Actualité Perpignan · 6 juin 2026
Crise viticole dans les Pyrénées-Orientales : quelles formations et reconversions pour les vignerons ?

Ce qu’il s’est passé à Perpignan
Les assises de la viticulture des Pyrénées-Orientales, lancées en octobre 2025, ont abouti à une feuille de route officielle présentée le 5 juin 2026 à l’Université de Perpignan Via Domitia par le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Cette initiative vise à structurer des solutions durables pour les professionnels du secteur, confrontés à une crise structurelle aggravée par les aléas climatiques, la baisse de la consommation et les tensions économiques Source — L'Indépendant.
Parmi les priorités identifiées, la formation et la reconversion professionnelle des vignerons occupent une place centrale. Ce volet s’articule autour de trois axes principaux : l’évaluation des compétences existantes, l’accès à des formations certifiantes, et l’accompagnement vers de nouveaux métiers. L’objectif est double : sécuriser les parcours individuels tout en dynamisant l’économie locale, souvent dépendante de la filière viticole.
Dans ce cadre, plusieurs dispositifs nationaux et régionaux sont mobilisés, notamment le Compte Personnel de Formation (CPF), les bilans de compétences et les programmes de reconversion sectorielle. Les organismes de formation certifiés Qualiopi jouent un rôle clé dans cette transition, en proposant des parcours adaptés aux réalités du terrain. Cet article explore en détail ces solutions, ainsi que les étapes concrètes pour y accéder.
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Pourquoi la formation est-elle devenue un enjeu majeur pour les vignerons des Pyrénées-Orientales ?
La viticulture dans les Pyrénées-Orientales traverse une période de profonds bouleversements, marquée par une baisse des rendements, une volatilité des prix et une concurrence accrue. Selon les dernières données de la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales, près de 30 % des exploitations viticoles de la région ont enregistré des pertes financières significatives en 2025, une tendance qui s’inscrit dans un contexte national de déclin de la consommation de vin Source — Chambre d’Agriculture.
Face à cette situation, la formation continue apparaît comme un levier essentiel pour deux raisons principales :
1. Adapter les compétences : Les métiers de la vigne évoluent rapidement, avec l’introduction de nouvelles techniques culturales (agroécologie, gestion de l’eau, transition numérique), mais aussi des exigences accrues en matière de qualité et de traçabilité. Les vignerons doivent désormais maîtriser des outils de gestion, des normes environnementales (comme la réduction des intrants) et des compétences commerciales pour écouler leur production.
2. Diversifier les revenus : La reconversion vers d’autres activités agricoles (maraîchage, apiculture, production de plantes aromatiques) ou vers des métiers connexes (œnotourisme, vente directe, transformation) permet de réduire la dépendance à la viticulture. Des exemples concrets montrent que des vignerons se reconvertissent avec succès dans la production de miel ou l’accueil touristique, générant des revenus complémentaires.
Un secteur en mutation : quels sont les défis concrets ?
Les défis auxquels sont confrontés les vignerons des Pyrénées-Orientales sont multiples et interdépendants :
- Climatiques : Les épisodes de sécheresse, les gelées printanières et les canicules répétées réduisent les rendements et altèrent la qualité des raisins. La stratégie régionale d’adaptation au changement climatique (Srad) souligne la nécessité de former les agriculteurs à des pratiques résilientes Source — Région Occitanie. - Économiques : La baisse de la consommation de vin en France (-5 % par an depuis 2020 selon FranceAgriMer) et la concurrence des vins étrangers à bas prix poussent les producteurs locaux à innover pour se différencier. - Réglementaires : Les normes environnementales (comme la loi Climat et Résilience de 2021) imposent des contraintes croissantes, notamment sur l’usage des pesticides et la gestion des sols. Les vignerons doivent se former pour respecter ces obligations tout en maintenant leur productivité.
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Quels dispositifs nationaux pour financer et accompagner les formations ?
Plusieurs dispositifs nationaux sont mobilisables pour financer les formations des vignerons, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité. Voici les principaux outils à connaître :
1. Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Le CPF permet à tout actif, y compris les indépendants et les chefs d’entreprise, de financer des formations certifiantes ou qualifiantes. Pour les vignerons, cela peut inclure :
- Des formations en agroécologie ou en viticulture durable (ex : certification HVE – Haute Valeur Environnementale). - Des modules en gestion d’entreprise ou en marketing digital pour développer la vente directe. - Des parcours en œnotourisme ou en transformation des produits agricoles.
Comment l’utiliser ? - Les heures de CPF sont convertibles en euros (500 €/an pour un actif, plafonnés à 5 000 €). - Les formations éligibles sont référencées sur le site Mon Compte Formation. - Les organismes de formation doivent être certifiés Qualiopi pour que la formation soit financée via le CPF.
Exemple concret : Un vigneron souhaitant se former à la gestion de l’eau en viticulture peut utiliser son CPF pour financer une formation de 30 heures, dont le coût est pris en charge à 100 % si le solde CPF est suffisant.
2. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Le PTP, anciennement appelé CIF (Congé Individuel de Formation), permet aux salariés et aux indépendants de suivre une formation longue pour se reconvertir. Pour les vignerons en difficulté, ce dispositif peut être utilisé pour :
- Obtenir un diplôme de niveau 3 à 5 (CAP, Bac Pro, BTS) dans un domaine porteur (ex : commerce, tourisme, agriculture biologique). - Suivre une formation qualifiante en reconversion sectorielle (ex : apiculture, maraîchage bio).
Conditions d’accès : - Avoir travaillé au moins 24 mois (consécutifs ou non) au cours des 5 dernières années. - La formation doit être éligible au PTP et dispensée par un organisme agréé.
Financement : Le PTP prend en charge jusqu’à 100 % des frais de formation, ainsi qu’une allocation de formation (environ 60 % du salaire antérieur).
3. Le Bilan de Compétences
Le bilan de compétences est un outil d’orientation professionnelle qui permet d’analyser ses acquis, ses motivations et ses perspectives d’évolution. Pour un vigneron en crise, il peut révéler des pistes de reconversion insoupçonnées, comme :
- Le développement d’une activité complémentaire (ex : vente de produits locaux, tourisme rural). - La création d’entreprise dans un secteur porteur (ex : production de plantes aromatiques, artisanat). - La reconversion vers un métier manuel ou artisanal (ex : charpente, menuiserie).
Comment en bénéficier ? - Le bilan de compétences est financé par le CPF ou par l’OPCO EP (Opérateur de Compétences des Entreprises de Proximité), pour les indépendants. - Il est réalisé par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) ou un organisme agréé.
4. Les dispositifs régionaux : l’exemple d’Occitanie
La Région Occitanie propose des aides spécifiques pour les agriculteurs en difficulté, notamment via son Plan de Soutien à l’Agriculture (PSA). Parmi les dispositifs disponibles :
- Les Chèques Conseil : Des subventions pour financer des prestations d’experts (conseil en gestion, audit environnemental). - Les Aides à la Diversification : Des aides financières pour les projets de reconversion vers des activités non viticoles (ex : production de lavande, apiculture). - Les Formations Agricoles : Des parcours gratuits ou subventionnés en partenariat avec les Chambres d’Agriculture et les lycées agricoles.
Comment y accéder ? - Consulter le site de la Région Occitanie ou contacter la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales. - Les demandes sont instruites par les services de la Région ou des organismes partenaires.
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Quelles formations sont adaptées aux vignerons en reconversion ?
Les formations éligibles aux dispositifs de financement (CPF, PTP, etc.) doivent être certifiées Qualiopi et répondre aux besoins des vignerons. Voici une sélection de parcours adaptés, classés par domaine :
1. Formations en agroécologie et viticulture durable
Ces formations visent à réduire l’impact environnemental de l’activité viticole tout en améliorant la résilience des exploitations. Elles couvrent :
- La gestion de l’eau : Techniques de récupération, irrigation raisonnée, adaptation aux sécheresses. - La réduction des intrants : Alternatives aux pesticides, fertilisation organique, lutte biologique. - La certification HVE (Haute Valeur Environnementale) : Norme officielle pour valoriser les pratiques durables. - L’agroforesterie : Intégration d’arbres dans les parcelles pour améliorer la biodiversité et la qualité des sols.
Exemples de formations : - Certificat de Spécialisation (CS) en Viticulture Durable (niveau 4), dispensé par les lycées agricoles ou les Chambres d’Agriculture. - Formation "Zéro Phyto" (certification obligatoire pour les collectivités, mais aussi utile pour les vignerons souhaitant réduire leur usage de pesticides). - MOOC "Agroécologie en Viticulture" (gratuit, en ligne, proposé par l’INRAE ou AgroParisTech).
Où se former ? - Lycées agricoles : Lycée agricole de Perpignan (EPLEFPA), Lycée viticole de Banyuls-sur-Mer. - Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales : Site officiel. - Organismes privés certifiés Qualiopi : Liste disponible sur Mon Compte Formation.
2. Formations en gestion d’entreprise et commercialisation
Pour diversifier leurs revenus, les vignerons doivent maîtriser les outils de gestion et de vente. Les formations dans ce domaine incluent :
- Gestion comptable et financière : Comptabilité analytique, analyse des coûts, optimisation fiscale. - Marketing digital : Création de sites web, gestion des réseaux sociaux, stratégie de contenu. - Vente directe et circuits courts : Organisation de marchés, plateformes de vente en ligne (ex : La Ruche qui dit Oui !, Réseau AMAP). - Œnotourisme : Accueil touristique, dégustation, valorisation du patrimoine viticole.
Exemples de formations : - Certificat de Compétences en Entreprise (CCE) en Gestion (niveau 3), éligible au CPF. - Formation "Développer son activité en vente directe", proposée par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat. - MOOC "Créer son entreprise agricole", disponible sur AgriCampus.
Où se former ? - Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) des Pyrénées-Orientales : Site officiel. - Chambres de Métiers et de l’Artisanat : Site national. - Organismes spécialisés : Réseau Entreprendre Occitanie, BGE (réseau d’accompagnement à la création d’entreprise).
3. Formations en reconversion sectorielle
Pour les vignerons souhaitant quitter la viticulture, plusieurs secteurs offrent des opportunités, notamment :
- Maraîchage bio : Production de légumes en circuit court, souvent associée à des débouchés locaux (restaurants, AMAP). - Apiculture : Élevage d’abeilles et production de miel, avec un marché en croissance. - Plantes aromatiques et médicinales : Culture de lavande, thym, romarin, etc., pour la vente en vrac ou transformée. - Tourisme rural : Accueil en gîte, organisation d’ateliers (ex : fabrication de savon, cuisine locale). - Artisanat : Menuiserie, poterie, réparation de matériel agricole.
Exemples de formations : - BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole) en Maraîchage Bio, dispensé par les lycées agricoles. - Formation "Apiculture Professionnelle", certifiée par la Fédération Française d’Apiculture. - Certificat de Compétences en Entreprise (CCE) en Artisanat d’Art, éligible au CPF.
Où se former ? - Lycées agricoles : Lycée agricole de Castelnaudary (Aude), Lycée agricole de Carcassonne. - Organismes spécialisés : Fédération Française d’Apiculture, Réseau des Jardins Bio. - Pôles de compétitivité : Sud de France Développement propose des parcours d’accompagnement.
4. Formations en numérique et transition digitale
Le numérique est un levier puissant pour moderniser une exploitation viticole ou lancer une activité complémentaire. Les formations dans ce domaine incluent :
- Création de sites web et e-commerce : Utilisation de plateformes comme Shopify, Wix, ou PrestaShop. - Gestion des réseaux sociaux : Stratégie de communication, création de contenu, publicité ciblée. - Outils de gestion : Logiciels de comptabilité (ex : QuickBooks, Ciel), gestion de stocks. - Cybersécurité : Protection des données, sécurisation des transactions en ligne.
Exemples de formations : - Certificat de Compétences en Entreprise (CCE) en Numérique, éligible au CPF. - Formation "Créer son site web avec WordPress", proposée par des organismes comme OpenClassrooms ou Udemy. - MOOC "Le Numérique au Service de l’Agriculture", disponible sur AgriCampus.
Où se former ? - Pôle Emploi : Site officiel propose des formations gratuites en numérique. - Organismes privés : Simplon.co, Wild Code School, Le Wagon. - Réseaux d’accompagnement : France Active, Adie (pour les projets de création d’entreprise).
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Comment choisir son organisme de formation ?
Le choix de l’organisme de formation est crucial pour garantir la qualité du parcours et la reconnaissance des compétences acquises. Voici les critères à privilégier :
1. La certification Qualiopi
Depuis 2022, la certification Qualiopi est obligatoire pour que les formations soient éligibles au CPF, au PTP ou aux financements publics. Cette certification atteste que l’organisme :
- Respecte les exigences qualité définies par la loi (décret n° 2019-564 du 6 juin 2019). - Met en place un système d’amélioration continue (évaluation des stagiaires, suivi des parcours). - Propose des formations adaptées aux besoins du marché.
Comment vérifier la certification ? - Consulter la liste des organismes certifiés sur le site du Ministère du Travail. - Rechercher le logo Qualiopi sur le site de l’organisme ou sur ses supports de communication.
2. Les labels et reconnaissances sectorielles
Certains organismes bénéficient de labels spécifiques qui renforcent leur crédibilité :
- Label "Formation Agricole" : Attribué par les Chambres d’Agriculture pour les formations en agriculture durable. - Label "École de la 2e Chance" : Pour les parcours de reconversion vers des métiers manuels ou artisanaux. - Reconnaissance par les branches professionnelles : Ex : Viticulture (via les syndicats professionnels comme CIVL ou CIVR).
3. Les retours d’expérience et les taux de satisfaction
Avant de s’engager, il est conseillé de :
- Consulter les avis en ligne : Plateformes comme Google Reviews, Trustpilot, ou les forums spécialisés (ex : Forum Agriculture.fr). - Demander des témoignages : Les organismes sérieux proposent des contacts de stagiaires satisfaits. - Vérifier les taux de réussite : Certains organismes publient leurs statistiques (ex : taux de certification, insertion professionnelle).
4. L’adéquation avec son projet
Un organisme doit être choisi en fonction de :
- Son expertise sectorielle : Un organisme spécialisé en viticulture ne sera pas adapté pour une reconversion en apiculture. - Ses modalités pédagogiques : Présentiel, distanciel, alternance, rythme adapté aux contraintes d’un vigneron (ex : formations en soirée ou le week-end). - Son accompagnement post-formation : Certains organismes proposent un suivi personnalisé (mentorat, mise en réseau).
Exemple de démarche : 1. Identifier son besoin (ex :
