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Paysagiste dans la Somme : créer un jardin résilient adapté au climat océanique

Le climat océanique de la Somme, marqué par des étés frais, des hivers doux, des précipitations régulières et des vents fréquents, impose une approche spécifique pour concevoir un jardin durable. Entre Amiens et Abbeville, en passant par les marais de la baie de Somme ou les plateaux du Santerre, les sols argileux, l’humidité persistante et les embruns maritimes dictent des choix de végétaux et de techniques d’aménagement adaptés. Faire appel à un paysagiste local permet d’éviter les erreurs coûteuses et de créer un espace vert résilient, esthétique et peu exigeant en entretien.


Pourquoi le jardin océanique impose ses règles

Un jardin adapté au climat océanique de la Somme doit répondre à des contraintes climatiques bien différentes de celles des régions méditerranéennes ou continentales. Les températures estivales, rarement caniculaires, contrastent avec des hivers doux mais humides, où les gelées sont peu fréquentes mais l’humidité ambiante persistante. Les précipitations, réparties tout au long de l’année, peuvent saturer les sols argileux, typiques de la région, entraînant des problèmes de drainage et d’asphyxie racinaire pour certaines plantes.

Contrairement aux jardins du sud de la France, où la sécheresse est le principal défi, un jardin dans la Somme doit composer avec l’excès d’eau et les vents dominants. Les embruns maritimes, particulièrement présents sur le littoral (Saint-Valery-sur-Somme, Le Crotoy), apportent du sel qui peut brûler les feuilles des plantes non adaptées. Les vents d’ouest, fréquents et parfois violents, assèchent les sols en surface tout en accentuant l’évaporation, créant un paradoxe : des sols gorgés d’eau en profondeur mais secs en surface.

Un aménagement paysager réussi dans la Somme intègre ces paramètres. Les plantes locales, comme les saules, les aulnes ou les carex, sont naturellement adaptées à ces conditions. Les techniques de drainage (tranchées, fossés, sols surélevés) et les protections contre le vent (haies, murets) sont essentielles pour éviter la stagnation de l’eau et les dégâts causés par les rafales. Enfin, la réglementation locale, notamment autour des zones humides protégées comme la baie de Somme (label « Grand Site de France »), impose des contraintes supplémentaires en matière de gestion de l’eau et de choix des espèces.


Plantes qui résistent à l’humidité et au vent

Le choix des végétaux est crucial pour créer un jardin durable dans la Somme. Les espèces locales ou acclimatées offrent une résistance naturelle à l’humidité, aux sols argileux et aux vents fréquents.

Parmi les arbustes, le fusain d’Europe, le noisetier ou le sureau noir s’adaptent parfaitement aux sols humides et aux expositions venteuses. Le tamaris, résistant aux embruns, est idéal pour les jardins proches du littoral, comme à Saint-Valery-sur-Somme ou au Crotoy. Les haies vives, composées de charmes ou de hêtres, offrent une protection efficace contre le vent tout en structurant l’espace.

Les arbres jouent un rôle clé dans l’aménagement. Le frêne, l’aulne glutineux ou le bouleau verruqueux tolèrent les sols gorgés d’eau et apportent une verticalité élégante. Pour les zones plus sèches, comme les plateaux du Santerre ou les coteaux autour de Péronne, le chêne pédonculé ou le tilleul à grandes feuilles sont des options robustes. Les fruitiers locaux, comme le pommier ou le poirier, s’intègrent également bien, à condition de choisir des variétés rustiques adaptées au climat picard.

Les vivaces et les graminées complètent l’aménagement en apportant texture et couleur. Les hostas, les fougères ou les astilbes prospèrent dans les zones ombragées et humides, tandis que les carex ou les molinias supportent les sols détrempés. Pour les espaces plus secs ou exposés au vent, les graminées comme la fétuque ou le stipagrostis offrent un mouvement gracieux sans nécessiter d’entretien intensif. Enfin, les plantes couvre-sol, comme le lierre terrestre ou le pervenche, limitent l’érosion et réduisent les besoins en paillage.


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Magalie

Ça vous rassure, ces plantes résistantes ?

Le sol argileux et humide de la Somme : composer avec

Les sols de la Somme, souvent argileux et compacts, retiennent l’eau et limitent le drainage naturel, ce qui peut poser problème pour de nombreuses plantes.

L’argile, abondante dans les vallées de la Somme et de ses affluents, ainsi que dans les marais arrière-littoraux, retient l’eau en excès, asphyxiant les racines et favorisant les maladies fongiques. Pour améliorer le drainage, les paysagistes locaux recommandent d’incorporer du sable grossier ou des gravillons lors de la plantation, ou de créer des buttes surélevées pour les espèces sensibles. Les plantes adaptées aux sols humides, comme les saules, les carex ou les iris des marais, sont privilégiées dans les zones basses.

La compacité des sols argileux peut également rendre le travail de la terre difficile. Les amendements organiques, comme le compost ou le fumier bien décomposé, améliorent la structure du sol sans altérer son équilibre. Les techniques de non-labour, inspirées de l’agriculture régénérative, préservent la faune souterraine et limitent l’érosion. Dans les Hortillonnages d’Amiens, par exemple, les jardins flottants traditionnels utilisent des couches de terre végétale posées sur des radeaux de roseaux, une technique ingénieuse pour cultiver malgré l’humidité ambiante.

Pour les zones où le sol est particulièrement lourd, comme autour d’Abbeville ou de Montdidier, les paysagistes intègrent des matériaux drainants dans les massifs et les allées. Les graviers, les pouzzolanes ou les briques pilées créent des espaces perméables qui évitent la formation de flaques. Enfin, le choix de plantes adaptées, comme celles mentionnées précédemment, réduit les besoins en amendements et en drainage artificiel.


Vent marin et vents d’ouest : protéger les cultures

Les vents, qu’ils soient maritimes ou continentaux, sont une contrainte majeure pour les jardins de la Somme.

Les vents d’ouest, dominants dans la région, peuvent souffler en rafales, notamment en automne et en hiver, fragilisant les jeunes plants et asséchant les sols en surface. Sur le littoral, comme dans la baie de Somme, les embruns chargés de sel brûlent les feuilles des plantes non adaptées et accélèrent la corrosion des structures métalliques. Sans protection, ces conditions entraînent des retards de croissance, des cassures de branches et une usure prématurée des aménagements.

Pour limiter ces effets, les paysagistes utilisent plusieurs stratégies. Les haies brise-vent, composées d’espèces résistantes comme le prunellier, l’aubépine ou le charme, réduisent la vitesse du vent sans créer de turbulences. Les murets en brique ou en pierre, typiques de l’architecture picarde, offrent une protection durable tout en s’intégrant au paysage. Les treillages en bois, associés à des plantes grimpantes comme le chèvrefeuille ou la clématite, créent des écrans végétaux à la fois efficaces et esthétiques.

L’implantation des végétaux doit tenir compte de l’exposition aux vents dominants. Les arbres et arbustes sont plantés en quinconce ou en groupes serrés pour former des barrières naturelles. Les plantes les plus fragiles sont installées à l’abri des bâtiments, des clôtures ou des haies existantes. Dans les zones côtières, comme à Saint-Valery-sur-Somme ou à Cayeux-sur-Mer, les paysagistes privilégient des espèces halophytes (tamaris, oyat, armeria) et des matériaux résistants à la corrosion, comme le bois traité ou l’acier corten.


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Magalie

Le vent, c'est vraiment un défi, hein ?

Arrosage raisonné et gestion de l’eau

Dans une région où les précipitations sont fréquentes mais parfois mal réparties, une gestion raisonnée de l’eau reste essentielle.

Bien que la Somme ne connaisse pas les restrictions d’eau aussi sévères que les régions méditerranéennes, les épisodes de sécheresse estivale, comme celui de 2022, rappellent l’importance d’une utilisation responsable de cette ressource. Les systèmes d’arrosage automatisés, comme l’aspersion, sont souvent superflus et gaspillent l’eau par évaporation. Les paysagistes locaux privilégient le goutte-à-goutte ou les arroseurs à bas débit, qui ciblent les racines et limitent les pertes.

La récupération d’eau de pluie, bien que moins cruciale qu’en région sèche, reste une solution pertinente pour réduire la dépendance au réseau. Les toitures des maisons, des abris de jardin ou des serres peuvent être équipées de cuves de stockage, enterrées ou aériennes. Dans les zones rurales, comme autour de Roye ou de Doullens, ces installations permettent d’arroser les potagers ou les massifs sans puiser dans les nappes phréatiques. Les cuves doivent être équipées de filtres pour éviter l’accumulation de débris et de moustiques, et leur taille est adaptée à la surface à arroser.

Le paillage est une technique complémentaire pour maintenir l’humidité du sol sans excès. Une couche de 5 à 10 cm de paillis organique (écorces, tonte de gazon séchée) ou minéral (galets, ardoise pilée) limite l’évaporation en été et protège les racines du gel en hiver. Dans les jardins humides, comme ceux des Hortillonnages ou des marais de la baie de Somme, le paillage aide également à structurer le sol et à éviter la formation de croûtes imperméables. Enfin, le choix de plantes adaptées au climat local réduit encore les besoins en arrosage artificiel.


Paysagiste, pépiniériste, entreprise du paysage : qui fait quoi

Paysagiste, pépiniériste et entreprise du paysage sont trois métiers complémentaires, mais distincts, dans la création et l’entretien d’un jardin dans la Somme.

Le paysagiste concepteur est un professionnel de la conception. Il élabore les plans du jardin en intégrant les contraintes du site (sol, climat, exposition) et les attentes du client. Son travail inclut la sélection des végétaux, la définition des circulations, l’implantation des structures (terrasses, points d’eau) et les solutions techniques (drainage, arrosage). Il peut également assurer le suivi des travaux, mais ne réalise pas lui-même les plantations ou les constructions. Dans la Somme, un bon paysagiste connaît les spécificités locales, comme la gestion des sols argileux ou la protection contre les embruns.

Le pépiniériste est un expert des végétaux. Il cultive et commercialise des plantes adaptées au climat océanique, souvent produites localement pour garantir leur rusticité. Les pépinières de la Somme proposent une large gamme d’espèces indigènes ou acclimatées, comme les saules, les carex, les tamaris ou les fruitiers rustiques. Certaines pépinières, notamment autour d’Amiens ou d’Abbeville, se spécialisent dans les plantes de zones humides ou résistantes au sel. Les pépiniéristes peuvent également conseiller sur le choix des végétaux en fonction du sol, de l’exposition ou des contraintes réglementaires (comme dans les secteurs protégés de la baie de Somme).

L’entreprise du paysage (ou entreprise d’espaces verts) est chargée de la réalisation concrète des travaux. Elle intervient après la phase de conception pour effectuer les plantations, installer les systèmes d’arrosage ou de drainage, construire les aménagements (murets, terrasses, bassins) et assurer l’entretien régulier du jardin. Certaines entreprises proposent des prestations clés en main, de l’étude à la réalisation, en passant par l’entretien saisonnier. Dans la Somme, où les conditions climatiques imposent un suivi rigoureux (taille, protection hivernale, gestion de l’humidité), le choix d’une entreprise expérimentée est crucial.


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Magalie

C'est plus clair, ces métiers, non ?

Qualifications à vérifier avant de signer un devis

Avant de confier son projet à un professionnel, il est essentiel de vérifier ses qualifications, son expérience et ses références, surtout dans un département aux contraintes spécifiques comme la Somme.

Pour les paysagistes concepteurs, le titre de "Paysagiste DPLG" (Diplômé par le Gouvernement) ou "Paysagiste concepteur" est un gage de compétence. Ces professionnels ont suivi une formation de niveau bac+5 et sont inscrits à l’Ordre des Paysagistes. Les entreprises du paysage doivent, quant à elles, être immatriculées au répertoire des métiers (pour les artisans) ou au registre du commerce (pour les sociétés). La mention "Entreprise du Paysage" (EP), délivrée par la Fédération Française du Paysage, atteste d’un engagement qualité et d’une déontologie professionnelle.

Les certifications environnementales sont un critère supplémentaire à prendre en compte. La marque "EcoJardin", par exemple, récompense les professionnels qui adoptent des pratiques écologiques, comme la réduction des pesticides, la gestion différenciée des espaces ou l’utilisation de matériaux durables. Pour les systèmes d’arrosage, les certifications "Irrigants" (délivrées par l’Association des Irrigants de France) garantissent une maîtrise des techniques d’irrigation économe, adaptées aux spécificités climatiques de la Somme.

Enfin, il est recommandé de :

  • Demander des références et visiter des réalisations antérieures, notamment dans des conditions similaires à celles de votre jardin (sol argileux, exposition venteuse, proximité maritime).
  • Vérifier les assurances (responsabilité civile professionnelle, décennale pour les travaux de gros œuvre).
  • Exiger un devis détaillé, avec une description précise des travaux, des matériaux utilisés, des délais et des garanties.
  • Consulter les institutions locales pour vérifier la légitimité du prestataire : Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Hauts-de-France, CCI Amiens-Picardie, ou le Conseil départemental de la Somme.

En cas de doute, les syndicats professionnels (comme l’UNEP, Union Nationale des Entreprises du Paysage) ou les organismes de conseil (comme l’ADIL 80) peuvent fournir des informations utiles.


D’Amiens à la baie de Somme : adapter selon la micro-région

La Somme présente une diversité de microclimats et de paysages, nécessitant des adaptations spécifiques selon les zones.

Littoral et baie de Somme (Saint-Valery, Le Crotoy, Cayeux-sur-Mer)

Ici, les embruns maritimes et les vents salins imposent des choix de végétaux résistants. Les plantes halophytes, comme le tamaris, l’oyat ou l’armérie maritime, sont idéales pour les jardins exposés. Les sols, souvent sableux ou tourbeux, nécessitent des amendements organiques pour retenir l’humidité sans asphyxier les racines. Les brise-vent (haies de prunelliers, murets en galets) sont indispensables pour protéger les cultures. La réglementation est stricte dans cette zone classée « Grand Site de France » : renseignez-vous auprès du Parc naturel marin des estuaires picards.

Vallée de la Somme et Hortillonnages (Amiens et environs)

Les sols argileux et humides dominent, avec un risque de stagnation d’eau. Les saules, carex et iris des marais s’y plaisent, tandis que les massifs surélevés ou les buttes permettent de cultiver des espèces moins tolérantes. Les jardins flottants, inspirés des Hortillonnages, sont une solution originale pour les zones inondables. L’ombrage des arbres (frênes, aulnes) limite l’évaporation et crée des microclimats propices aux plantes de sous-bois.

Plateaux du Santerre et Vimeu (Péronne, Abbeville, Roye)

Les sols y sont plus drainants, parfois caillouteux, avec des vents d’ouest fréquents. Les chênes, tilleuls et bouleaux structurent les paysages, tandis que les haies bocagères (charme, aubépine) protègent les cultures. Les techniques de paillage et de mulching sont essentielles pour préserver l’humidité en été. Les jardins potagers y sont florissants, avec des variétés rustiques de légumes (poireaux, choux, betteraves).

Arrière-pays et Picardie verte (Montdidier, Doullens, Lucheux)

Les amplitudes thermiques y sont plus marquées, avec des hivers plus froids. Les fruitiers (pommier, poirier) et les arbustes à baies (sureau, prunellier) s’y développent bien. Les sols, souvent calcaires, permettent une grande diversité végétale, à condition de bien gérer le drainage. Les murets en pierre sèche, typiques du pays, structurent les jardins tout en favorisant la biodiversité.


Sources :

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