Actualité Martigues · 7 juin 2026
Féminicide à Martigues : comprendre la procédure pénale et les droits des victimes d'agression

Ce qu'il s'est passé à Martigues
Lundi 1er juin 2026, vers 16 heures, les sapeurs-pompiers et les policiers découvrent le corps sans vie d'une femme de 25 ans dans son appartement du centre-ville de Martigues. La victime présente plusieurs coups de couteau. Malgré l'intervention des secours, elle succombe à ses blessures. Son compagnon, présent sur les lieux, est immédiatement interpellé et placé en garde à vue pour meurtre par conjoint, qualification relevant du féminicide au sens de l'article 221-4 du Code pénal Source. L'enquête est confiée à la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône, sous l'autorité du parquet d'Aix-en-Provence.
Ce drame rappelle l'urgence de connaître ses droits et les mécanismes juridiques accessibles aux victimes de violences conjugales ou d'agressions graves, ainsi qu'à leurs proches. La procédure pénale qui s'ouvre désormais suit un cadre strict, encadré par le Code de procédure pénale, et offre plusieurs leviers de protection et d'indemnisation.
Porter plainte : démarches, délais et réception par les services de police
Toute personne s'estimant victime d'une infraction pénale a le droit de déposer plainte. Ce droit est garanti par l'article 15-3 du Code de procédure pénale : les officiers de police judiciaire ne peuvent refuser d'enregistrer une plainte, y compris lorsque les faits paraissent prescrits ou relevant d'une autre juridiction. La plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, indépendamment du lieu de commission des faits ou de la résidence de l'auteur présumé.
Pour les violences conjugales, la plainte peut être déposée par la victime elle-même, mais aussi par un tiers (proche, association, professionnel de santé) avec l'accord de la personne concernée. En cas d'urgence immédiate, le 17 (police-secours) ou le 112 (numéro d'urgence européen) permettent une intervention rapide. Depuis 2019, le « téléphone grave danger » (TGD) peut être attribué par le procureur de la République aux victimes en danger imminent, sur avis d'une association agréée.
Le dépôt de plainte déclenche l'enquête de flagrance si les faits sont récents (généralement moins de 48 heures), confiée à un officier de police judiciaire sous le contrôle du procureur. Au-delà, une enquête préliminaire est ouverte. La victime reçoit un récépissé de dépôt de plainte mentionnant le numéro de procédure, le nom de l'officier en charge et les coordonnées du parquet compétent. Ce document est indispensable pour toute démarche ultérieure (constitution de partie civile, saisine de la CIVI, demande d'aide juridictionnelle).
Les délais de prescription varient selon la nature de l'infraction : 6 ans pour les délits (violences volontaires avec ITT ≤ 8 jours, harcèlement conjugal), 20 ans pour les crimes (meurtre, viol, tortures). Pour les violences conjugales aggravées, le point de départ du délai peut être reporté au jour où la victime a pu porter plainte sans contrainte, conformément à l'article 9-1 du Code de procédure pénale.
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Vaut-il mieux choisir en confiance qu'au hasard ?
Constituer un dossier solide pour l'audience : preuves, certificats médicaux et témoignages
La force d'un dossier pénal repose sur la convergence d'éléments matériels et moraux. Le certificat médical initial, délivré par un médecin légiste ou tout médecin habilité (Urgences, UMJ — Unités Médico-Judiciaires), constitue la pierre angulaire. Il doit décrire précisément les lésions, leur ancienneté compatible avec le récit, les séquelles prévisibles et la durée d'incapacité totale de travail (ITT). Les photographies datées des blessures, les comptes rendus d'hospitalisation, les ordonnances et arrêts de travail complètent ce volet médical.
Les éléments numériques prennent une place croissante : captures d'écran de messages menaçants (SMS, messageries, réseaux sociaux), enregistrements vocaux, géolocalisation, historiques d'appels. Leur recevabilité suppose le respect du droit à la vie privée (article 9 du Code civil) et l'absence de provocation à la commission de l'infraction. Il est recommandé de les verser via une main courante ou directement à l'enquêteur, en conservant les originaux.
Les témoignages de tiers (voisins, famille, collègues, professionnels de santé, assistants sociaux) sont recueillis sous forme d'attestations sur l'honneur (article 202 du Code de procédure pénale) mentionnant l'identité du témoin, sa relation avec les parties, ce qu'il a vu ou entendu personnellement, et la date de rédaction. Les attestations anonymes sont irrecevables. Les signalements antérieurs (mains courantes, signalements « violences conjugales » via le 3919, interventions police/gendarmerie) doivent être récupérés auprès des services concernés pour établir la chronologie et la récidive.
L'avocat pénaliste, dès sa désignation, peut demander des actes d'enquête complémentaires (auditions, confrontations, expertise psychiatrique de l'auteur, saisine du juge d'instruction pour une information judiciaire). En cas de refus du parquet, il peut saisir le procureur général ou déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction (article 85 du Code de procédure pénale), ce qui oblige l'ouverture d'une information.
L'indemnisation des victimes : SARVI, CIVI et garantie des fonds de garantie
Deux voies principales permettent l'indemnisation des victimes d'infractions pénales, selon la solvabilité de l'auteur et la gravité des faits.
Le SARVI (Service d'Aide au Recouvrement des Victimes d'Infractions) intervient lorsque l'auteur a été condamné à verser des dommages-intérêts mais ne paie pas, en tout ou partie. Géré par l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), le SARVI verse une provision à la victime (dans la limite de 3 000 € pour les atteintes aux biens, 10 000 € pour les atteintes aux personnes, 30 000 € pour les crimes les plus graves) puis poursuit le recouvrement auprès du condamné. La demande s'effectue via le formulaire Cerfa n° 15734*01, adressé au SARVI du tribunal judiciaire du lieu de condamnation, accompagnée de la décision de justice définitive et d'un RIB.
La CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions) siège auprès de chaque tribunal judiciaire. Elle statue sur l'indemnisation intégrale du préjudice (préjudice corporel, moral, matériel, perte de revenus, frais funéraires) lorsque l'auteur est inconnu, insolvable, ou lorsque l'infraction est un crime ou un délit grave (violences volontaires avec ITT > 8 jours, viol, traite d'êtres humains, terrorisme). La saisine se fait par requête (Cerfa n° 12824*03) dans un délai de 3 ans à compter de la commission des faits, ou d'un an après la décision pénale définitive. La CIVI mandate un expert médical pour évaluer le préjudice corporel selon la nomenclature Dintilhac. Son avis est exécutoire et le Fonds de garantie des victimes (FGTI) verse l'indemnité, puis exerce un recours subrogatoire contre l'auteur.
Pour les violences conjugales, la loi du 28 décembre 2019 a élargi l'accès à la CIVI aux victimes de violences volontaires ayant entraîné une ITT ≤ 8 jours, sous condition de ressources (plafond de 27 000 € de revenu fiscal de référence pour une part, majoré par demi-part supplémentaire). L'aide juridictionnelle (AJ) peut couvrir les frais d'expertise et d'avocat devant la CIVI, sur critères de ressources identiques.
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Quand on peut éviter une arnaque en se renseignant, ça change tout, non ?
Choisir un avocat pénaliste à Martigues et dans le ressort du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence
Le choix d'un avocat compétent en droit pénal et en défense des victimes conditionne la qualité de l'accompagnement. Plusieurs critères objectifs guident cette sélection :
- Spécialisation : le titre de « spécialiste en droit pénal » (délivré par le Conseil national des barreaux après validation de compétences) garantit une formation et une expérience ciblées. À défaut, une activité dominante en matière pénale (audiences correctionnelles, cours d'assises, CIVI, SARVI) est un indicateur fiable. - Proximité géographique : un avocat installé à Martigues, Istres, Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc ou Aix-en-Provence connaît les magistrats du parquet et du siège, les greffes, les experts judiciaires locaux (médecins légistes, psychiatres, experts en balistique ou incendie) et les associations d'aide aux victimes du territoire (ADAV 13, France Victimes 13). - Disponibilité et communication : le premier rendez-vous (souvent facturé, parfois gratuit si ouverture de dossier) doit permettre d'évaluer la clarté des explications sur la procédure, les honoraires (forfait, horaire, honoraire de résultat encadré), les délais de réponse et la mise à disposition d'un espace client numérique. - Réseau partenarial : les avocats habitués aux dossiers de violences conjugales travaillent en lien avec les travailleurs sociaux du tribunal (SJAP — Service d'Accès au Droit et à la Justice), les psychologues du Centre Médico-Psychologique (CMP), les hébergements d'urgence (CHRS, relais femmes) et les associations spécialisées (CIDFF 13, Solidarité Femmes 13).
L'Ordre des avocats du barreau d'Aix-en-Provence publie un annuaire en ligne permettant de filtrer par matière dominante et localisation. Le service « Accès au droit » du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence (Maison de la Justice et du Droit de Martigues, 13 avenue Louis Sammut) propose des permanences gratuites d'avocats pour une première orientation.
Les mesures de protection : ordonnance de protection, téléphone grave danger et bracelet anti-rapprochement
Au-delà de la réponse pénale, le droit civil et le Code de procédure pénale offrent des mesures de protection immédiates, indépendantes de la plainte pénale.
L'ordonnance de protection (articles 515-9 à 515-13 du Code civil) est délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF) saisi en référé par la victime (ou le procureur avec son accord). Elle peut interdire à l'auteur de rencontrer la victime, de se rendre au domicile, au travail, à l'école des enfants, de détenir une arme, et organiser l'attribution du logement, la garde des enfants, la contribution aux charges du ménage. La procédure est gratuite, sans avocat obligatoire, et la décision est rendue sous 6 jours (24 h en cas d'urgence). Elle vaut pour 6 mois, renouvelable, et son violation constitue un délit (article 227-4-2 du Code pénal).
Le téléphone grave danger (TGD), prévu à l'article 41-3-1 du Code de procédure pénale, est attribué par le procureur de la République à la victime en danger imminent, sur proposition d'une association agréée (France Victimes, CIDFF). Il permet une mise en relation prioritaire avec un plateau de télésurveillance 24/7, qui alerte les forces de l'ordre en cas d'activation. L'attribution dure 6 mois, renouvelable.
Le bracelet anti-rapprochement (BAR), ou « bracelet électronique de protection de la victime », est une mesure judiciaire (contrôle judiciaire, assignation à résidence sous surveillance électronique, ou peine) qui géolocalise l'auteur et alerte la victime et les forces de l'ordre en cas de franchissement d'une zone d'exclusion (domicile, travail, école). Son déploiement, généralisé depuis la loi du 24 août 2021, repose sur l'accord de la victime et une évaluation de dangerosité.
Ces dispositifs peuvent être cumulés. L'avocat pénaliste assiste la victime dans les démarches de saisine du JAF, du procureur ou du juge des libertés et de la détention (JLD), et veille à l'effectivité des mesures (signalement des dysfonctionnements, demande de renforcement).
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Mieux vaut un interlocuteur sérieux qu'une promesse en l'air, non ?
Le déroulement de la procédure pénale : de l'enquête au procès, rôle de la partie civile
Une fois la plainte déposée, trois voies procédurales sont possibles selon la gravité des faits :
1. Enquête de flagrance / enquête préliminaire (délits) : menée par l'OPJ sous l'autorité du procureur. Durée maximale : 2 ans (délits), 6 ans (crimes) sauf actes interruptifs. Le procureur décide du sort de l'affaire : classement sans suite (avec notification à la victime, qui peut alors saisir le procureur général ou déposer plainte avec constitution de partie civile), citation directe devant le tribunal correctionnel, ou ouverture d'une information judiciaire. 2. Information judiciaire (crimes, ou délits complexes) : confiée à un juge d'instruction. La victime peut se constituer partie civile à tout moment (article 85 CPP), ce qui lui donne accès au dossier, le droit de demander des actes d'enquête, de faire appel des ordonnances du juge d'instruction. À l'issue, le juge rend une ordonnance de renvoi (devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises) ou de non-lieu (susceptible d'appel). 3. Composition pénale / CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) : mesures alternatives aux poursuites pour les délits punis de ≤ 5 ans d'emprisonnement, avec accord de l'auteur et validation par le juge. La victime est informée et peut demander réparation.
Devant le tribunal correctionnel (délits) ou la cour d'assises (crimes), la partie civile (victime ou ayants droit) est représentée par son avocat. Elle plaide sur l'intérêt civil (dommages-intérêts) après les réquisitions du ministère public et la plaidoirie de la défense. Le jugement civil est rendu simultanément ou ultérieurement. L'appel est possible dans 10 jours (20 jours en matière criminelle) pour les parties civiles sur les seuls intérêts civils.
Tout au long de la procédure, la victime bénéficie du droit à l'information (article 10-2 CPP) : notification des dates d'audience, des décisions, de la mise en liberté de l'auteur, de l'exécution de la peine. Le SAPV (Service d'Aide aux Parties Civiles et aux Victimes), présent dans chaque tribunal judiciaire, assure cet accompagnement administratif et psychologique.
FAQ
Question : Combien de temps ai-je pour porter plainte après des violences conjugales ? Réponse : Le délai de prescription est de 6 ans pour les délits (violences ITT ≤ 8 jours, harcèlement) et 20 ans pour les crimes (tentative de meurtre, viol). Pour les violences conjugales, le point de départ peut être décalé au jour où vous avez pu porter plainte sans contrainte (article 9-1 CPP).
Question : Puis-je être indemnisé si l'auteur est insolvable ou inconnu ? Réponse : Oui, via la CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions) qui mandate le Fonds de garantie (FGTI). La saisine doit intervenir dans les 3 ans des faits (ou 1 an après la décision pénale définitive), sous conditions de ressources pour certains délits.
Question : Qu'est-ce que le SARVI et comment en bénéficier ? Réponse : Le SARVI verse une provision (jusqu'à 30 000 € pour les crimes graves) quand l'auteur condamné ne paie pas. Il faut adresser le formulaire Cerfa 15734*01 au SARVI du tribunal de condamnation, avec la décision définitive et un RIB.
Question : L'ordonnance de protection nécessite-t-elle un avocat ? Réponse : Non, la procédure devant le JAF est gratuite et sans avocat obligatoire. Vous pouvez la saisir directement par requête au greffe du tribunal judiciaire. Un avocat est toutefois recommandé pour préparer le dossier et plaider l'urgence.
Question : Comment choisir un avocat pénaliste près de Martigues ? Réponse : Consultez l'annuaire du barreau d'Aix-en-Provence (spécialité droit pénal, localisation Martigues/Istres/Aix). Privilégiez un avocat avec expérience en CIVI, SARVI, ordonnances de protection et violences conjugales. Les permanences gratuites à la Maison de la Justice et du Droit de Martigues permettent une première rencontre.
Question : Que faire si l'auteur viole l'ordonnance de protection ou le bracelet anti-rapprochement ? Réponse : Appelez immédiatement le 17. La violation est un délit (article 227-4-2 CP) puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Signalez aussi au JAF et à votre avocat pour demander un renforcement des mesures (contrôle judiciaire, détention provisoire).
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Questions fréquentes
Combien de temps ai-je pour porter plainte après des violences conjugales ?
Le délai de prescription est de 6 ans pour les délits (violences ITT ≤ 8 jours, harcèlement) et 20 ans pour les crimes (tentative de meurtre, viol). Pour les violences conjugales, le point de départ peut être décalé au jour où vous avez pu porter plainte sans contrainte (article 9-1 CPP).
Puis-je être indemnisé si l'auteur est insolvable ou inconnu ?
Oui, via la CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions) qui mandate le Fonds de garantie (FGTI). La saisine doit intervenir dans les 3 ans des faits (ou 1 an après la décision pénale définitive), sous conditions de ressources pour certains délits.
Qu'est-ce que le SARVI et comment en bénéficier ?
Le SARVI verse une provision (jusqu'à 30 000 € pour les crimes graves) quand l'auteur condamné ne paie pas. Il faut adresser le formulaire Cerfa 15734*01 au SARVI du tribunal de condamnation, avec la décision définitive et un RIB.
L'ordonnance de protection nécessite-t-elle un avocat ?
Non, la procédure devant le JAF est gratuite et sans avocat obligatoire. Vous pouvez la saisir directement par requête au greffe du tribunal judiciaire. Un avocat est toutefois recommandé pour préparer le dossier et plaider l'urgence.
Comment choisir un avocat pénaliste près de Martigues ?
Consultez l'annuaire du barreau d'Aix-en-Provence (spécialité droit pénal, localisation Martigues/Istres/Aix). Privilégiez un avocat avec expérience en CIVI, SARVI, ordonnances de protection et violences conjugales. Les permanences gratuites à la Maison de la Justice et du Droit de Martigues permettent une première rencontre.
Que faire si l'auteur viole l'ordonnance de protection ou le bracelet anti-rapprochement ?
Appelez immédiatement le 17. La violation est un délit (article 227-4-2 CP) puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Signalez aussi au JAF et à votre avocat pour demander un renforcement des mesures (contrôle judiciaire, détention provisoire).
