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Ébénistes en Lot-et-Garonne : restauration de meubles anciens et préservation du patrimoine mobilier

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La restauration des meubles anciens en Lot-et-Garonne dépasse le simple cadre technique : elle perpétue un savoir-faire artisanal tout en sauvant des pièces chargées d’histoire, témoins des traditions locales et des modes de vie d’autrefois. Entre les mains des ébénistes du département, buffets agenais, chaises à la reine ou tables de ferme en noyer retrouvent leur superbe, tout en s’adaptant aux exigences contemporaines de durabilité et de respect du patrimoine.

L'importance de la restauration des meubles anciens

La restauration des meubles anciens en Lot-et-Garonne s’inscrit dans une démarche patrimoniale essentielle, dans un département où l’histoire se lit à travers les boiseries des hôtels particuliers d’Agen, les buffets paysans de l’Albret ou les armoires marquetées de Nérac. Chaque pièce restaurée devient un maillon de la mémoire collective, portant les traces d’un artisanat local marqué par les influences aquitaines et occitanes, des chênes des coteaux de Duras aux noyers des vallées du Lot.

Sur le plan écologique, la restauration représente une alternative vertueuse à la surconsommation. Réparer plutôt que remplacer réduit l’empreinte carbone liée à la production de meubles neufs, tout en limitant la déforestation. Dans un département où les étés chauds et les hivers humides accélèrent l’usure des bois, cette approche prend tout son sens. Les ébénistes locaux soulignent que les meubles anciens, conçus pour durer des siècles, résistent souvent mieux aux aléas climatiques que les productions industrielles actuelles.

Enfin, la restauration participe à l’économie circulaire en maintenant des emplois qualifiés dans les ateliers du territoire. À Agen, Villeneuve-sur-Lot ou Marmande, ces artisans contribuent à dynamiser un secteur où la transmission des compétences reste cruciale. Leur travail permet aussi de valoriser des pièces parfois méconnues, comme les fauteuils en osier de la vallée du Lot ou les tables à tréteaux des fermes du Brulhois, dont la valeur historique dépasse souvent leur estimation marchande.

Les techniques de restauration utilisées par les ébénistes

Les ébénistes spécialisés en restauration en Lot-et-Garonne emploient des techniques adaptées à chaque type de dégradation, en tenant compte du climat local.

Le décrassage constitue souvent la première étape, surtout pour les meubles recouverts de couches de cire ou de vernis oxydés par l’humidité de la vallée de la Garonne. Cette opération, réalisée avec des solvants doux ou des gels non agressifs, révèle l’état réel du bois sans altérer sa patine. Dans les ateliers d’Agen ou de Villeneuve-sur-Lot, où l’humidité ambiante laisse des traces tenaces, cette phase exige une expertise particulière pour éviter d’endommager les essences fragiles comme le prunier ou le cerisier.

La réparation des assemblages représente un défi technique majeur. Les meubles anciens, construits avec des tenons-mortaise ou des queues d’aronde, voient souvent leurs joints se desserrer sous l’effet des variations hygrométriques, fréquentes dans le climat océanique à influence continentale du département. Les ébénistes procèdent alors à un recollement minutieux, en utilisant des colles réversibles comme la colle de peau de lapin, et remplacent discrètement les chevilles endommagées par des pièces de même essence, prélevées sur des chutes anciennes pour conserver l’homogénéité visuelle.

Pour les éléments manquants, comme les pieds de table ou les moulures, les artisans recourent à la reconstitution. Cette technique exige une connaissance approfondie des styles régionaux : un pied de chaise agenaise du XVIIIe siècle ne présentera pas les mêmes courbes qu’un modèle de la bastide de Monflanquin. À Nérac ou Marmande, où les meubles d’époque Renaissance et Louis XIII abondent, les ébénistes s’appuient sur des archives ou des modèles conservés dans les châteaux locaux, comme celui d’Henri IV à Nérac, pour reproduire fidèlement les motifs disparus.

La finition achève le processus de restauration. Selon l’état du meuble et son usage futur, les ébénistes optent pour une patine naturelle, préservant les traces du temps, ou une finition protectrice, adaptée aux conditions climatiques locales. Les cires traditionnelles, à base de cire d’abeille et d’essence de térébenthine, sont privilégiées pour leur compatibilité avec les bois anciens. Dans les zones humides comme la vallée du Lot, des vernis spécifiques, résistants à l’humidité, peuvent être appliqués pour prolonger la durée de vie du meuble sans altérer son authenticité.

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Magalie

C'est rassurant, de voir que chaque étape est soigneusement pensée, hein ?

Les matériaux et outils pour la restauration

La restauration des meubles anciens en Lot-et-Garonne repose sur une sélection rigoureuse de matériaux compatibles avec les pièces originales, souvent issus du terroir local.

Les essences de bois jouent un rôle central : chêne pour les structures, noyer pour les placages, fruitiers (prunier, cerisier, poirier) pour les éléments décoratifs. Les ébénistes du département privilégient les bois locaux, comme le chêne des coteaux de Duras ou le noyer de la vallée du Lot, réputés pour leur résistance aux variations climatiques. Ces essences, stockées pendant des années pour stabiliser leur taux d’humidité, évitent les déformations post-restauration, un enjeu crucial dans un climat où l’humidité et la sécheresse alternent fréquemment.

Les colles utilisées doivent répondre à des critères stricts : réversibilité, absence de toxicité et compatibilité avec les colles anciennes. La colle de peau de lapin, traditionnelle et réversible à l’eau chaude, reste la référence pour les assemblages fragiles. Pour les réparations structurelles, les ébénistes recourent à des colles modernes à base de résines synthétiques, choisies pour leur résistance et leur capacité à être retirées sans endommager le bois. Cette attention est particulièrement importante dans les ateliers d’Agen ou de Tonneins, où les variations de température et d’humidité sont marquées.

Les outils des ébénistes spécialisés allient tradition et modernité. Les rabots à main, les ciseaux à bois et les scies japonaises restent indispensables pour les interventions de précision, tandis que les ponceuses orbitales et les défonceuses accélèrent certaines étapes sans sacrifier la qualité. Les ateliers les mieux équipés, comme ceux de Villeneuve-sur-Lot ou de Sainte-Livrade-sur-Lot, disposent de machines à bois anciennes, restaurées pour reproduire les techniques d’époque. Certains artisans utilisent encore des étaux à vis en bois, hérités du XIXe siècle, pour maintenir les pièces pendant le travail, garantissant un respect absolu des méthodes traditionnelles.

Les produits de finition varient selon l’objectif recherché. Les teintures naturelles, à base de brou de noix ou de garance, permettent de raviver les couleurs sans masquer les veines du bois. Les cires traditionnelles, appliquées au chiffon puis polies à la brosse, offrent une protection souple et réparable, idéale pour les meubles exposés aux variations climatiques. Pour les pièces destinées à un usage intensif, comme les tables de ferme du Marmandais, les ébénistes optent pour des vernis polyuréthanes, plus résistants mais toujours choisis pour leur compatibilité avec les traitements antérieurs.

Les défis de la conservation du patrimoine mobilier

La conservation des meubles anciens en Lot-et-Garonne doit composer avec des défis climatiques et sociétaux spécifiques.

Le climat océanique à influence semi-continentale, marqué par des étés chauds et des hivers doux, accélère le vieillissement des bois. Les variations d’humidité, particulièrement prononcées entre la vallée de la Garonne et les coteaux de l’Agenais, provoquent des fissures, des décollements de placage ou des déformations des panneaux. À Agen ou Marmande, l’humidité ambiante favorise le développement de champignons, tandis que dans les zones plus sèches comme les plateaux de l’Albret, les bois se dessèchent et se rétractent, fragilisant les assemblages.

L’évolution des modes de vie et la transformation des intérieurs posent un autre défi. Les logements modernes, souvent moins spacieux et équipés de chauffage central, offrent des conditions de conservation moins favorables que les maisons anciennes aux murs épais. Les meubles conçus pour des pièces non chauffées, comme les armoires agenaises, souffrent aujourd’hui des atmosphères surchauffées des appartements urbains. Les ébénistes doivent alors adapter leurs interventions pour concilier préservation du patrimoine et usage contemporain, par exemple en renforçant discrètement les structures sans altérer l’aspect d’origine.

La raréfaction des matériaux traditionnels complique également le travail des restaurateurs. Certaines essences, comme le noyer ou le merisier, deviennent difficiles à sourcer en qualité suffisante, tandis que les bois anciens, récupérés sur des bâtiments démolis, se font rares. Les ébénistes du Lot-et-Garonne se tournent vers des réseaux de récupération locaux, comme les chantiers de rénovation des bastides (Monflanquin, Villeréal) ou des châteaux (Nérac, Pujols), pour s’approvisionner en bois de même âge et de même provenance que les meubles à restaurer. Cette démarche, bien que chronophage, garantit une cohérence esthétique et technique indispensable.

Enfin, la transmission des savoir-faire représente un enjeu majeur. La restauration des meubles anciens exige des compétences pointues, alliant connaissance des styles régionaux, maîtrise des techniques traditionnelles et adaptation aux matériaux modernes. Dans un département où les ateliers d’ébénisterie se font plus discrets, les formations spécialisées peinent à attirer de nouveaux talents. Les ébénistes en activité multiplient les initiatives pour sensibiliser le public, comme des démonstrations lors des Journées Européennes des Métiers d’Art ou des partenariats avec les écoles d’art et les Chambres de Métiers du Lot-et-Garonne.

Les ateliers d'ébénisterie spécialisés en restauration en Lot-et-Garonne

Le Lot-et-Garonne compte plusieurs ateliers d’ébénisterie reconnus pour leur expertise en restauration de meubles anciens, répartis entre les vallées de la Garonne et du Lot, et les coteaux de l’Agenais.

À Agen, les artisans interviennent sur des pièces issues des hôtels particuliers du centre historique, comme les commodes Louis XV ou les secrétaires à abattant, souvent endommagés par les déménagements ou des décennies de stockage dans des greniers non isolés. Les ateliers de la ville bénéficient d’un accès privilégié aux ressources documentaires, grâce aux archives départementales et aux musées locaux, comme le Musée des Beaux-Arts d’Agen, qui servent de référence pour les styles régionaux. Certains ébénistes agenais se sont également spécialisés dans la restauration de meubles liés à l’histoire du pruneau, comme les caisses de séchage ou les tables de tri, pièces emblématiques du patrimoine agroalimentaire local.

Dans le Marmandais, les ébénistes restaurent principalement des meubles paysans, comme les buffets à deux corps ou les tables à rallonges, typiques des fermes de la vallée de la Garonne. Ces pièces, souvent en chêne ou en châtaignier, nécessitent des interventions robustes pour résister aux conditions d’utilisation en milieu rural. Les ateliers de Marmande et de Tonneins collaborent fréquemment avec les vignerons des Côtes de Duras et de Buzet pour préserver le mobilier familial, parfois transmis depuis plusieurs générations. Leur travail inclut aussi la restauration de meubles liturgiques, comme les stalles d’église ou les autels, en partenariat avec les paroisses locales et la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Nouvelle-Aquitaine.

À Villeneuve-sur-Lot, les ébénistes sont confrontés à des défis spécifiques liés à l’histoire commerciale de la ville. Les meubles en bois exotique, rapportés par les négociants du XVIIIe siècle, côtoient des pièces plus modestes en pin ou en peuplier, typiques des maisons de marchands. Les ateliers locaux développent des techniques de protection contre l’humidité, comme l’application de cires naturelles ou de vernis à l’alcool, pour préserver les ferrures et les placages. Ils interviennent également sur des meubles de comptoir, comme les bureaux à cylindres ou les coffres-forts en bois, dont la restauration exige une connaissance des essences tropicales et des assemblages complexes.

Dans les bastides et l’arrière-pays (Monflanquin, Villeréal, Penne-d’Agenais), les ateliers se spécialisent dans la restauration du mobilier rural et bourgeois. À Nérac, où l’architecture Renaissance a laissé un riche patrimoine mobilier, les ébénistes travaillent sur des pièces uniques, comme les cabinets en ébène ou les miroirs à cadre sculpté, souvent ornés de motifs inspirés du château d’Henri IV. Les ateliers de Pujols, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, restaurent des meubles en noyer des coteaux, fréquemment ornés de sculptures naïves représentant des feuilles de vigne ou des grappes de raisin, en hommage au vignoble local. Ceux de Tournon-d’Agenais interviennent sur des pièces liées à l’histoire médiévale de la région, comme les coffres de mariage ou les bancs de corporation, en collaboration avec les associations de sauvegarde du patrimoine.

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Magalie

C'est important, préserver ces pièces chargées d'histoire, non ?

Comment reconnaître un meuble ancien de valeur

Identifier un meuble ancien de valeur en Lot-et-Garonne repose sur plusieurs critères, liés à l’histoire locale et aux essences emblématiques du département.

  1. L’authenticité des matériaux :

    • Les meubles agenais du XVIIIe siècle sont souvent en noyer, essence locale réputée pour sa résistance et son veinage caractéristique.
    • Les pièces paysannes de l’Albret ou du Marmandais utilisent fréquemment du chêne ou du châtaignier, reconnaissables à leur grain grossier et leur couleur chaude.
    • Les meubles bourgeois de Nérac ou Villeneuve-sur-Lot intègrent parfois des bois exotiques (acajou, ébène), signe de richesse et de commerce fluvial.
  2. Les techniques d’assemblage :

    • Les queues d’aronde et les tenons-mortaise sont typiques des meubles anciens du Lot-et-Garonne. Ces assemblages, visibles sur les buffets ou les tables, garantissent une solidité exceptionnelle.
    • Les chevilles en bois (souvent en buis ou en hêtre) renforcent les angles et les traverses, une technique courante dans les meubles paysans de la région.
  3. Les signes du temps :

    • Une patine naturelle, avec des variations de couleur et des traces d’usure, atteste de l’ancienneté. Les meubles exposés à la lumière du sud-ouest développent souvent une teinte dorée caractéristique.
    • Les marques d’outils (ciseaux, herminettes) ou les numéros de menuiserie gravés discrètement sont des indices précieux, surtout sur les meubles de corporation ou les pièces religieuses.
  4. Les détails stylistiques :

    • Les meubles du pays de Serres (autour de Penne-d’Agenais) arbore des sculptures naïves représentant des feuilles de chêne ou des épis de blé, symboles de la ruralité locale.
    • Les pièces de style Renaissance, influencées par le passage de Marguerite de Navarre à Nérac, se reconnaissent à leurs colonnes torsadées et leurs motifs en losange.
    • Les meubles Louis XV ou Louis XVI, présents dans les hôtels particuliers d’Agen, se distinguent par leurs courbes élégantes et leurs marqueteries en bois fruitiers.
  5. La provenance et l’histoire :

    • Un meuble lié à l’histoire locale, comme une table de négoces de Villeneuve-sur-Lot ou un buffet de vigneron des Côtes de Duras, prend une valeur supplémentaire.
    • Les pièces provenant des châteaux (Nérac, Bonaguil) ou des bastides (Monflanquin, Villeréal) sont souvent accompagnées d’archives ou de récits familiaux qui enrichissent leur valeur patrimoniale.

Pour une expertise précise, les ébénistes du Lot-et-Garonne recommandent de consulter les archives départementales https://archives.lotetgaronne.fr/ ou de faire appel à un expert agréé, notamment pour les pièces potentiellement classées au titre des monuments historiques.

Les étapes d’une restauration réussie

Une restauration réussie en Lot-et-Garonne suit un processus méthodique, adapté aux spécificités climatiques et patrimoniales du département :

  1. Diagnostic initial :

    • Évaluation de l’état général du meuble (fissures, attaques d’insectes, décollements).
    • Identification des essences de bois et des techniques d’assemblage d’origine.
    • Recherche historique (style, époque, provenance) pour guider les choix de restauration.
  2. Démontage et nettoyage :

    • Démontage prudent des éléments amovibles (tiroirs, portes) pour accéder aux structures internes.
    • Décrassage avec des produits doux (savon de Marseille, alcool dénaturé) pour éliminer les couches de saleté sans agresser le bois.
    • Dans les zones humides comme la vallée du Lot, un traitement antifongique peut être nécessaire pour stopper la progression des moisissures.
  3. Réparation des structures :

    • Recollage des assemblages desserrés avec des colles réversibles (colle de peau, colle d’os).
    • Remplacement des éléments manquants (pieds, moulures) par des pièces en bois de même essence et de même âge, souvent récupérées sur des meubles irrécupérables de la région.
    • Consolidation des bois fragilisés par des injections de résine ou des greffes discrètes.
  4. Traitement des surfaces :

    • Ponçage léger pour éliminer les aspérités, en respectant la patine d’origine.
    • Rebouchage des fissures avec des mastics à base de poussière de bois et de colle, teintés pour s’harmoniser avec le ton du meuble.
    • Dans les ateliers de l’Agenais, les ébénistes utilisent parfois des teintures naturelles (brou de noix, henné) pour uniformiser les zones réparées.
  5. Finition et protection :

    • Application d’une cire naturelle (cire d’abeille) ou d’un vernis à l’alcool pour protéger le bois tout en laissant respirer le matériau.
    • Pour les meubles destinés à un usage intensif (tables de ferme, buffets de cuisine), les ébénistes optent pour des vernis polyuréthanes résistants à l’humidité, surtout dans les zones proches de la Garonne.
    • Polissage final à la brosse de crin ou au chiffon de laine pour raviver l’éclat du bois.
  6. Remontage et réglages :

    • Réassemblage minutieux des éléments, avec vérification des jeux et des alignements.
    • Réglage des ferrures (serrures, charnières) et des systèmes d’ouverture (tiroirs, abattants).
    • Dans les ateliers de Villeneuve-sur-Lot, les ébénistes accordent une attention particulière aux meubles à mécanismes (secrétaires, bureaux), dont les systèmes doivent retrouver leur fluidité d’origine.
  7. Conseils d’entretien :

    • Remise d’une fiche d’entretien personnalisée, adaptée au type de bois et au climat local.
    • Recommandations pour le placement du meuble (éviter les pièces trop humides ou exposées en plein soleil).
    • Proposition d’un suivi annuel pour les pièces fragiles, notamment celles en bois fruitier ou marquetées.

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Magalie

Ça semble compliqué, préserver ces meubles avec le climat actuel, vous trouvez pas ?

Exemples de restaurations de meubles anciens en Lot-et-Garonne

Les ébénistes du Lot-et-Garonne ont restauré des pièces emblématiques, reflétant la diversité du patrimoine mobilier local :

  1. Buffet agenais du XVIIIe siècle (Agen) :

    • Problématique : Décollement des placages de noyer, pieds attaqués par les vers, ferrures oxydées.
    • Intervention : Recollage des placages avec de la colle de peau, traitement anti-xylophages, reconstitution des pieds manquants en noyer ancien, polissage à la cire d’abeille.
    • Particularité : Conservation des traces d’usure sur les portes, témoins de deux siècles d’utilisation.
  2. Table de ferme en chêne du Marmandais (Marmande) :

    • Problématique : Fissures profondes dues à la sécheresse, plateau déformé, pieds instables.
    • Intervention : Injection de résine époxy dans les fissures, planage du plateau, renforcement des assemblages avec des chevilles en chêne, finition au vernis marin pour résister à l’humidité.
    • Particularité : Réutilisation de bois de chêne issu d’une grange démolie à Tonneins pour les réparations.
  3. Chaise à la reine en noyer de Nérac (Nérac) :

    • Problématique : Assemblages desserrés, dossier fissuré, garniture de siège usée.
    • Intervention : Recollage des tenons-mortaise, consolidation du dossier avec des éclisses de noyer, remplacement de la garniture par un tissu en lin teint à la garance.
    • Particularité : Reproduction des motifs sculptés (feuilles de vigne) à partir d’archives du château de Nérac.
  4. Armoire de bastide en châtaignier (Monflanquin) :

    • Problématique : Portes voilées, placage de merisier décollé, serrure bloquée.
    • Intervention : Redressement des portes par humidification contrôlée, recollage du placage, restauration de la serrure par un serrurier d’art, finition à la cire pigmentée.
    • Particularité : Découverte d’une inscription gravée à l’intérieur (« 1789 »), attestant de la date de fabrication.
  5. Coffre de marin en pin de Villeneuve-sur-Lot :

    • Problématique : Bois gonflé par l’humidité, ferrures corrodées, peinture écaillée.
    • Intervention : Séchage progressif en chambre climatisée, remplacement des clous rouillés par des rivets en laiton, application d’une peinture à l’huile résistante à l’humidité.
    • Particularité : Conservation des initiales du propriétaire (un négociant en pruneaux) peintes sur le couvercle.
  6. Secrétaire en acajou de style Empire (Agen) :

    • Problématique : Marqueterie endommagée, mécanismes d’ouverture grippés, pieds instables.
    • Intervention : Restauration de la marqueterie avec des bois teintés, graissage des mécanismes, renforcement des pieds avec des équerres en laiton, finition au shellac.
    • Particularité : Utilisation de techniques de marqueterie inspirées des meubles du château de Bonaguil.

Conseils pour entretenir ses meubles anciens

Pour préserver vos meubles anciens en Lot-et-Garonne, où le climat océanique à influence continentale peut être agressif pour le bois, voici des conseils adaptés aux spécificités locales :

  1. Contrôle de l’humidité :

    • Maintenez un taux d’humidité entre 40 % et 60 % pour éviter les déformations. Utilisez des déshumidificateurs en hiver et des humidificateurs en été, surtout dans les maisons en pierre typiques de l’Agenais.
    • Évitez de placer les meubles près des sources de chaleur (radiateurs, cheminées) ou dans des pièces non isolées comme les greniers.
  2. Nettoyage régulier :

    • Dépoussiérage hebdomadaire avec un chiffon en coton légèrement humide, suivi d’un passage à sec.
    • Pour les meubles cirés, utilisez une cire d’abeille locale (disponible chez les apiculteurs du Lot-et-Garonne) une à deux fois par an.
    • Évitez les produits chimiques agressifs : privilégiez le savon noir ou le vinaigre blanc dilué pour les taches tenaces.
  3. Protection contre les insectes :

    • Inspectez régulièrement les meubles pour détecter les traces de vrillettes ou de capricornes, fréquentes dans les bois anciens de la région.
    • Placez des pièges à phéromones ou des boules de cèdre (disponibles chez les herboristes d’Agen) dans les armoires.
    • Pour les pièces infectées, consultez un ébéniste pour un traitement par anoxie (sous atmosphère contrôlée), méthode prisée dans les ateliers de Villeneuve-sur-Lot.
  4. Prévention des dommages climatiques :

    • Protégez les meubles exposés au soleil avec des voilages ou des films UV, surtout dans les pièces orientées sud.
    • Dans les zones humides (vallée du Lot), surélevez les meubles avec des pieds en laiton pour éviter les remontées d’humidité.
    • Appliquez une couche de cire protectrice avant l’hiver pour limiter les effets de l’humidité.
  5. Réparations préventives :

    • Faites vérifier les assemblages tous les 5 ans par un ébéniste, surtout pour les meubles soumis à des variations climatiques (comme ceux des maisons secondaires).
    • Pour les meubles peints, retouchez les éraflures avec une peinture à l’huile de même teinte, disponible chez les artisans locaux.
    • Conservez les ferrures (serrures, charnières) en les graissant régulièrement avec de l’huile de lin.
  6. Choix des produits d’entretien :

    • Privilégiez les produits locaux et naturels : cire à base de cire d’abeille du Lot-et-Garonne, savon de Marseille, huile de lin pressée à froid.
    • Évitez les vernis synthétiques pour les meubles anciens : ils empêchent le bois de respirer et accélèrent les fissures en cas de variations hygrométriques.
    • Pour les meubles en bois fruitier (prunier, cerisier), utilisez des huiles végétales (amande douce) pour nourrir le bois sans l’alourdir.
  7. Stockage et transport :

    • Si vous devez stocker un meuble, choisissez un lieu sec et aéré, comme les greniers des bastides (Monflanquin, Villeréal), réputés pour leur stabilité climatique.
    • Pour le transport, emballez les pièces dans des couvertures en laine pour éviter les chocs thermiques, surtout en cas de déménagement entre l’hiver et l’été.
    • Évitez de poser des objets lourds sur les plateaux des meubles anciens : le bois du Lot-et-Garonne, souvent tendre (noyer, fruitiers), peut se déformer sous une charge excessive.

Pour un entretien optimal, n’hésitez pas à consulter les ébénistes locaux, qui proposent souvent des ateliers d’initiation à l’entretien des meubles anciens, comme ceux organisés par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Lot-et-Garonne.

Sources :

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