistre, mettez en avant votre fidélité et votre bon historique. 2. Demander le détail de la majoration : exigez la ventilation entre majoration légale (bonus-malus) et surprime contractuelle. La surprime n'est pas obligatoire si elle n'est pas prévue au contrat. 3. Proposer une franchise majorée : accepter une franchise plus élevée en cas de sinistre futur peut permettre de limiter la hausse de la prime annuelle. 4. Solliciter un geste commercial : certains assureurs acceptent de lisser la majoration sur deux ans ou d'offrir une réduction sur une autre garantie (bris de glace, vol, etc.). 5. Comparer les offres : la loi Hamon (loi n°2014-344 du 17 mars 2014) permet de résilier son contrat à tout moment après un an d'engagement, sans frais ni justification. C'est un argument fort pour négocier.
La négociation doit se faire par écrit (courrier recommandé avec accusé de réception ou email avec confirmation de lecture) pour conserver une trace.
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Changer d'assureur : la résiliation infra-annuelle (Loi Hamon)
Depuis le 1er janvier 2015, la loi Hamon (article L.113-15-2 du Code des assurances) permet à tout assuré de résilier son contrat d'assurance automobile à tout moment, après la première année d'engagement, sans pénalités ni frais. La résiliation prend effet un mois après la notification à l'assureur. Le nouvel assureur se charge généralement des formalités de résiliation auprès de l'ancien.
Cette faculté est un levier puissant après une majoration de prime. Avant de résilier, il convient de :
- Comparer les devis : utilisez des comparateurs en ligne ou sollicitez des courtiers. Attention aux exclusions de garanties et aux franchises. - Vérifier l'acceptation du risque : certains assureurs refusent les profils « malussés » ou « résiliés ». Le questionnaire de souscription (déclaration de risque) doit être rempli avec exactitude. Toute omission ou fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat (article L.113-8 du Code des assurances). - Anticiper la date d'effet : assurez-vous qu'il n'y a pas de trou de garantie entre la fin de l'ancien contrat et le début du nouveau.
Si vous êtes dans la première année de contrat, la résiliation n'est possible qu'à l'échéance annuelle (avec préavis de deux mois selon l'article L.113-12) ou en cas de changement de situation (vente du véhicule, déménagement, mariage, etc.) justifiant une modification du risque.
Bonnes pratiques pour éviter la hausse de prime
La meilleure stratégie reste la prévention. Au-delà du respect des limitations de vitesse, quelques habitudes permettent de maîtriser son budget assurance :
- Opter pour un stage de récupération de points : si votre solde de points est bas (6 points ou moins), un stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière (deux jours, coût environ 200-300 €) permet de récupérer 4 points (plafonné à 12). Cela évite l'invalidation du permis (solde 0) qui entraînerait une résiliation quasi certaine et une impossibilité de s'assurer. Les stages sont listés sur le site de la Sécurité Routière. - Choisir un véhicule moins puissant : la prime d'assurance dépend fortement de la puissance fiscale (chevaux fiscaux) et du modèle. Un véhicule de catégorie inférieure réduit la prime de base. - Augmenter la franchise : accepter une franchise plus élevée (ex: 300 € au lieu de 150 €) baisse la cotisation annuelle. À réserver aux conducteurs prudents disposant d'une épargne de précaution. - Regrouper ses contrats : assurer son habitation et son auto chez le même assureur ouvre souvent droit à une réduction « multicontrats » (5 à 15 %). - Déclarer un kilométrage réel : si vous roulez peu (< 8 000 km/an), une formule « petit rouleur » ou « au kilomètre » (pay as you drive) peut être plus avantageuse. - Suivre son coefficient : chaque année, l'assureur envoie un relevé d'information (obligatoire sur demande, article L.112-2 du Code des assurances). Vérifiez-y votre coefficient bonus-malus et l'historique des sinistres. En cas d'erreur, contestez rapidement.
En adoptant ces réflexes, vous limitez l'impact financier d'une éventuelle infraction et conservez un pouvoir de négociation face aux assureurs.
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*Sources : Code des assurances (articles L.113-2, L.113-4, L.113-8, L.113-12, L.113-15-2, A.121-1, A.121-1-1), Code de la route, Service-Public.fr, Fédération Française de l'Assurance (FFA), La Médiation de l'Assurance, Sécurité Routière.*
Questions fréquentes
Un excès de vitesse de 15 km/h entraîne-t-il une majoration de mon bonus-malus ?
Non. La majoration automatique du coefficient bonus-malus ne s'applique qu'à partir de 20 km/h au-dessus de la limite (12,5 % entre 20 et 30 km/h, 25 % au-delà de 30 km/h). En dessous de 20 km/h, l'assureur peut toutefois appliquer une surprime si le contrat le prévoit.
Dois-je obligatoirement déclarer mon excès de vitesse à mon assureur ?
Oui. L'article L.113-2 du Code des assurances impose à l'assuré de déclarer tout sinistre ou circonstance nouvelle aggravant le risque, dans le délai prévu au contrat (généralement 15 jours). L'omission expose à une déchéance de garantie en cas d'accident ultérieur.
Mon assureur peut-il me résilier pour un seul excès de vitesse supérieur à 50 km/h ?
Oui. Un excès de vitesse supérieur à 50 km/h constitue une infraction grave (5e classe) et une aggravation du risque. L'assureur peut résilier le contrat pour ce motif (article L.113-4 du Code des assurances) avec un préavis de 30 jours.
Puis-je changer d'assureur immédiatement après une majoration de prime ?
Si votre contrat a plus d'un an, la loi Hamon (article L.113-15-2 du Code des assurances) vous permet de résilier à tout moment sans frais, avec un préavis d'un mois. Si le contrat a moins d'un an, vous devez attendre l'échéance annuelle (préavis de deux mois) sauf cas de changement de situation.
Comment récupérer des points sur mon permis pour éviter l'invalidation ?
Vous pouvez effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière (2 jours) qui permet de récupérer 4 points (plafond 12 points), une fois par an. La liste des stages agréés est disponible sur le site de la Sécurité Routière.
Qu'est-ce que le Bureau Central de Tarification (BCT) ?
Le BCT est un organisme qui peut être saisi par un assuré refusé par les assureurs (ex: résilié pour aggravation de risque). Il impose à un assureur de garantir le risque au tarif de référence. La saisine se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.
