Actualité Besançon · 9 juin 2026
Après l'incendie de l'entreprise R. Bourgeois à Besançon : les enjeux de la remise en état

Ce qu'il s'est passé à Besançon
Un départ de feu a été signalé au sein de l'entreprise R. Bourgeois située à Besançon, un événement relayé par la presse locale Source. Si les circonstances et l'origine précise de l'incendie sont à déterminer par les enquêteurs, un tel événement met en lumière des enjeux majeurs pour toute entreprise ou collectivité propriétaire d'un bâtiment. Au-delà de l'urgence sécuritaire, c'est toute la chaîne de la remise en état qui se trouve mobilisée, avec des implications techniques, financières et administratives complexes.
Pourquoi un incendie affecte profondément la structure d'un bâtiment
Un incendie ne se limite pas aux flammes visibles. La chaleur intense, la fumée et les eaux d'extinction génèrent des dommages souvent sous-estimés.
Dommages thermiques directs
La chaleur provoque la déformation des charpentes métalliques (qui peuvent fléchir ou s'effondrer), la fissuration du béton par éclatement (phénomène d'écaillage) et la calcination des bois. Même si la structure semble intacte après l'extinction, sa résistance mécanique peut être gravement compromise.
L'invisible : fumées et produits de combustion
Les fumées acides et suintantes pénètrent tous les recoins, corrodent les métaux, dégradent les isolants et imprègnent les matériaux poreux (bois, béton). Les eaux d'extinction, mélangées aux cendres et produits chimiques, créent un liquide corrosif qui s'infiltre dans les fondations et les planchers.
L'importance de l'expertise initiale
Avant toute reprise, un diagnostic structurel complet est indispensable. Il doit être réalisé par un bureau d'études qualifié ou un expert mandaté. Il évalue la résistance résiduelle des éléments porteurs (charpente, ossature, planchers) et détermine ce qui doit être démoli, renforcé ou simplement réparé. Cette étape conditionne la sécurité future du bâtiment.
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Vaut-il mieux faire appel à un professionnel certifié pour réparer une toiture endommagée plutôt qu'à un particulier non qualifié ?
Les implications pour la toiture et les façades
Dans un incendie, la toiture est souvent très exposée, soit par les flammes qui s'y développent, soit par les actions de secours (percements pour l'aération, poids des lances).
Toiture : les risques spécifiques
- Éléments en fibro-ciment : Les toitures anciennes en amiante-ciment (FIBRO) sont particulièrement problématiques. L'incendie peut libérer des fibres d'amiante, rendant la démolition et la réhabilitation soumises à des réglementations strictes (Code de la santé publique). - Charpente et couverture : La charpente bois peut être carbonisée sur une partie seulement, nécessitant un renforcement précis. La couverture (tuiles, ardoises, bac acier) est souvent à remplacer intégralement. - Étanchéité et isolation : La chaleur détruit les membranes d'étanchéité et les isolants (polyuréthane, laine de verre), rendant le bâtiment inutilisable sans remise en état complète.
Façades : des dommages souvent sous-estimés
Les façades en plaquage (béton, bois, parement) peuvent être décollées par la chaleur. Les fissures apparaissent, créant des voies d'eau futures. Les menuiseries extérieures (aluminium, PVC, bois) sont généralement fondues ou déformées. Une analyse approfondie est nécessaire pour décider entre réparation et remplacement.
Le rôle central de l'assurance et les démarches à suivre
Pour une entreprise comme pour un particulier, l'assurance est le premier levier de reprise après un sinistre incendie.
Les garanties essentielles à vérifier
Le contrat "Multirisque Professionnelle" ou "Multirisque Immeuble" doit comporter des garanties spécifiques :
- Incendie (y compris explosion) : C'est la garantie de base. - Dégât des eaux (lié à l'extinction). - Perte d'exploitation : Indispensable pour couvrir la perte de chiffre d'affaires pendant les travaux. - Bris de machine : Si des équipements spécifiques sont endommagés.
La procédure déclarative
1. Alerter immédiatement les secours (18 ou 112) puis l'assureur (délai de 5 jours ouvrés suivant l'article L114-1 du Code des assurances). 2. Constituer un dossier avec constat, photos, devis prévisionnels, et tout document justificatif (factures d'achat des équipements détruits). 3. Nommer un expert : L'assureur mandatera très probablement un expert. Il est conseillé de se faire assister par un expert indépendant ou un avocat spécialisé pour défendre ses intérêts.
Les avances et indemnités
L'assureur doit verser une provision dans les 30 jours suivant la déclaration, pour couvrir les frais immédiats (sécurisation, nettoyage). Le solde de l'indemnité intervient après le rapport d'expertise contradictoire.
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Si des travaux après un sinistre vous permettent de remettre votre bâtiment aux normes de sécurité actuelles, c'est une occasion importante, non ?
Trouver les bons professionnels pour la remise en état
Après sinistre, il est crucial de ne pas confier les travaux à n'importe qui. La qualité de la reprise conditionne la sécurité et la pérennité du bâtiment.
Critères de sélection d'un couvreur ou d'un entreprise de toiture
- Qualifications obligatoires : Vérifiez les labels "Qualibat" (RGE pour les travaux d'amélioration énergétique éventuels) ou "Certibat". Pour les travaux touchant à l'amiante, l'entreprise doit être certifiasedéchets dangereux (certification QUALIBAT 5591). - Assurance décennale : Indispensable. Vérifiez sa validité sur le site de l'organisme certificateur. - Références après sinistre : Une entreprise expérimentée dans la reprise post-incendie comprend les contraintes de sécurité, les procédures avec les assurances et les normes spécifiques.
L'importance de devis multiples et détaillés
Ne vous contentez pas d'un devis sommaire. Exigez un devis détaillé par postes (démolition, charpente, couverture, étanchéité, isolation, façade, serrurerie). Comparez au moins trois propositions. L'assureur exigera souvent plusieurs devis pour évaluer le coût de reprise "à neuf" ou "en valeur à neuf" (remplacement identique ou équivalent).
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Obtenir plusieurs devis détaillés et gratuits avant de s'engager sur des travaux importants, c'est une précaution de bon sens, n'est-ce pas ?
Aspects réglementaires et sécurité après sinistre
La reprise d'un bâtiment sinistré par le feu obéit à des règles strictes.
Sécurisation du site
Dès l'extinction, le propriétaire a l'obligation de sécuriser le périmètre (barrières, gardiennage) pour éviter les intrusions et les accidents. La mairie peut imposer des mesures conservatoires si le bâtiment présente un danger pour la voie publique (article L511-1 du Code de la construction et de l'habitation).
Déclaration préalable de travaux
Les travaux de réparation ou de reconstruction sont souvent soumis à déclaration préalable, voire à permis de construire s'ils modifient la structure ou l'aspect extérieur (article R421-2 du Code de l'urbanisme).
Normes en vigueur
Les travaux doivent respecter les normes actuelles (DTU pour la toiture, Réglementation Thermique 2020 - RT2020 - pour l'isolation, normes AEAI pour l'amiante). Un ancien bâtiment peut être "mis aux normes" lors de travaux d'une certaine ampleur.
Les pièges à éviter
- Reprendre sans diagnostic complet : Risque d'effondrement retardé ou de problèmes d'humidité ultérieurs. - Faire appel à un "bricol" sans assurance : Si les travaux sont mal faits, vous n'avez aucun recours et l'assureur peut refuser d'indemniser les malfaçons. - Négliger la perte d'exploitation : Sans cette garantie, l'entreprise cesse de générer des revenus pendant des mois, avec des charges fixes qui continuent de courir. - Oublier la TVA : Les travaux de réparation après sinistre bénéficient parfois d'un taux réduit de TVA (10% au lieu de 20%) sous conditions. Renseignez-vous auprès de l'administration fiscale.
Conclusion
Un incendie en entreprise, comme celui survenu à Besançon, est un événement traumatisant et complexe. La clé d'une reprise réussie réside dans une approche méthodique : diagnostic structurel rigoureux, déclaration et négociation avec l'assureur, et sélection pointue des professionnels qualifiés pour la toiture et les façades. Ne pas improviser et s'entourer d'experts est la meilleure garantie pour retrouver un bâtiment sûr et fonctionnel.
Questions fréquentes
Dans quel délai dois-je déclarer un incendie à mon assureur ?
Conformément à l'article L114-1 du Code des assurances, vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur, à compter du moment où vous en avez connaissance. Un retard peut entraîner une réduction ou un refus d'indemnisation.
Mon assurance prend-elle en charge la totalité des frais de réparation de la toiture ?
Faut-il obligatoirement déposer une déclaration préalable de travaux pour réparer ma toiture après un incendie ?
Oui, dans la plupart des cas. L'article R421-2 du Code de l'urbanisme impose une déclaration préalable pour les travaux de réparation qui modifient l'aspect extérieur ou la structure du bâtiment. Seuls les remplacements à l'identique sans modification peuvent en être dispensés. Consultez votre mairie ou un service d'urbanisme pour être certain.
Comment être sûr que l'entreprise que j'appelle pour réparer ma toiture est qualifiée ?
Exigez toujours la présentation de son attestation d'assurance décennale et vérifiez ses certifications Qualibat (notamment la mention 5591 pour les travaux sur matériaux amiantés). Vous pouvez vérifier la validité de ces documents en ligne via le site Qualibat. Méfiez-vous des devis anormalement bas, signe souvent d'un travail non conforme ou sans assurance.
Puis-je bénéficier d'une TVA réduite pour des travaux de réparation après incendie ?
Oui, sous certaines conditions. Les travaux de réparation et d'entretien des bâtiments d'habitation peuvent bénéficier d'un taux de TVA réduit (10% ou 5%). Les conditions concernent l'ancienneté du bâtiment et la nature des travaux. Il est impératif de se renseigner auprès de l'administration fiscale ou de votre comptable avant la facturation, car c'est le client qui s'engage sur le droit au taux réduit.
