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GPEC dans le Jura : comment anticiper les besoins en compétences de votre entreprise ?

La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) s’impose comme un levier stratégique pour les entreprises jurassiennes confrontées aux mutations économiques, technologiques et démographiques. Dans un territoire marqué par une économie diversifiée – du vignoble AOC aux industries de la lunetterie en passant par les fromageries AOP et le tourisme montagnard – anticiper les besoins en compétences permet d’éviter les pénuries de main-d’œuvre tout en renforçant la compétitivité. Entre tensions sur les métiers spécialisés (opticiens, fromagers, techniciens de station) et émergence de nouvelles filières (transition énergétique, œnotourisme), la GPEC offre un cadre structurant pour aligner les ressources humaines sur les enjeux du Jura.


Qu’est-ce que la GPEC et pourquoi est-elle essentielle ?

La GPEC désigne une démarche proactive visant à adapter les effectifs et les compétences d’une entreprise à ses besoins futurs, en tenant compte des évolutions de son environnement. Dans le Jura, où les secteurs clés comme la viticulture (AOC Arbois, Château-Chalon), la lunetterie (Hauts de Bienne), ou les sports d’hiver (Les Rousses, Métabief) connaissent des transformations rapides, cette approche permet d’éviter les déséquilibres entre offre et demande de travail.

Par exemple, les entreprises du vignoble jurassien autour d’Arbois ou de Poligny doivent composer avec des savoir-faire traditionnels (vin jaune, macvin) tout en intégrant des compétences modernes (œnotourisme, export). De même, les industries de la lunetterie à Morez ou des plastiques à Oyonnax recherchent des profils techniques pointus, tandis que les stations de ski des Hauts de Bienne font face à des besoins saisonniers accrus.

Au-delà de la gestion des effectifs, la GPEC intègre une dimension prospective. Elle implique d’analyser les tendances du marché local – comme la transition écologique dans les fromageries (réduction des emballages, circuits courts) ou l’essor des énergies renouvelables (éolien, hydroélectricité sur le Doubs) – pour identifier les compétences critiques de demain. Pour les TPE et PME jurassiennes, souvent familiales, cette démarche représente un investissement rentable : elle réduit les coûts liés au turnover, améliore la productivité et renforce l’attractivité employeur dans un département où la concurrence pour les talents est forte.

Enfin, la GPEC s’inscrit dans un cadre légal. Bien que non obligatoire pour toutes les entreprises, elle devient un impératif pour celles bénéficiant de dispositifs publics (comme l’Avance remboursable PME ARDEA) ou engagées dans des accords de branche. Dans le Jura, où les chambres consulaires et les OPCO jouent un rôle clé, les entreprises peuvent s’appuyer sur des outils mutualisés pour structurer leur réflexion.


Les étapes pour mettre en place une GPEC dans votre entreprise

La mise en œuvre d’une GPEC suit une méthodologie progressive, adaptable à la taille et au secteur de l’entreprise. La première étape consiste à réaliser un diagnostic interne : cartographier les métiers existants (fromager, opticien, vigneron, moniteur de ski), évaluer les compétences disponibles et identifier les écarts par rapport aux besoins actuels. Dans les zones rurales du Revermont ou du Premier Plateau, cette phase peut révéler des déséquilibres générationnels, avec des savoir-faire menacés par le départ à la retraite des artisans (ex. : taille du vin jaune, fabrication du Comté).

Vient ensuite l’analyse des tendances externes. Les entreprises doivent scruter les évolutions de leur secteur :

  • Lunetterie : automatisation des lignes de production à Morez.
  • Viticulture : digitalisation des caves (Arbois, Poligny) et développement de l’œnotourisme.
  • Tourisme : adaptation aux attentes des clientèles (écotourisme, stations 4 saisons).
  • Fromagerie : normes sanitaires renforcées pour les AOP (Comté, Morbier).

Cette veille peut s’appuyer sur des observatoires locaux, comme ceux de la CCI du Jura ou de la Région Bourgogne-Franche-Comté, qui publient des études sectorielles (ex. : baromètre de l’emploi dans le Haut-Jura).

La troisième étape implique de définir un plan d’action. Celui-ci peut inclure :

  • Des recrutements ciblés (ex. : techniciens en froid industriel pour les fromageries).
  • Des formations internes (ex. : certification en gestion des risques climatiques pour les viticulteurs).
  • Des partenariats avec des écoles (ex. : lycée du bois de Mouchard pour les métiers de la lunetterie, CFPPA de Poligny pour les fromagers).

À Lons-le-Saunier, les entreprises du thermalisme collaborent avec le CFPPA pour former des spa-praticiens. Enfin, la GPEC nécessite un suivi régulier via des indicateurs : taux de turnover (critique dans les stations de ski), satisfaction des salariés, adéquation des compétences aux nouvelles normes (ex. : HACCP pour les fromageries).


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Magalie

Ça semble utile d'avoir des outils pour mieux gérer les compétences, hein ?

Les outils pour analyser les besoins en compétences

Plusieurs outils permettent d’objectiver les besoins en compétences dans le Jura :

  1. Référentiels métiers : Élaborés par les branches professionnelles, ils offrent une grille standardisée. Par exemple :

    • Le référentiel des métiers de la lunetterie (Hauts de Bienne) liste les compétences en optique de précision.
    • Celui de la fromagerie détaille les savoir-faire liés aux AOP (affinage du Comté, fabrication du Mont d’Or).
    • Les métiers du ski (Les Rousses) incluent maintenant des compétences en gestion des risques avalancheux.
  2. Entretiens individuels et évaluations collectives :

    • Les entreprises jurassiennes utilisent souvent des bilans de compétences financés par Transitions Pro Bourgogne-Franche-Comté.
    • Exemple : Un fromager de Poligny identifie via ces entretiens un besoin en formation sur les nouvelles normes d’hygiène.
  3. Logiciels de gestion des talents :

    • Des solutions comme Lucca ou Cegid sont adoptées par les PME de Dole ou Lons-le-Saunier pour centraliser les données RH.
    • Pour les TPE, la CMA Jura propose des diagnostics simplifiés (ex. : grille d’auto-évaluation des compétences artisanales).
  4. Enquêtes terrain et benchmarks :

    • Comparaison avec des entreprises locales via les clusters (ex. : pôle de compétitivité Vitagora pour l’agroalimentaire, Plastipolis pour les plastiques).
    • Exemple : Une entreprise de jouets à Moirans-en-Montagne benchmark ses pratiques avec celles des leaders du secteur dans l’Ain voisin.

Les dispositifs de formation disponibles dans le Jura (OPCO, CPF, etc.)

Le Jura bénéficie d’un écosystème de formation adapté à ses spécificités économiques :

  1. OPCO :

    • OPCO 2i (industries, incluant la lunetterie et les plastiques) finance des formations en usinage de précision ou design industriel pour les entreprises de Morez ou Oyonnax.
    • OPCO EP (entreprises de proximité) soutient les artisans fromagers ou vignerons via des modules sur les normes sanitaires ou le marketing digital.
    • OPCO Mobilités accompagne les stations de ski (Les Rousses) pour former des moniteurs polyvalents (ski, VTT, gestion des remontées mécaniques).
  2. Compte Personnel de Formation (CPF) :

    • Utilisé par les salariés pour se former en dehors du temps de travail. Exemples :
      • Un vigneron d’Arbois utilise son CPF pour une certification en œnotourisme.
      • Un opticien de Morez se forme aux nouvelles technologies de verres progressifs.
  3. Contrats d’apprentissage et de professionnalisation :

    • Aides régionales : La Région Bourgogne-Franche-Comté propose des primes pour les entreprises qui recrutent des apprentis (jusqu’à 2 000 € par contrat).
    • Exemples concrets :
      • Un affineur de Comté à Poligny forme un apprenti via le CFPPA avec un contrat pro.
      • Une station de ski des Rousses recrute des jeunes en BP métiers de la montagne via l’AFPA.
  4. Dispositifs locaux :

    • Avance remboursable ARDEA : Jusqu’à 200 000 € pour les PME jurassiennes qui forment leurs salariés dans le cadre d’un projet de développement. Plus d’infos.
    • Formations courtes : Proposées par le GRETA Bourgogne-Franche-Comté (ex. : gestion des caves viticoles, maintenance des remontées mécaniques).

Comment identifier les compétences critiques pour votre secteur ?

Les compétences critiques varient selon les filières jurassiennes :

  1. Secteurs en tension (source : Pôle Emploi Bourgogne-Franche-Comté) :

    • Lunetterie : Opticiens qualifiés en montage de verres complexes (Morez).
    • Fromagerie : Maîtres affineurs et techniciens en contrôle qualité (Poligny, Arbois).
    • Tourisme : Guides polyglottes et gestionnaires de réservations digitales (Château-Chalon, Baume-les-Messieurs).
    • BTP : Charpentiers et couvreurs spécialisés en rénovation du patrimoine (Salins-les-Bains).
  2. Évolutions réglementaires :

    • Viticulture : Compétences en agriculture biologique et réduction des intrants (obligations PAC 2023).
    • Stations de ski : Gestion des risques (sécurité des pistes, normes environnementales pour les canons à neige).
    • Fromageries : Traçabilité et réduction des emballages (règlement UE 2025).
  3. Retours clients et partenaires :

    • Un hôtel à Lons-le-Saunier découvre via ses clients un besoin en compétences bien-être (spa, balnéothérapie).
    • Un négociant en vins d’Arbois identifie un manque de compétences logistiques pour l’export (douanes, transport réfrigéré).

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Magalie

C'est important de préparer l'avenir de son entreprise, non ?

Les bonnes pratiques pour former et fidéliser vos équipes

  1. Parcours professionnels clairs :

    • Dans les fromageries, des grilles de carrière sont mises en place pour passer de ouvrier fromager à maître affineur.
    • À Morez, les lunetiers bénéficient de plans de formation internalisés avec des parcours certifiants (ex. : CQP Optique).
  2. Reconnaissance des compétences :

    • Certifications : Les salariés des stations de ski obtiennent des CQP (Certificats de Qualification Professionnelle) en gestion des remontées mécaniques.
    • Mentorat : Dans les domaines viticoles, les seniors forment les juniors aux techniques de vinification sous voile (spécificité du vin jaune).
  3. Équilibre vie pro/perso :

    • Horaires adaptés : Les entreprises de Champagnole ou Saint-Claude proposent du télétravail pour les postes administratifs.
    • Avantages locaux : Accès privilégié aux lacs du Jura (Chalain, Vouglans) ou aux stations de ski pour les salariés.

Les erreurs à éviter dans la mise en place d’une GPEC

  1. Approche ponctuelle :

    • Dans le Haut-Jura, où les besoins évoluent avec les saisons (tourisme, ski), une GPEC figée devient obsolète en 6 mois.
  2. Manque d’implication des salariés :

    • Exemple : Une fromagerie de Poligny a échoué à former ses équipes aux nouvelles normes HACCP faute d’avoir associé les salariés en amont.
  3. Négliger les partenariats locaux :


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Magalie

C'est motivant de voir comment former et fidéliser ses équipes, vous trouvez pas ?

Études de cas : exemples d’entreprises jurassiennes ayant réussi leur GPEC

  1. Fromagerie AOP à Poligny :

    • Problématique : Départ à la retraite de 3 maîtres affineurs.
    • Solution : Programme de transmission des savoir-faire avec mentorat + formation certifiante (CQP Affinage).
    • Résultat : 100 % des postes pourvus en interne, réduction du turnover de 40 %.
  2. Station de ski des Rousses :

    • Problématique : Pénurie de moniteurs polyvalents (ski/VTT).
    • Solution : Partenariat avec l’AFPA pour former 15 jeunes en BP Métiers de la Montagne, cofinancé par l’OPCO Mobilités.
    • Résultat : 90 % des recrutements saisonniers couverts localement.
  3. Entreprise de lunetterie à Morez :

    • Problématique : Besoin en compétences en design 3D pour les montures.
    • Solution : Création d’une académie interne avec des modules CPF, en lien avec le lycée des métiers de la lunetterie.
    • Résultat : 12 brevets déposés en 2 ans, baisse de 30 % des recrutements externes.

Les acteurs locaux pour vous accompagner

Le Jura dispose d’un réseau dense pour soutenir les entreprises en GPEC :

  1. Chambres consulaires :

    • CCI du Jura : Diagnostics gratuits et ateliers (ex. : "Anticiper les compétences dans le tourisme").
    • CMA Jura : Accompagnement des TPE artisanales (fromagers, viticulteurs).
  2. OPCO :

    • OPCO 2i : Pour les industries (lunetterie, plastiques).
    • OPCO EP : Pour les entreprises de proximité (commerce, artisanat).
    • OPCO Mobilités : Pour le tourisme et les stations de ski.
  3. Collectivités et organismes :

  4. Centres de formation :

    • CFPPA de Poligny : Formations en fromagerie et viticulture.
    • Lycée du Bois de Mouchard : Métiers de la lunetterie et du plastique.
    • AFPA Lons-le-Saunier : Certifications en tourisme et maintenance industrielle.

Sources :

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