mag-info.fr
Guide de référence · Immobilier & information

Acheter un bien immobilier : chronologie d'un projet

Entre la visite d'un appartement "coup de cœur" et les clés remises par le notaire, il s'écoule en général 3 à 4 mois. Ce délai est ponctué d'étapes juridiques précises dont le franchissement conditionne l'opération. Rater une condition suspensive, oublier le délai de rétractation, négliger un diagnostic : chaque faux pas peut coûter cher ou faire capoter l'achat. Tour d'horizon du parcours.

Avant la visite : définir le projet

Avant la visite, trois questions clés doivent être tranchées en amont pour structurer le projet. Trois questions à trancher en amont, qui structurent tout le reste.

Quel budget réel ? Somme de l'apport personnel (épargne mobilisable, aides familiales, PEL/CEL, éventuel déblocage participation/intéressement) + capacité d'emprunt (calculée avec votre banque sur la base de 35 % max de vos revenus nets). Ne pas oublier les frais annexes (7-8 % du prix d'achat dans l'ancien, 2-3 % dans le neuf), qui rongent significativement votre capacité.

Quelle géographie ? Distance acceptable du travail, des écoles, des services. Qualité du tissu local. En Hérault, les prix varient du simple au double selon qu'on vise Montpellier centre (5 500-7 000 €/m²), la périphérie (4 000-5 500 €/m²), Béziers (2 500-3 500 €/m²), ou l'arrière-pays (1 200-2 500 €/m² selon commune).

Quel type de bien ? Appartement en immeuble ancien avec charme et charges, appartement moderne avec peu de charges mais peu de cachet, maison avec jardin mais entretien, maison de village à rénover à prix réduit mais avec travaux lourds. Chaque choix a ses implications long terme.

Un crédit pré-accordé (accord de principe de la banque) facilite beaucoup la négociation : les vendeurs prennent au sérieux les acquéreurs qui peuvent financer.

Visiter sérieusement

Visiter sérieusement, c'est aller au-delà de l'état "coup de cœur".

Au-delà de l'état "coup de cœur", une visite sérieuse comprend :

  • Une visite de jour ET de soir : exposition, luminosité, ambiance sonore (circulation, voisins)
  • La vérification des équipements : chauffage (type, âge, état), eau chaude, électricité (tableau récent ou à refaire), plomberie, fenêtres (simple ou double vitrage)
  • Les diagnostics obligatoires remis au vendeur : DPE, amiante (avant 1997), plomb (avant 1949), termites, gaz, électricité, ERP, surface loi Carrez ou Boutin
  • La vérification des parties communes (copropriété) : état des façades, entretien, ascenseur, chaudière collective
  • Le PV des dernières AG de copropriété : décisions prises, travaux votés ou à venir, état des provisions et du fonds travaux
  • Les charges de copropriété annuelles : poste par poste
  • La taxe foncière de l'année précédente

Revenir une deuxième fois est la règle, idéalement à un autre moment de la journée et accompagné d'un proche qui verra ce que vous avez pu rater.

L'offre d'achat

L'offre d'achat doit être un écrit adressé au vendeur ou à son agent mandaté.

Si le bien vous convient, adresser une offre d'achat écrite au vendeur (ou à l'agent immobilier mandaté). Doit préciser :

  • Votre identité et vos coordonnées
  • Le prix proposé (si vous négociez)
  • La durée de validité de l'offre (typiquement 5 à 15 jours)
  • Les conditions souhaitées (notamment l'obtention de financement, éventuellement un délai pour vendre votre bien actuel)

L'offre d'achat n'est pas un engagement juridique ferme en soi (avant signature du compromis), mais si le vendeur l'accepte par écrit, vous êtes engagé à poursuivre vers le compromis.

Négociation : l'offre est souvent inférieure au prix affiché de 5 à 10 %. Les vendeurs s'y attendent. Des écarts importants (-20 %) passent rarement sauf si le bien est surévalué ou en difficulté de vente depuis longtemps.

Répondez à la question pour continuer votre lecture

Magalie

Vous pensez qu'avoir un budget clair avant de visiter est important ?

Le compromis ou la promesse : bien comprendre

Le compromis de vente et la promesse de vente sont les deux formes de contrat préliminaire en France, aux implications distinctes. Deux formes de contrat préliminaire existent en France, avec des implications légèrement différentes.

La promesse unilatérale de vente (PUV)

Le vendeur s'engage à vendre le bien à l'acheteur dans un délai défini (2 à 3 mois typiquement). L'acheteur bénéficie d'une option : il peut acheter mais n'est pas obligé. En contrepartie, il verse une indemnité d'immobilisation (10 % du prix généralement).

Si l'acheteur lève l'option, la vente se poursuit. S'il ne lève pas (et hors conditions suspensives), il perd l'indemnité d'immobilisation (sauf pendant le délai de rétractation).

Le compromis de vente

Les deux parties s'engagent fermement à conclure la vente, sous réserve des conditions suspensives. Forme la plus courante en France pour les acquisitions ordinaires.

Un acompte ou séquestre (5 à 10 % du prix) est versé par l'acheteur sur le compte de l'office notarial, bloqué jusqu'à la vente ou restitué en cas de non-réalisation de condition suspensive.

Signature : généralement chez le notaire, ou chez l'agent immobilier (sous seing privé valable, mais une signature notariale apporte plus de sécurité pour l'acheteur).

Les mentions obligatoires

Un compromis ou une promesse doit contenir :

  • Identités complètes des parties
  • Désignation précise du bien (références cadastrales, surface loi Carrez/Boutin, annexes)
  • Prix de vente
  • Conditions suspensives détaillées (voir plus bas)
  • Diagnostics obligatoires annexés (DPE, amiante, plomb, termites, gaz, électricité, ERP)
  • Informations copropriété (règlement, PV AG, charges)
  • Prévisions de travaux si connus
  • Date butoir pour la signature définitive (généralement 3 mois)
  • Clauses pénales éventuelles

Le délai de rétractation : 10 jours pour l'acheteur

Le délai légal de rétractation est de 10 jours calendaires.

Délai légal de 10 jours calendaires (loi SRU de 2000, puis loi Macron de 2015 ayant porté de 7 à 10 jours) pendant lequel l'acheteur peut se rétracter sans motif et sans pénalité.

Point de départ : le lendemain de la notification du compromis signé (par lettre recommandée avec AR, ou remise en main propre contre récépissé).

Fin du délai : au 10ᵉ jour à minuit. Si ce jour tombe un samedi, dimanche ou férié, report au premier jour ouvrable suivant.

Forme de la rétractation : lettre recommandée avec AR, envoyée avant la fin du délai. Le cachet de la poste fait foi.

Conséquence : l'acheteur récupère intégralement les sommes versées (acompte, séquestre), sans pénalité, sans justification.

Important : ce délai ne s'applique qu'à l'acheteur, pas au vendeur. Le vendeur est engagé dès la signature.

Les conditions suspensives : le filet de sécurité

Les conditions suspensives sont des clauses contractuelles protégeant l'acheteur contre des aléas rendant l'achat impossible.

Les conditions suspensives protègent l'acheteur d'événements imprévus qui rendraient l'opération impossible. Les principales :

Obtention du prêt

Délai typique : 45 jours à compter de la signature du compromis. L'acheteur doit :

  • Déposer une demande de prêt dans un délai court après la signature (quelques jours)
  • En cas de refus de la banque, obtenir généralement au moins deux refus écrits de banques différentes pour valider la non-réalisation de la condition

Si la condition n'est pas levée (absence de prêt) : le compromis est caduc, l'acheteur récupère ses sommes versées, pas de pénalité.

Attention aux clauses de bonne foi : certaines jurisprudences ont condamné des acheteurs qui ont volontairement mal monté leur dossier pour se rétracter. La condition suspensive doit être invoquée de bonne foi.

Obtention d'un permis de construire / déclaration préalable

Pour les projets avec travaux lourds. Délai d'instruction 2 à 3 mois selon type et localisation.

Urbanisme et droit de préemption

Le droit de préemption urbain des communes : la mairie a un délai de 2 mois pour décider d'acheter le bien elle-même au prix du compromis. Rarement exercé, mais techniquement possible.

Le droit de préemption du locataire en place en cas de vente d'un bien loué : le locataire a priorité d'achat au prix et conditions proposés.

Autres conditions négociables

Vente du bien actuel de l'acheteur (fréquent) : 3 à 6 mois typiquement.

Absence de servitude cachée (passage, vue, tréfonds).

État d'hypothèque : le bien ne peut être vendu si inscrit à l'hypothèque, sauf accord avec le créancier.

Répondez à la question pour continuer votre lecture

Magalie

Vous trouvez que bien vérifier un bien avant d'acheter, c'est essentiel ?

Entre compromis et signature : la préparation notariale

Entre compromis et acte définitif, la préparation notariale s’étale sur 2 à 3 mois.

Pendant cette période, le notaire :

  • Vérifie les titres de propriété
  • Lève les éventuelles hypothèques
  • Obtient le certificat d'urbanisme (servitudes, règles du POS/PLU)
  • Purge les droits de préemption
  • Prépare l'acte authentique
  • Collecte les sommes nécessaires (prix + frais)

L'acheteur de son côté :

  • Signe son offre de prêt (après le délai de réflexion de 10 jours imposé par la loi)
  • Obtient les assurances nécessaires (assurance emprunteur, éventuellement habitation)
  • Vérifie toutes les pièces reçues

La signature de l'acte authentique

La signature de l'acte authentique se déroule chez le notaire, en présence des deux parties ou de leurs mandataires.

Déroulement :

  1. Lecture de l'acte (résumé par le notaire)
  2. Vérification des identités
  3. Signature par toutes les parties
  4. Remise des clés à l'acheteur (parfois à la sortie du notaire, parfois un peu après)
  5. Versement du prix au vendeur (par le notaire qui a reçu les fonds)

Frais au moment de la signature :

  • Prix du bien
  • Frais de notaire (dits "frais d'acquisition") : 7-8 % du prix dans l'ancien, 2-3 % dans le neuf. Répartis entre droits de mutation (la majorité, versés aux départements et communes), émoluments notariaux (rémunération du notaire, tarif réglementé), et frais divers (expertises, copies, cadastre).

Pour un appartement ancien à 200 000 € : environ 15 000 € de frais de notaire. Pour du neuf au même prix : environ 5 000 €.

Répondez à la question pour continuer votre lecture

Magalie

Vous voulez être protégé si votre prêt n'est pas accordé ?

Cas particuliers

VEFA (Vente en État Futur d'Achèvement)

Achat d'un bien sur plan (immeuble à construire). Séquentialisation différente :

  • Contrat de réservation (similaire au compromis)
  • Appels de fonds progressifs selon avancée du chantier
  • Livraison à réception, avec réserves possibles

Garanties spécifiques : garantie décennale (10 ans), garantie de parfait achèvement (1 an), garantie biennale (2 ans sur équipements dissociables).

Bien occupé

Un bien loué peut être vendu, mais le bail continue avec l'acquéreur qui devient nouveau bailleur. Le locataire a droit de préemption en cas de vente à un tiers (sauf congé donné pour vente avec préavis de 6 mois).

Succession en cours

Un bien issu d'une succession non réglée ne peut être vendu qu'après règlement de la succession (acte de notoriété, partage des héritiers). Parfois, tous les héritiers doivent signer l'acte de vente.

Bien indivis

Un bien en indivision (co-propriété sans statut légal de copropriété, par exemple après divorce ou succession) nécessite l'accord de tous les indivisaires.

Les pièges à éviter

Ne pas lire le PV des AG de copropriété expose à des dépenses imprévues : des travaux votés (ravalement, toiture, ascenseur) peuvent représenter des appels de fonds de 5 000 à 30 000 € par lot dans les mois ou années qui suivent. Le vendeur doit les mentionner, mais la lecture des PV donne une vision complète.

Oublier les charges futures : en plus des charges courantes (gestion, entretien, gardien, chauffage collectif), anticiper les travaux probables (DPE passoire → obligation de rénover, ascenseur vieillissant, etc.).

Ne pas vérifier le DPE : à compter de 2028, les logements F ne peuvent plus être loués. Si vous achetez en F pour y habiter, pas de souci immédiat, mais la valorisation à la revente sera affectée. Prévoir l'audit énergétique obligatoire à la vente dans votre calcul.

Signer sans condition suspensive de prêt : la banque peut vous refuser le prêt même si votre dossier semblait solide. Sans condition suspensive, vous êtes engagé à acheter comptant, ce qui mène souvent à perdre l'acompte.

Survaloriser le bien : faire faire une estimation indépendante (par un second agent immobilier, par un notaire ou un expert immobilier) quand vous hésitez sur le prix. Les diagnostics de vente du vendeur ne donnent pas la valeur, juste les données techniques.

Oublier les frais d'agence : dans une vente via agence immobilière, la commission (3-6 % du prix) est le plus souvent à la charge du vendeur mais se retrouve incorporée dans le prix. Vérifier à qui elle est imputée sur le mandat.

Mal préparer le financement : commencer les démarches bancaires avant de chercher le bien permet de négocier en position de force. Avoir un accord de principe écrit valant pour 3 mois.

Spécificités Hérault

Montpellier et son agglomération affichent un marché immobilier particulièrement tendu.

Les prix y sont élevés, oscillant entre 5 500 et 7 000 €/m² en centre-ville ancien, et entre 4 500 et 6 000 €/m² dans les nouveaux quartiers. Les délais de vente s’avèrent courts, souvent compris entre un et trois mois, tandis que les biens bien placés suscitent des surenchères fréquentes.

Béziers, Sète : marchés plus accessibles (2 500-4 500 €/m²). Centres anciens avec charme mais parfois à rénover. Marché moins frénétique, plus de marge de négociation.

L'arrière-pays héraultais (Lodève, Bédarieux, Ganges, Saint-Pons, Clermont-l'Hérault, Pézenas, Lamalou-les-Bains, Lunas) : prix bien plus bas, parfois 1 200-2 000 €/m², maisons de village à rénover. Marché très lent (6-18 mois de commercialisation courants), mais belles opportunités pour qui accepte les travaux.

Professionnels en Hérault : quelque 500 agents immobiliers, 180 notaires, plusieurs chambres interdépartementales (Chambre des Notaires de l'Hérault, FNAIM Hérault, UNPI 34).

ADIL 34 (ADIL de l'Hérault) : consultation juridique gratuite sur tout projet immobilier (avant compromis, éventuels litiges). Indispensable pour les primo-accédants.


Sources : Code civil (articles 1582 et suivants), Code de la construction et de l'habitation, loi SRU de 2000 (délai de rétractation), loi Macron 2015, Chambre des Notaires de l'Hérault, ADIL 34, service-public.gouv.fr, notaires.fr.

Autres guides Immobilier & information

Magalie

Magalie est une IA générative — vérifiez les infos importantes auprès d'un pro qualifié.