L'investissement locatif dans l'Eure : stratégies, rendement, fiscalité
L'investissement locatif a longtemps été un réflexe patrimonial français : acheter un bien, le louer, rembourser avec les loyers, vendre dans vingt ans avec plus-value. L'équation tenait tant que les prix montaient, que les taux d'intérêt étaient bas, que la fiscalité ne bougeait pas, et que tout le monde pouvait louer à peu près n'importe quel logement. En 2026, plus un seul de ces paramètres ne tient tel quel.
Le dispositif Pinel a disparu au 1er janvier 2025 — fin définitive, aucun remplaçant de même ampleur. Les passoires thermiques basculent progressivement hors du marché locatif : G interdit depuis 2025, F en 2028, E en 2034. Les taux d'intérêt sont remontés puis redescendus sans vraiment se stabiliser. Le marché immobilier a traversé une correction depuis 2023, avec des baisses significatives dans certaines villes. Et le LMNP — la formule meublée — a subi une réforme qui limite son avantage fiscal historique.
Dans ce paysage, investir en locatif dans le Eure reste possible et parfois très rentable. Mais les recettes automatiques ont disparu. C'est la préparation, le calcul, la connaissance précise des dispositifs, qui font la différence entre un investissement qui paie et un bien qui dort.
Pourquoi investir, et les limites à accepter
Les motivations classiques restent valables : constitution de patrimoine sur le long terme, revenus complémentaires pour préparer la retraite ou arrondir les fins de mois, diversification par rapport aux placements financiers, utilisation du levier du crédit pour faire travailler l'épargne d'un locataire sur votre remboursement, transmission familiale à terme. Ces avantages structurels ne changent pas, quels que soient les cycles.
Les limites et risques sont bien réels et méritent d'être assumés avant tout engagement. Immobilisation de capital sur dix à trente ans, risque locatif permanent (impayés, vacance, dégradations), risque de marché (prix qui baissent, taux qui montent, dispositifs fiscaux qui disparaissent), fiscalité lourde sur les revenus fonciers pour les gros revenus, gestion chronophage si l'on n'externalise pas, travaux imprévus qui ponctionnent la trésorerie.
Un investissement locatif se pense sur 15 à 25 ans, pas sur 3 ou 5. Qui n'a pas cette patience fera mieux de s'orienter vers des placements plus liquides.
Quatre stratégies, quatre logiques
Le choix de la formule conditionne tout le reste : fiscalité, rendement, gestion et risque locatif.
La location nue est régie par la loi du 6 juillet 1989. Bail de trois ans minimum (six ans si le bailleur est une société), préavis locataire de trois mois (réduit à un mois en zone tendue, dans la quasi-totalité des communes euroises denses), logement sans mobilier. Avantages : simplicité, locataires généralement stables, déduction des charges au régime réel. Inconvénients : fiscalité des revenus fonciers qui peut manger 40 à 60 % des loyers pour les gros contribuables, rendement plus faible que le meublé, préavis court qui génère de la rotation.
La location meublée, en LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel), reste le dispositif le plus attractif fiscalement malgré sa réforme récente. Bail d'un an (neuf mois non renouvelables pour les étudiants), mobilier obligatoire selon liste décrétale précise. Avantages : loyers plus élevés (généralement 10 à 20 % au-dessus du nu sur le même bien), régime fiscal BIC avec amortissement comptable qui neutralise fiscalement une grande partie des revenus locatifs pendant dix à quinze ans. Inconvénients : rotation plus forte, meublement à gérer, règles meublé strictes (élément manquant = requalification possible en nu), réforme 2024-2025 qui a durci le régime en réintégrant l'amortissement dans le calcul de la plus-value à la revente.
La location meublée touristique via Airbnb, Abritel, Booking : locations courtes à la journée ou à la semaine. Rentabilité potentiellement élevée en zone touristique et à forte saison — le Eure offre des opportunités dans des communes comme Giverny (tourisme impressionniste), Les Andelys (château Gaillard), Pont-Audemer (« Petite Venise normande »), ou encore Lyons-la-Forêt et Le Bec-Hellouin (classés parmi les plus beaux villages de France). Les rendements bruts peuvent atteindre 6 à 10 % dans les configurations les plus porteuses. Mais le cadre s'est considérablement durci : enregistrement en mairie obligatoire dans toutes les communes en zone tendue (numéro à afficher sur les annonces), changement d'usage exigé dans certaines villes pour transformer un logement en meublé touristique permanent, taxe de séjour à collecter et reverser, limitation à 120 jours par an pour une résidence principale louée en saisonnier. Plus la fiscalité des meublés touristiques non classés revue à la baisse par la loi de finances 2024 (abattement de 30 % contre 50 % auparavant pour le micro-BIC). Le meublé touristique classé garde son avantage (abattement 50 % en micro-BIC, voire 71 % dans certaines situations) mais le classement par Atout France exige un audit.
La colocation consiste à louer un logement à plusieurs occupants individuels. Bail unique avec clause de solidarité, ou baux individuels par pièce. Rentabilité supérieure (la somme des loyers par chambre dépasse celle d'un locataire unique), mutualisation du risque d'impayé partiel, demande forte dans les villes étudiantes comme Évreux (pôle universitaire) ou Vernon. Gestion plus complexe — plus de locataires, plus de rotation, plus d'états des lieux, arbitrage entre colocataires quand un part. Ameublement de toutes les chambres et parties communes. Un créneau rentable mais exigeant.
Rentabilité : trois niveaux de calcul
Rentabilité brute, nette et nette-nette : trois niveaux de calcul s'enchaînent pour une vision réaliste.
Les annonces immobilières affichent souvent une "rentabilité" qui n'est que la rentabilité brute — la partie la moins révélatrice du calcul. Trois niveaux s'enchaînent pour avoir une vision réaliste.
La rentabilité brute divise les loyers annuels par le prix d'achat. Exemple : un appartement à 200 000 € qui se loue 900 €/mois (soit 10 800 € annuels) affiche une rentabilité brute de 5,4 %. C'est le chiffre utile pour comparer rapidement des biens entre eux, mais il ne reflète pas la rentabilité réelle.
La rentabilité nette intègre les charges non récupérables sur le locataire et les frais d'acquisition. Sur le même bien : taxe foncière 1 200 €, charges de copropriété non récupérables 500 €, assurance PNO 150 €, provisionnement pour vacance locative un mois par an soit 900 €, soit 2 750 € de charges annuelles. Frais d'acquisition à ajouter au prix : environ 15 000 € (7,5 % dans l'ancien). Loyers nets : 10 800 − 2 750 = 8 050 €. Coût total : 200 000 + 15 000 = 215 000 €. Rentabilité nette : 3,7 %. On est bien en-dessous des 5,4 % affichés.
La rentabilité nette-nette (ou nette après impôts) intègre la fiscalité des revenus locatifs. Pour un contribuable dans la tranche à 30 %, les 8 050 € de loyers nets imposables sont grevés de 30 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 47,2 % de prélèvements, soit 3 800 € d'impôts. Rentabilité nette-nette : (8 050 − 3 800) / 215 000 = 2 %. Pour un contribuable à 41 %, la rentabilité nette-nette tombe à 1,6 %. Pour 45 %, à 1,4 %.
Ces chiffres sont la réalité fiscale française de la location nue en régime réel. Ils expliquent pourquoi les gros contribuables basculent systématiquement vers le LMNP, dont l'amortissement neutralise fiscalement les loyers pendant dix à quinze ans — portant la rentabilité nette-nette à 3 % voire 4 % pour le même bien.
Le levier du crédit, grand multiplicateur
Emprunter pour investir amplifie la rentabilité sur l'apport personnel par un effet de levier.
Avec 20 000 € d'apport et 180 000 € empruntés sur 20 ans, les loyers couvrent tout ou partie de la mensualité, et les 8 050 € de loyers nets rapportés aux 20 000 € d'apport donnent une rentabilité sur apport à deux chiffres — potentiellement 15 à 25 % en régime de croisière.
Mais le levier fonctionne dans les deux sens. Si les loyers baissent, si une vacance prolongée survient, si des travaux imprévus se présentent, la mensualité continue de tomber. L'emprunteur doit alors puiser dans son épargne pour tenir le rythme. C'est le scénario des investisseurs qui se sont endettés à 35 % en pensant que les loyers suffiraient — et qui se retrouvent fragilisés dès la première vacance de trois mois.
La discipline classique : emprunter en intégrant un scénario de stress — taux +1 point, vacance deux mois par an, travaux imprévus 3 000 € tous les cinq ans — et s'assurer que le budget reste soutenable même dans ce scénario. Emprunter au maximum possible n'est presque jamais la bonne stratégie.
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Ça semble trop beau pour être vrai, hein ?
La fiscalité, poste qui décide de la stratégie
La fiscalité dicte la stratégie selon le régime choisi.
Location nue — revenus fonciers. Deux régimes s'offrent au propriétaire. Micro-foncier si les revenus fonciers bruts sont inférieurs à 15 000 € par an : abattement forfaitaire de 30 %, imposition sur les 70 % restants au barème de l'impôt sur le revenu, majorée de 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce régime exclut toute déduction des charges réelles. Au-delà de ce seuil, ou sur option, le régime réel s'applique : il permet de déduire les charges effectives — intérêts d'emprunt, travaux d'entretien et d'amélioration, taxe foncière, assurance PNO, charges de copropriété non récupérables, frais de gestion. Une opportunité supplémentaire réside dans la création d'un déficit foncier, imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, le solde étant reportable sur dix ans, mais uniquement sur les revenus fonciers futurs.
Le déficit foncier "renforcé" pour travaux énergétiques reste applicable jusqu'en 2025 (et potentiellement prolongé en 2026 par la loi de finances) : pour des travaux permettant de sortir d'un classement F ou G vers au moins D, le déficit imputable sur le revenu global est doublé à 21 400 € par an. C'est un levier fiscal puissant pour les investisseurs qui achètent des passoires thermiques à rénover.
Location meublée — BIC. Régime micro-BIC si les revenus sont inférieurs à 77 700 € pour du meublé classique : abattement forfaitaire de 50 % — soit une imposition sur la moitié des loyers seulement. Régime réel BIC au-delà ou sur option : déduction des charges effectives + amortissement du bien (hors terrain), des travaux, du mobilier, sur des durées de 20 à 40 ans selon les postes. C'est le mécanisme d'amortissement qui permet au LMNP au réel de neutraliser fiscalement les loyers pendant dix à quinze ans, parfois plus. Les déficits ne sont pas imputables sur le revenu global mais reportables sur les BIC futurs.
Réforme LMNP 2024-2025 à intégrer : désormais, l'amortissement comptable pratiqué pendant la détention est réintégré dans le calcul de la plus-value à la revente. Concrètement, vendre un LMNP exploité au réel pendant 15 ans peut générer une plus-value imposable significative qui n'existait pas dans le régime antérieur. Cela ne remet pas en cause l'intérêt du LMNP pour la détention longue (20-25 ans, quand les abattements pour durée progressent), mais rend moins attractives les stratégies de rotation courte.
Meublé de tourisme : fiscalité BIC avec régimes micro et réel, mais abattements spécifiques. Meublé non classé : abattement de 30 % en micro-BIC depuis 2024 (rabaissé de 50 %). Meublé classé (après audit Atout France) : abattement de 50 % en micro-BIC, jusqu'à 71 % dans certains cas, un avantage fiscal significatif qui justifie la démarche de classement (coût 200-500 €) pour les biens très loués.
Les dispositifs de défiscalisation en 2026
Le Pinel est terminé depuis le 1er janvier 2025.
Aucun nouveau bail ne peut être conclu sous ce dispositif depuis cette date. Les contrats Pinel en cours continuent jusqu'à la fin de leur période d'engagement, avec la réduction d'impôt acquise, mais aucune nouvelle souscription n'est possible. Les discussions sur un remplaçant (un "Pinel Plus" plus ciblé, ou un dispositif alternatif) n'ont pas abouti à la loi de finances 2026.
Loc'Avantages (ex-Louer Abordable) subsiste pour les bailleurs qui conventionnent avec l'Anah un loyer modéré. Réduction d'impôt significative en contrepartie d'un plafonnement du loyer et des ressources des locataires. Trois niveaux (intermédiaire, social, très social) selon l'écart au loyer de marché. Dispositif pertinent pour les bailleurs déjà installés qui cherchent une optimisation fiscale en acceptant de louer au-dessous du marché.
Malraux reste accessible pour la restauration d'immeubles en secteur sauvegardé ou site patrimonial remarquable — nombreux dans les centres anciens de Évreux (cathédrale Notre-Dame), Les Andelys (château Gaillard), Pont-Audemer (centre historique), ou Bernay (abbaye). Réduction d'impôt de 22 à 30 % sur les travaux, plafond élevé, mais projet complexe, coûteux, illiquide. À réserver aux investisseurs patrimoniaux avertis.
Denormandie (dispositif spécifique à la Normandie) permet une réduction d'impôt pour l'achat et la rénovation de logements anciens dans les centres-villes des communes de moins de 200 000 habitants. Dans le Eure, cela couvre la quasi-totalité des communes, y compris Évreux, Vernon, Louviers, Val-de-Reuil, Gisors, Pont-Audemer, Bernay, et Les Andelys. Le dispositif offre une réduction d'impôt de 12 % à 21 % selon la durée d'engagement (6, 9 ou 12 ans), dans la limite de 300 000 € d'investissement par an. Les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. Une opportunité pour les investisseurs prêts à rénover des biens dans des centres-villes dynamiques ou en revitalisation. Pour en savoir plus, consultez le Conseil régional de Normandie.
L'opportunité 2026 : le flipping énergétique
Avec l'interdiction progressive de louer les passoires thermiques (G interdites depuis 2025, F en 2028, E en 2034), une opportunité se dessine : acheter un bien classé F ou G, le rénover pour le faire passer en D ou mieux, puis le louer ou le revendre avec une plus-value.
Dans le Eure, où le parc immobilier ancien est important (notamment dans les centres-villes d'Évreux, Bernay, Pont-Audemer, ou Les Andelys), cette stratégie peut être particulièrement pertinente. Les prix d'achat restent modérés comparés à l'Île-de-France ou à la côte normande, et les aides à la rénovation (MaPrimeRénov', CEE, déficit foncier renforcé) permettent de réduire le coût des travaux.
Exemple : un bien classé G acheté 150 000 € à Vernon ou Louviers, avec 30 000 € de travaux pour le faire passer en C. Après rénovation, sa valeur locative et marchande augmente significativement. La plus-value à la revente sera taxée, mais le déficit foncier renforcé (21 400 €/an) et les économies d'énergie réalisées améliorent la rentabilité.
Attention : cette stratégie exige une expertise technique (diagnostic précis avant achat, choix des travaux) et une bonne maîtrise des aides. Renseignez-vous auprès de l'ADIL Eure ou de France Rénov' pour optimiser votre projet.
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Ça vous parle, cette idée de rénovation énergétique ?
Les coûts à anticiper
L'achat n'est que le début. Les coûts cachés ou sous-estimés font souvent basculer un projet dans le rouge.
Frais d'acquisition : dans l'ancien, comptez 7 à 8 % du prix (notaire, droits de mutation). Dans le neuf, 2 à 3 % (frais de notaire réduits, mais TVA à 20 % sauf exceptions).
Travaux : même pour un bien en bon état, prévoyez 5 à 10 % du prix pour rafraîchir (peinture, sol, électricité aux normes). Pour une rénovation énergétique, les coûts varient de 20 000 € (isolation + chauffage) à 50 000 € (rénovation complète) selon l'ambition.
Taxe foncière : variable selon les communes. À Évreux, comptez environ 1,5 % de la valeur locative cadastrale par an. Dans les petites communes comme Le Bec-Hellouin ou Lyons-la-Forêt, les taux peuvent être légèrement inférieurs, mais les services moins accessibles.
Charges de copropriété : dans un immeuble, prévoyez 20 à 50 €/mois pour un petit appartement, jusqu'à 150 € pour un bien avec ascenseur ou piscine. Vérifiez l'état des comptes de la copro et le carnet d'entretien avant d'acheter.
Assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) : obligatoire, environ 100 à 300 €/an selon la valeur du bien et sa localisation.
Frais de gestion : si vous passez par une agence, comptez 5 à 10 % des loyers pour la gestion locative (recherche de locataire, états des lieux, suivi). En gestion libre, prévoyez un logiciel (50-150 €/an) et du temps.
Vacance locative : même dans un marché tendu, prévoyez un mois de vacance par an en moyenne. Dans les zones moins dynamiques (certaines communes rurales du Pays d'Ouche ou du Lieuvin), ce délai peut doubler.
Travaux imprévus : chaudière en panne, fuite d'eau, menuiserie à remplacer... Prévoyez 1 000 à 3 000 € par an en provision, selon l'âge du bien.
Les coûts récurrents
Au-delà de l'investissement initial, ce sont les dépenses annuelles qui grèvent la rentabilité.
Taxe foncière : inévitable, même pour un bien vacant. Son montant dépend de la valeur locative cadastrale, révisée périodiquement. Dans le Eure, les taux communaux varient. Exemple : à Évreux, la taxe foncière 2026 s'élève à environ 40 % de la valeur locative (taux communal + départemental + régional). Pour un appartement évalué à 5 000 € de valeur locative, cela représente 2 000 €/an.
Charges non récupérables : même si le locataire paie les charges locatives, certaines restent à votre charge : honoraires de syndic, frais de relance en cas d'impayés, assurance copropriété, etc. Comptez 3 à 5 % des loyers annuels.
Entretien courant : peinture, petit électroménager, robinetterie... Budget annuel moyen : 1 à 2 % de la valeur du bien.
Assurance loyers impayés (GLI) : facultative mais recommandée. Coût : 2 à 4 % des loyers annuels. Elle couvre les impayés, mais aussi souvent les dégradations et les frais de contentieux.
Comptabilité et fiscalité : si vous optez pour le régime réel (foncier ou BIC), un expert-comptable est quasi indispensable pour optimiser les déductions et gérer les amortissements. Comptez 800 à 1 500 €/an.
Zones euroises à connaître
Le Eure offre une diversité de marchés locatifs, avec des dynamiques et des rendements très variables.
Évreux : préfecture du département, pôle universitaire et administratif. Marché locatif dynamique, surtout pour les petits logements (studios, T2) destinés aux étudiants et jeunes actifs. Rendements bruts moyens : 4,5 à 6 %. Attention à la vacance en été (départs d'étudiants). Quartiers porteurs : Centre-ville (proche gare et universités), Saint-Michel, La Madeleine. Évitez les zones excentrées mal desservies.
Vernon : ville industrielle (aéronautique, pharmaceutique) avec une demande locative stable. Proximité de la région parisienne (45 min en train) attire des navetteurs. Rendements : 5 à 7 % sur l'ancien. Ciblez les quartiers proches de la gare ou du centre-ville.
Louviers et Val-de-Reuil : bassins d'emploi industriels (chimie, plasturgie, logistique). Demande locative soutenue pour les ouvriers et employés. Rendements élevés (6 à 8 %) mais attention à la qualité des locataires et aux impayés. Privilégiez les résidences récentes ou rénovées.
Pont-Audemer et Les Andelys : villes touristiques et résidentielles. Marché locatif plus saisonnier, avec des opportunités en meublé touristique (surtout près de la Seine ou des sites patrimoniaux). Rendements variables : 4 à 6 % en location nue, jusqu'à 8-10 % en saisonnier bien positionné.
Gisors et Bernay : villes de taille moyenne avec un marché locatif équilibré. Gisors bénéficie de la proximité francilienne (1h de Paris), Bernay attire pour son cadre de vie et son patrimoine. Rendements : 5 à 7 %.
L'arrière-pays (Lyons-la-Forêt, Le Bec-Hellouin, Conches-en-Ouche) : marché très niche, tourné vers le tourisme (gîtes, chambres d'hôtes) ou la résidence secondaire. Peu adapté à la location nue classique, sauf pour des profils très spécifiques (télétravailleurs en quête de cadre). Rendements possibles en saisonnier : 6 à 12 %, mais avec une saisonnalité marquée.
Les communes rurales : à éviter pour un premier investissement, sauf si vous connaissez très bien le territoire. La demande est faible, les loyers bas, et la vacance fréquente. Certaines communes près des axes majeurs (A13, A28) peuvent offrir des opportunités pour des pavillons loués à des navetteurs, mais avec des rendements modestes (3-4 %).
Les risques locatifs
Impayés : le risque numéro un. Dans le Eure, le taux d'impayés est légèrement supérieur à la moyenne nationale (environ 5-7 % des locataires, contre 4-5 % en moyenne). Les zones industrielles (Louviers, Val-de-Reuil) et les quartiers sensibles d'Évreux (La Madeleine, Nétreville) sont plus exposés. Solutions :
- Garantie loyers impayés (GLI) : obligatoire si le locataire est un étudiant ou un CDD. Coût : 2-4 % des loyers.
- Caution solidaire : un proche du locataire se porte garant.
- Locataire en CDI : privilégiez les profils stables, même avec un loyer légèrement inférieur.
Vacance locative : variable selon les zones. À Évreux ou Vernon, comptez 1 à 2 mois par an en moyenne. Dans les petites communes, cela peut monter à 3-4 mois. Anticipez ce coût dans votre calcul de rentabilité.
Dégâts et entretien : usure normale, dégradations volontaires, ou sinistres (inondation, incendie). Une assurance PNO couvre une partie des risques, mais prévoyez une provision pour les franchises et les petits travaux.
Évolution du marché : le Eure reste un département abordable, mais certaines zones sont en tension (proximité de Paris, axes routiers). Une hausse des taux ou un ralentissement économique pourrait fragiliser la demande locative, surtout dans l'industrie.
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C'est tentant, mais un peu intimidant, non ?
Les pièges qui reviennent
Sous-estimer les travaux : dans l'ancien, surtout dans les centres-villes d'Évreux, Bernay ou Les Andelys, les biens cachent souvent des vices : humidité, électricité vétuste, chauffage inefficace. Un diagnostic complet (par un expert indépendant) est indispensable avant achat.
Négliger la fiscalité : un LMNP mal monté peut coûter cher en régularisations. Exemple : oublier de déclarer un meublé touristique en mairie, ou mal amortir le mobilier. Consultez un expert-comptable spécialisé avant de vous lancer.
Choisir un bien trop spécifique : une maison avec piscine à Pont-Audemer ou un loft industriel à Louviers peut sembler attractif, mais le marché locatif est souvent plus classique (T2, T3 standard). Privilégiez les biens "passe-partout".
Ignorer les règles de copropriété : certaines copros interdisent la location meublée ou Airbnb. Vérifiez le règlement avant d'acheter.
Oublier la revente : un studio étudiant à Évreux se loue bien, mais trouver un acquéreur à la revente peut être difficile. Pensez à la liquidité du bien sur le long terme.
Un ordre de marche
- Définissez votre stratégie : nue, meublée, touristique, colocation ? Selon votre fiscalité, votre temps disponible, et votre appétence pour le risque.
- Étudiez le marché : utilisez les outils comme MeilleursAgents ou PAP pour analyser les prix et les loyers dans votre zone cible. Dans le Eure, les écarts peuvent être forts entre Évreux et une commune rurale.
- Consultez un expert-comptable : pour choisir entre micro-foncier, régime réel, LMNP, et optimiser votre fiscalité. Comptez 150-200 € pour un premier rendez-vous.
- Visitez et diagnostiquez : au moins 10 biens pour avoir une vision réaliste. Dans le Eure, méfiez-vous des biens trop bon marché dans les zones industrielles (risque de vacance ou de dégradation).
- Négociez et signez : les prix dans le Eure sont souvent négociables (surtout dans l'ancien). Un bon agent ou un chasseur immobilier peut vous faire économiser 5 à 10 %.
- Préparez la mise en location : travaux si nécessaire, choix du locataire (dossier solide, garanties), contrat de bail conforme. Pour un meublé touristique, enregistrez-vous en mairie et prévoyez un système de gestion des réservations.
- Gérez ou déléguez : si vous n'avez pas le temps, confiez la gestion à une agence (comptez 6-8 % des loyers). Sinon, utilisez des outils comme LoyerFacile (gratuit, proposé par l'État) pour les baux et états des lieux.
Un dernier point : la fiscalité locale
Dans le Eure, la taxe foncière est un poste important à anticiper. Les taux varient selon les communes :
- Évreux : ~40 % de la valeur locative cadastrale.
- Vernon : ~35 %.
- Louviers : ~38 %.
- Communes rurales : souvent entre 25 et 30 %.
La taxe d'habitation sur les résidences secondaires a été supprimée pour les résidences principales, mais elle reste due pour les logements vacants ou secondaires dans certaines communes. Renseignez-vous auprès du Conseil départemental de l'Eure.
Enfin, si vous investissez dans une zone de revitalisation rurale (ZRR), vous pouvez bénéficier d'exonérations partielles de taxe foncière pendant 5 ans. Certaines communes du sud du Eure (proches de l'Orne) sont éligibles. Liste disponible sur le site de la Préfecture de l'Eure.
Sources :
- Service-Public.fr - Location meublée et LMNP
- ADEME - Rénovation énergétique
- France Rénov' - Aides 2026
- Conseil régional de Normandie - Dispositif Denormandie
- ADIL Eure - Conseil en investissement locatif
- Chambre des Métiers et de l'Artisanat Normandie - Artisans du bâtiment
- Préfecture de l'Eure - Zones tendues et réglementation
- Anah - Loc'Avantages
- Impots.gouv.fr - Régimes fiscaux 2026
- Notaires de France - Frais d'acquisition
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