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Actualité Martigues · 7 juin 2026

Féminicide à Martigues : procédure pénale, droits des parties civiles et indemnisation, ce qu'il faut savoir

Féminicide à Martigues : procédure pénale, droits des parties civiles et indemnisation, ce qu'il faut savoir

Ce qu'il s'est passé à Martigues

Une femme âgée de 25 ans a été retrouvée sans vie, poignardée dans son appartement à Martigues (Bouches-du-Rhône), dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026. Son compagnon, âgé de 29 ans, a été interpellé et placé en garde à vue pour « homicide volontaire par conjoint ou concubin » Source. Le parquet d'Aix-en-Provence a ouvert une information judiciaire. Ce drame s'inscrit dans la série des féminicides conjugaux qui mobilisent les autorités judiciaires et les associations de protection des victimes. Au-delà de l'émotion légitime, ce type d'affaire engage une mécanique judiciaire complexe où les droits des proches, la qualification précise des faits et l'accès à l'indemnisation sont régis par des règles strictes du Code de procédure pénale et du Code pénal.

Qualification pénale et procédure immédiate : ce que dit la loi

L'homicide volontaire en contexte conjugal

L'article 221-1 du Code pénal définit l'homicide volontaire comme le fait de donner la mort intentionnellement à autrui. Il est puni de trente ans de réclusion criminelle. Lorsque l'auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire lié par un PACS de la victime, la peine est portée à la réclusion criminelle à perpétuité (article 221-4 du Code pénal). La circonstance aggravante « par conjoint ou concubin » ne nécessite pas la cohabitation au moment des faits, mais l'existence d'une relation de couple établie. Le parquet retient généralement cette qualification dès l'ouverture de l'information judiciaire si les éléments de l'enquête de flagrance le permettent.

La phase de flagrance et la garde à vue

Dès la découverte du corps, les officiers de police judiciaire (OPJ) — ici probablement la Sûreté départementale ou la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) — agissent sous le régime de la flagrance (articles 53 et suivants du Code de procédure pénale). La garde à vue du suspect, d'une durée initiale de 24 heures, renouvelable une fois (48 heures au total pour un crime), permet aux enquêteurs de recueillir ses explications, de procéder à des confrontations, de saisir des éléments de preuve (armes, téléphones, vêtements) et de faire examiner le mis en cause par un médecin légiste. L'avocat du gardé à vue peut assister aux auditions à partir de la première heure.

L'ouverture de l'information judiciaire et le juge d'instruction

Compte tenu de la gravité des faits (crime puni de la réclusion criminelle à perpétuité), le procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence saisit obligatoirement un juge d'instruction par réquisitoire introductif. Ce magistrat instructeur a pour mission de rechercher la vérité, à charge et à décharge. Il ordonne des actes d'enquête (autopsie, expertise psychiatrique du mis en cause, analyse ADN, téléphonie, audition de témoins, reconstitution). Le juge des libertés et de la détention (JLD) est saisi dans les jours qui suivent pour statuer sur le placement en détention provisoire du mis en examen, mesure quasi-systématique pour ce type de crime.

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Magalie

Vaut-il mieux choisir en confiance qu'au hasard ?

Les droits des proches et parties civiles : constitution, accès au dossier, avocat

Qualité pour agir : qui peut se constituer partie civile ?

L'article 2 du Code de procédure pénale réserve la constitution de partie civile à « celui qui a personnellement subi un dommage direct causé par l'infraction ». Dans un homicide, la victime directe ne peut plus agir. Ce sont ses ayants droit (parents, enfants, conjoint survivant non mis en cause, frères et sœurs) qui exercent l'action civile pour obtenir réparation de leur préjudice personnel (préjudice moral, d'affection, frais d'obsèques, perte de revenus si la victime subvenait aux besoins de la famille). Les associations agréées de lutte contre les violences conjugales ou d'aide aux victimes peuvent également se constituer, sous conditions.

La constitution de partie civile : forme et délais

La constitution peut se faire : * Par déclaration au greffe du juge d'instruction (courrier recommandé ou dépôt au greffe). * Par déclaration orale lors d'une audition devant le juge d'instruction ou le tribunal. * Par citation directe devant la cour d'assises (si l'ordonnance de renvoi est rendue).

Il n'y a pas de délai de rigueur pour se constituer partie civile devant le juge d'instruction (jusqu'à la clôture de l'instruction), mais il est vivement conseillé de le faire dès le début pour accéder au dossier, demander des actes d'enquête (expertises complémentaires, audition de témoins clés) et être informé des dates de procédure. Un avocat est obligatoire pour représenter la partie civile devant la cour d'assises (article 397 du CPP).

L'accès au dossier et le rôle de l'avocat

Une fois constitué, l'avocat de la partie civile a accès au dossier d'instruction (article 116 du CPP). Il peut consulter les procès-verbaux, les expertises (médicale, psychiatrique, balistique), demander des copies et formuler des observations écrites. Il participe aux débats contradictoires devant la chambre de l'instruction (appels des ordonnances du juge d'instruction) et prépare la plaidoirie sur les intérêts civils devant la cour d'assises. Le choix d'un avocat rompu à la pratique des assises et au droit du préjudice corporel est déterminant.

Indemnisation des victimes : CIVI, SARVI, FGTI, démarches concrètes

La double voie : procès pénal et commission d'indemnisation

L'indemnisation des ayants droit peut suivre deux voies parallèles : 1. La voie pénale : devant la cour d'assises, la partie civile demande des dommages-intérêts au condamné. Mais l'auteur est souvent insolvable. 2. La voie administrative : via la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), saisie parallèlement ou ultérieurement. C'est souvent la voie principale pour obtenir une indemnisation effective.

La CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions)

Chaque tribunal judiciaire en dispose une (pour Martigues : Tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence). Elle statue sur le fondement de la loi du 3 janvier 1977 (dite loi Badinter pour les accidents de la circulation, étendue aux infractions).

Conditions de saisine (article 706-3 du CPP) : * Être victime (ou ayant droit) d'une infraction pénale (crime ou délit) commise en France. * Avoir subi un dommage corporel grave (ITT > 1 mois, ou décès). * L'auteur est inconnu, insolvable, ou les poursuites sont éteintes (décès de l'auteur, non-lieu). *Note : même si l'auteur est connu et solvable, la CIVI peut être saisie, mais elle subroge ensuite les droits contre lui.* * Délai : 3 ans à compter de la date de l'infraction (ou de la décision définitive au pénal). Pour un décès, le délai court pour les ayants droit.

Procédure : 1. Dépôt d'une requête au greffe de la CIVI (formulaire Cerfa n°12733*01 ou lettre motivée) avec pièces justificatives (acte de décès, certificats médicaux, justificatifs de frais, attestations d'assurance, pièces d'identité, livret de famille). 2. La CIVI demande un rapport à l'assureur (si contrat GAV) ou mandate un expert médical judiciaire pour évaluer les préjudices (nomenclature Dintilhac). 3. Audience contradictoire. La CIVI rend une décision fixant le montant. 4. Le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) verse l'indemnité (sous réserve de recours contre l'auteur).

Le SARVI (Service d'Aide au Recouvrement des Victimes d'Infractions)

Géré par le FGTI, le SARVI intervient après une décision judiciaire définitive (condamnation au pénal ou décision CIVI) lorsque l'auteur condamné ne paie pas spontanément dans les 2 mois. La victime (ou ses ayants droit) saisit le SARVI via un formulaire (Cerfa n°15517*01) transmis au greffe de la juridiction qui a condamné. Le FGTI verse alors l'indemnité à la victime et poursuit le recouvrement auprès du débiteur. C'est un filet de sécurité essentiel quand l'auteur est insolvable.

L'assurance « Garantie des Accidents de la Vie » (GAV)

Si la victime ou le foyer souscrivait un contrat GAV (souvent inclus dans les multirisques habitation ou cartes bancaires premium), il faut déclarer le sinistre à l'assureur dans les 5 jours ouvrés (vol, agression) ou selon les délais du contrat. L'assureur mandate un expert. L'indemnisation est souvent plus rapide que la CIVI, mais les plafonds et franchises varient. L'assureur se subroge ensuite aux droits de la victime contre l'auteur.

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Magalie

Quand on peut éviter une arnaque en se renseignant, ça change tout, non ?

Protection des témoins et parties vulnérables : ordonnances, hébergement, associations

L'ordonnance de protection (article 515-9 du Code civil)

Bien que la victime soit décédée, cette mesure reste pertinente pour les enfants du couple ou d'autres membres de la famille menacés. Le juge aux affaires familiales (JAF) du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence peut être saisi en urgence (audience dans les 6 jours) pour : * Interdire au mis en cause d'entrer en contact avec les protégés. * Attribuer la jouissance du logement aux protégés. * Organiser l'exercice de l'autorité parentale (droit de visite médiatisé ou suspension). * Se prononcer sur la contribution aux charges du mariage.

Cette procédure est indépendante de la procédure pénale mais les éléments de l'enquête pénale nourrissent le dossier civil.

Hébergement d'urgence et accompagnement social

Les enfants ou proches sans solution de relogement peuvent être orientés vers le 115 (Samu Social) ou le SIAO (Service Intégré d'Accueil et d'Orientation) du département. Des associations spécialisées interviennent sur le territoire aixois/martégal : * France Victimes 13 (ex-AVIMEJ) : accueil, information sur les droits, accompagnement aux audiences, aide au dossier CIVI/SARVI. Permanences au tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence. * CIDFF 13 (Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles) : informations juridiques gratuites, aide aux démarches (ordonnance de protection, divorce, autorité parentale). * Association pour l'Aide aux Victimes d'Infractions (AAVI) ou structures locales conventionnées par le ministère de la Justice.

Ces structures offrent un soutien psychologique (souvent via des psychologues conventionnés) et une aide administrative précieuse pour monter les dossiers d'indemnisation.

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Magalie

Mieux vaut un interlocuteur sérieux qu'une promesse en l'air, non ?

Choisir un avocat pénaliste à Martigues ou Aix-en-Provence : critères et premier rendez-vous

Pourquoi un avocat spécialisé ?

La défense des intérêts civils devant la cour d'assises (juridiction criminelle) et la gestion des dossiers CIVI/SARVI relèvent d'une technicité pointue : droit pénal général, procédure pénale, droit du préjudice corporel (nomenclature Dintilhac), droit des assurances. Un avocat dont l'activité dominante est le droit pénal et la réparation du préjudice corporel est indispensable.

Comment le trouver sur le ressort ?

Le barreau de référence est le Barreau d'Aix-en-Provence (qui couvre Martigues). * Annuaire officiel : Ordre des avocats d'Aix-en-Provence (site internet ou accueil du palais de justice). * Spécialisation : Rechercher la mention de spécialisation en « Droit pénal » et/ou « Réparation juridique du dommage corporel » (titres délivrés par le Conseil national des barreaux après validation de compétences). * Permanences d'accès au droit : Le Conseil départemental de l'accès au droit (CDAD 13) organise des permanences gratuites (maisons de justice et du droit, mairies) où des avocats pénalistes reçoivent pour une première orientation.

Préparer le premier rendez-vous

Apportez : 1. Pièce d'identité + livret de famille (lien de parenté). 2. Acte de décès. 3. Tout document reçu de la police/gendarmerie (récépissé de dépôt de plainte, PV d'audition si déjà entendu). 4. Contrats d'assurance (habitation, GAV, scolaire, carte bancaire). 5. Justificatifs de frais (obsèques, déplacement, arrêt de travail des proches). 6. Vos questions écrites (honoraires, délais, stratégie, communication).

Les honoraires : transparence et convention

L'avocat doit vous remettre une convention d'honoraires écrite (obligatoire). Les modes de facturation sont : * Au temps passé (taux horaire). * Forfaitaire (pour une étape définie : instruction, audience assises). * Au résultat (honoraires de résultat, *en sus* d'une provision), encadrés par la déontologie (interdiction de pacte de quota litis pur).

Vérifiez votre protection juridique (souvent incluse dans l'assurance habitation, carte bancaire, mutuelle) : elle peut prendre en charge tout ou partie des frais d'avocat et d'expertise, dans la limite des plafonds du contrat. Vous êtes libre de choisir votre avocat, même avec une protection juridique.

FAQ

1. Combien de temps dure la procédure avant le procès aux assises ?

L'instruction criminelle dure en moyenne 18 à 30 mois, parfois plus si des expertises psychiatriques complexes ou des investigations internationales sont nécessaires. L'ordonnance de renvoi devant la cour d'assises marque la fin de l'instruction. Le procès a lieu quelques mois plus tard selon l'encombrement de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône (siège à Aix-en-Provence).

2. Dois-je payer pour saisir la CIVI ?

Non. La saisine de la CIVI est gratuite (pas de frais de greffe, pas de consignation). L'expertise médicale ordonnée par la CIVI est avancée par le FGTI. Les frais d'avocat pour la procédure CIVI restent à votre charge (sauf protection juridique ou aide juridictionnelle).

3. Puis-je obtenir l'aide juridictionnelle (AJ) pour un avocat aux assises ?

Oui. L'aide juridictionnelle (totale ou partielle selon vos ressources) couvre les honoraires d'avocat et les frais d'expertise devant la cour d'assises et devant la CIVI. Le dossier est à déposer au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence. Votre avocat peut vous aider à le monter.

4. Que se passe-t-il si l'auteur se suicide ou décède avant le procès ?

L'action publique s'éteint par la mort de l'auteur (article 6 du CPP). Il n'y a pas de procès pénal. Mais la CIVI reste saisissable (condition : auteur inconnu ou poursuites éteintes). Les ayants droit peuvent obtenir une indemnisation complète via le FGTI. C'est une raison majeure de saisir la CIVI sans attendre la fin du pénal.

5. Les enfants mineurs ont-ils un avocat dédié ?

Oui. Le bâtonnier d'Aix-en-Provence désigne d'office un administrateur ad hoc pour représenter l'enfant mineur (si les parents sont mis en cause ou décédés) et un avocat spécialisé en droit des mineurs/préjudice corporel pour défendre ses intérêts civils. Les frais sont pris en charge par l'aide juridictionnelle (automatique pour les mineurs).

6. Comment contacter France Victimes 13 depuis Martigues ?

Vous pouvez les joindre au 04 42 23 44 44 (numéro national 116 006 « France Victimes » gratuit depuis un fixe ou mobile). Ils ont des permanences au tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence et peuvent organiser des rendez-vous sur Martigues ou par visioconférence.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure la procédure avant le procès aux assises ?

L'instruction criminelle dure en moyenne 18 à 30 mois, parfois plus si des expertises psychiatriques complexes ou des investigations internationales sont nécessaires. L'ordonnance de renvoi devant la cour d'assises marque la fin de l'instruction. Le procès a lieu quelques mois plus tard selon l'encombrement de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône (siège à Aix-en-Provence).

Dois-je payer pour saisir la CIVI ?

Non. La saisine de la CIVI est gratuite (pas de frais de greffe, pas de consignation). L'expertise médicale ordonnée par la CIVI est avancée par le FGTI. Les frais d'avocat pour la procédure CIVI restent à votre charge (sauf protection juridique ou aide juridictionnelle).

Puis-je obtenir l'aide juridictionnelle (AJ) pour un avocat aux assises ?

Oui. L'aide juridictionnelle (totale ou partielle selon vos ressources) couvre les honoraires d'avocat et les frais d'expertise devant la cour d'assises et devant la CIVI. Le dossier est à déposer au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence. Votre avocat peut vous aider à le monter.

Que se passe-t-il si l'auteur se suicide ou décède avant le procès ?

L'action publique s'éteint par la mort de l'auteur (article 6 du CPP). Il n'y a pas de procès pénal. Mais la CIVI reste saisissable (condition : auteur inconnu ou poursuites éteintes). Les ayants droit peuvent obtenir une indemnisation complète via le FGTI. C'est une raison majeure de saisir la CIVI sans attendre la fin du pénal.

Les enfants mineurs ont-ils un avocat dédié ?

Oui. Le bâtonnier d'Aix-en-Provence désigne d'office un administrateur ad hoc pour représenter l'enfant mineur (si les parents sont mis en cause ou décédés) et un avocat spécialisé en droit des mineurs/préjudice corporel pour défendre ses intérêts civils. Les frais sont pris en charge par l'aide juridictionnelle (automatique pour les mineurs).

Comment contacter France Victimes 13 depuis Martigues ?

Vous pouvez les joindre au 04 42 23 44 44 (numéro national 116 006 « France Victimes » gratuit depuis un fixe ou mobile). Ils ont des permanences au tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence et peuvent organiser des rendez-vous sur Martigues ou par visioconférence.