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Fiscalité dans le Gers : comprendre les obligations des entreprises

La fiscalité des entreprises dans le Gers s’inscrit dans le cadre national, tout en intégrant des spécificités locales liées à son économie rurale, son tissu artisanal et ses dispositifs régionaux. Entre les obligations déclaratives, les particularités des statuts juridiques et les exonérations disponibles, les dirigeants doivent naviguer dans un environnement réglementaire exigeant. Ce guide détaille les mécanismes fiscaux applicables aux entreprises implantées dans le département, qu’elles soient situées dans les pôles urbains comme Auch ou L’Isle-Jourdain, ou dans les zones rurales de l’Astarac, de l’Armagnac ou de la Lomagne.


Les bases de la fiscalité des entreprises en France

Toute entreprise exerçant une activité professionnelle en France est soumise à des impôts et taxes variables selon son régime fiscal, son chiffre d’affaires et sa forme juridique. Le système français distingue principalement l’impôt sur les sociétés (IS), réservé aux structures soumises à ce régime, et l’impôt sur le revenu (IR), applicable aux entreprises individuelles et aux sociétés de personnes. Le choix entre ces deux régimes dépend du statut juridique, mais aussi de critères comme la taille de l’entreprise ou son secteur d’activité.

En parallèle, les entreprises doivent s’acquitter de contributions sociales, calculées sur la rémunération des dirigeants et des salariés. Ces cotisations, gérées par les organismes de sécurité sociale, financent les prestations sociales (retraite, santé, allocations familiales). Leur taux varie selon le statut du dirigeant : assimilé salarié pour les gérants de SARL ou présidents de SAS, ou travailleur non salarié (TNS) pour les entrepreneurs individuels et gérants majoritaires de SARL.

La territorialité fiscale s’applique également : une entreprise dont le siège social ou l’établissement principal est situé dans le Gers relève des services fiscaux départementaux, même si elle réalise des opérations dans d’autres régions. Les entreprises étrangères implantées dans le département sont soumises aux mêmes obligations, sous réserve des conventions fiscales internationales.


Les impôts locaux dans le Gers (CFE, CVAE, taxe foncière)

Les entreprises implantées dans le Gers sont assujetties à plusieurs taxes locales, dont le montant dépend de leur activité et de leur localisation. La cotisation foncière des entreprises (CFE) constitue l’une des principales contributions. Elle est calculée sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité professionnelle, avec un taux fixé par chaque commune ou intercommunalité. À Auch, L’Isle-Jourdain ou Condom, où les valeurs locatives peuvent varier selon les zones, les montants diffèrent significativement des communes rurales comme Lavardens ou Fourcès, où les coûts immobiliers sont généralement plus modérés.

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) s’ajoute à la CFE pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 €. Elle est progressive et calculée sur la valeur ajoutée produite par l’entreprise. Les secteurs agroalimentaires, comme les coopératives viticoles de l’Armagnac ou les industries de transformation de l’ail blanc de Lomagne, peuvent être plus fortement impactés en raison de leur volume d’activité. Les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à ce seuil en sont exonérées.

La taxe foncière sur les propriétés bâties concerne les entreprises propriétaires de leurs locaux. Son montant dépend de la valeur locative cadastrale du bien et du taux voté par les collectivités locales. Dans des communes comme Lectoure ou Vic-Fezensac, où l’immobilier commercial peut être influencé par le tourisme ou les activités artisanales, les valeurs locatives peuvent évoluer. Les entreprises locataires ne sont pas directement redevables de cette taxe, mais son coût est souvent répercuté dans les loyers.

Enfin, certaines intercommunalités appliquent des taxes additionnelles, comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) pour les locaux professionnels. Dans les zones touristiques comme Marciac ou les villages classés (Sarrant, Larressingle), cette taxe peut être ajustée pour financer des services adaptés à la saisonnalité.


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Magalie

Vaut mieux éviter les erreurs, non ?

Les déclarations fiscales obligatoires (liasse fiscale, TVA, etc.)

Les entreprises dans le Gers doivent respecter un calendrier déclaratif strict, sous peine de pénalités. La liasse fiscale, composée de plusieurs formulaires, constitue la déclaration annuelle des résultats. Elle doit être transmise aux services des impôts dans les trois à quatre mois suivant la clôture de l’exercice comptable. Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) déposent cette liasse via le formulaire n°2065, tandis que celles relevant de l’impôt sur le revenu (IR) utilisent le formulaire n°2035 pour les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou n°2037 pour les bénéfices non commerciaux (BNC).

La déclaration de TVA est une obligation mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon le régime d’imposition de l’entreprise. Les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 250 000 € (pour les prestations de services) ou 858 000 € (pour les activités commerciales) doivent déclarer et payer la TVA chaque mois. Les plus petites structures, comme les exploitations viticoles ou les artisans ruraux, peuvent opter pour une déclaration trimestrielle. Les auto-entrepreneurs bénéficient d’un régime micro-fiscal simplifié, avec une déclaration annuelle de chiffre d’affaires. Les secteurs comme l’agroalimentaire, l’artisanat ou le tourisme, très présents dans le Gers, sont particulièrement concernés par ces obligations.

Les entreprises employant des salariés doivent déclarer et verser les cotisations sociales via la déclaration sociale nominative (DSN), transmise mensuellement aux organismes de protection sociale. Cette déclaration inclut les rémunérations, les heures travaillées et les éventuelles indemnités. Les entreprises du secteur agricole ou des industries agroalimentaires, nombreuses dans le Gers, sont soumises à des règles spécifiques, notamment pour les travailleurs saisonniers liés aux récoltes ou aux vendanges.

Enfin, les entreprises réalisant des opérations internationales doivent déclarer leurs échanges de biens et services via la déclaration d’échanges de biens (DEB) ou la déclaration européenne de services (DES). Bien que le Gers soit moins exposé aux flux internationaux que les zones portuaires, certaines entreprises exportatrices, notamment dans les secteurs viticoles (Armagnac, Floc de Gascogne) ou agroalimentaires, doivent respecter ces obligations.


Les spécificités fiscales selon le statut juridique (SARL, SAS, auto-entrepreneur)

Le statut juridique de l’entreprise détermine directement son régime fiscal et ses obligations déclaratives.

Les sociétés à responsabilité limitée (SARL) sont soumises par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS), mais peuvent opter pour l’impôt sur le revenu (IR) sous certaines conditions, notamment si elles sont détenues par des membres d’une même famille. Les gérants majoritaires de SARL relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations sociales calculées sur leur rémunération et une partie des bénéfices distribués. Ce statut est fréquent dans les petites entreprises artisanales ou agricoles du Gers, comme les exploitations viticoles ou les ateliers de transformation.

Les sociétés par actions simplifiées (SAS) sont systématiquement soumises à l’IS, sauf option pour l’IR dans le cas des SAS familiales. Les dirigeants de SAS, assimilés salariés, cotisent au régime général de la sécurité sociale. Ce statut est souvent choisi par les entreprises innovantes ou en croissance, comme celles liées au tourisme (hébergements, activités œnologiques) ou aux énergies renouvelables, en développement dans le département.

Les auto-entrepreneurs bénéficient d’un régime micro-fiscal simplifié, avec un prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires. Ce statut, adapté aux petites activités et aux indépendants, est largement répandu dans les secteurs du tourisme rural, de l’artisanat (ébénisterie, poterie) ou des services aux particuliers, notamment dans les villages classés ou les zones peu densément peuplées. Cependant, il est plafonné en termes de chiffre d’affaires et ne permet pas de déduire les charges professionnelles.

Les entreprises individuelles (EI) et les entreprises individuelles à responsabilité limitée (EIRL) relèvent de l’IR, avec des bénéfices imposés dans la catégorie des BIC ou BNC selon l’activité. Les cotisations sociales sont calculées sur le bénéfice fiscal, ce qui peut représenter un avantage pour les entreprises peu rentables. Ce statut est courant dans les professions libérales, l’artisanat ou les petites exploitations agricoles, notamment dans les zones viticoles de l’Armagnac ou les élevages de canards du Sud-Ouest.


Les exonérations et réductions d’impôts disponibles dans le Gers

Plusieurs dispositifs fiscaux permettent aux entreprises gersoises de réduire leur charge fiscale, sous réserve de remplir certaines conditions. Les zones de revitalisation rurale (ZRR), qui couvrent une grande partie du Gers (notamment dans l’Astarac, la Lomagne ou le nord du département), offrent des exonérations partielles ou totales de cotisation foncière des entreprises (CFE) et de taxe foncière sur les propriétés bâties. Ces dispositifs visent à soutenir l’économie des territoires ruraux, souvent confrontés à des défis démographiques. Les activités agricoles, artisanales ou touristiques en profitent largement, comme les exploitations viticoles, les gîtes ruraux ou les ateliers de transformation agroalimentaire.

Les entreprises innovantes peuvent bénéficier du crédit d’impôt recherche (CIR), qui permet de déduire une partie des dépenses engagées pour la recherche et développement. Ce dispositif est particulièrement pertinent pour les entreprises engagées dans la transition écologique ou l’agroalimentaire, secteurs en développement dans le Gers. Par exemple, les projets liés à la valorisation des sous-produits viticoles ou à l’efficacité énergétique dans les bâtiments ruraux peuvent être éligibles.

Les entreprises gersoises peuvent également prétendre au Pass Occitanie - transformation numérique, une subvention régionale couvrant jusqu’à 50 % des dépenses éligibles (plafonnée à 10 000 €) pour les TPE/PME engageant une démarche de numérisation. Ce dispositif est particulièrement utile pour les artisans, les commerçants ou les exploitations agricoles souhaitant moderniser leur gestion ou leur communication.

Enfin, les entreprises qui investissent dans la transition écologique peuvent prétendre à des crédits d’impôt pour la rénovation énergétique de leurs locaux, l’achat de véhicules propres ou l’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables. Dans un département marqué par un patrimoine bâti ancien (bastides, fermes gasconnes) et une forte exposition aux aléas climatiques (vent d’autan, épisodes de sécheresse), ces dispositifs sont pertinents pour les entreprises du bâtiment, de l’agriculture ou du tourisme.


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Magalie

C'est complexe, la fiscalité des entreprises, non ?

Les erreurs à éviter en matière de fiscalité

Les erreurs fiscales peuvent coûter cher aux entreprises gersoises, tant en termes de pénalités que de redressements.

L’une des fautes les plus fréquentes concerne les déclarations tardives ou incomplètes. Les retards dans le dépôt de la liasse fiscale, de la déclaration de TVA ou de la DSN entraînent des majorations automatiques, dont le taux augmente avec le délai. Les entreprises saisonnières, comme celles du tourisme (gîtes, campings) ou de l’agriculture (vendanges, récoltes d’ail), doivent être particulièrement vigilantes pour respecter les échéances, même en période de forte activité.

Une autre erreur courante consiste à mal classer les dépenses professionnelles, ce qui peut fausser le calcul du bénéfice imposable. Les frais de déplacement, les achats de matériel agricole ou les dépenses liées à la promotion touristique doivent être justifiés et enregistrés correctement. Les entreprises artisanales ou agricoles, nombreuses dans le Gers, sont souvent concernées par ces questions, notamment en raison de la diversité de leurs activités (polyculture, élevage, transformation, vente directe).

Les entreprises doivent également veiller à respecter les règles de territorialité fiscale, notamment en cas de ventes à distance ou d’activités transfrontalières. Par exemple, les exploitations viticoles exportant leur production (Armagnac, Côtes de Gascogne) doivent appliquer les règles de TVA spécifiques aux ventes intracommunautaires ou hors UE. Une mauvaise application de ces règles peut entraîner des redressements coûteux.

Enfin, les erreurs dans le calcul des cotisations sociales, notamment pour les dirigeants assimilés salariés ou les travailleurs non salariés, peuvent entraîner des régularisations. Les entreprises doivent s’assurer que les rémunérations déclarées correspondent aux montants versés, et que les cotisations sont calculées sur la bonne assiette. Les secteurs employant une main-d’œuvre saisonnière, comme l’agriculture ou le tourisme, doivent être particulièrement attentifs, notamment pour les déclarations liées aux travailleurs temporaires (vendangeurs, employés de camping).


Comment travailler avec un expert-comptable pour gérer sa fiscalité ?

Faire appel à un expert-comptable sécurise la gestion fiscale des entreprises gersoises. Ce professionnel accompagne les dirigeants dans l’établissement des déclarations obligatoires, l’optimisation fiscale et le respect des échéances. Dans un département où les entreprises sont souvent de petite taille (artisans, exploitations agricoles, commerces de proximité), l’expert-comptable joue un rôle clé pour éviter les erreurs coûteuses et bénéficier des dispositifs locaux.

Un expert-comptable spécialisé dans le Gers pourra notamment :

  • Adapter les déclarations aux spécificités des zones rurales (ZRR, exonérations locales) ou des secteurs dominants (viticulture, agroalimentaire, tourisme).
  • Optimiser les charges en tenant compte des aides régionales, comme le Pass Occitanie - transformation numérique, ou des crédits d’impôt liés à la transition écologique.
  • Anticiper les échéances, notamment pour les entreprises saisonnières (tourisme, agriculture) ou celles soumises à des déclarations spécifiques (TVA agricole, taxes sur les boissons alcoolisées pour les producteurs d’Armagnac).
  • Conseiller sur les statuts juridiques les plus adaptés aux projets locaux, comme les GAEC pour les exploitations agricoles ou les SCI pour les gîtes ruraux.

Les chambres consulaires du Gers, comme la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ou la CCI du Gers, proposent des annuaires d’experts-comptables spécialisés dans les secteurs clés du département. Pour les jeunes entreprises, la Mission Locale Gers ou le Conseil départemental peuvent orienter vers des dispositifs d’accompagnement fiscal.


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Magalie

Ça varie beaucoup selon l'endroit, hein ?

Les sanctions en cas de non-respect des obligations fiscales

Le non-respect des obligations fiscales expose les entreprises gersoises à des sanctions financières et administratives. Les retards de déclaration ou de paiement entraînent des majorations de 10 % du montant dû, avec des pénalités supplémentaires en cas de contrôle fiscal. Par exemple, une liasse fiscale déposée avec un mois de retard peut générer une majoration de 10 %, portée à 20 % après trois mois.

Les erreurs dans les déclarations (omissions, inexactitudes) peuvent conduire à des redressements, avec des intérêts de retard calculés au taux légal. Les entreprises du Gers doivent être particulièrement vigilantes sur :

  • La déclaration des revenus agricoles, soumise à des règles spécifiques (moyenne triennale pour les BIC agricoles).
  • Les exonérations liées aux ZRR, qui nécessitent une déclaration précise des locaux et activités éligibles.
  • Les cotisations sociales des travailleurs saisonniers, souvent source d’oubli dans les exploitations viticoles ou les campings.

En cas de fraude avérée (dissimulation de revenus, fausse facturation), les sanctions peuvent aller jusqu’à 80 % des sommes éludées, voire des poursuites pénales. Les entreprises en difficulté peuvent cependant bénéficier de délais de paiement ou d’étalements en cas de demande justifiée auprès des services fiscaux.


Les évolutions récentes de la fiscalité des entreprises

La fiscalité des entreprises évolue régulièrement, avec des impacts variables selon les secteurs. Parmi les changements récents :

  • La généralisation de la facturation électronique, obligatoire depuis 2024 pour toutes les entreprises, y compris les petites structures gersoises. Les artisans et commerçants doivent s’équiper de solutions compatibles, avec des aides possibles via le Pass Occitanie - transformation numérique.
  • Le renforcement des incitations écologiques, comme le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique des bâtiments professionnels, pertinent pour les gîtes ruraux ou les chais viticoles.
  • Les ajustements des seuils de TVA, notamment pour les petites entreprises, avec des simplifications pour les auto-entrepreneurs.
  • Les mesures spécifiques aux zones rurales, comme le maintien des exonérations en ZRR, crucial pour l’attractivité économique du Gers.

Les entreprises gersoises doivent se tenir informées de ces évolutions, notamment via les sites officiels :


Sources :

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