Actualité Loué · 11 juin 2026
Squat sur Booking : comment sécuriser son logement après une intrusion

Ce qu'il s'est passé à Loué
Un propriétaire a découvert que son studio, initialement loué via la plateforme Booking pour une courte durée, était occupé par des personnes n'ayant plus quitté les lieus à la fin de leur séjour. La procédure pour récupérer la jouissance de son bien a duré plusieurs mois. Cette situation, rapportée par Le Parisien, met en lumière les risques juridiques et matériels liés à la location saisonnière, même via des plateformes réputées. Elle incite à une réflexion approfondie sur la sécurisation de son patrimoine immobilier.
Comprendre la loi : squatter n'est pas simple occupation
En droit français, la situation est claire. L'Article 226-4 du Code pénal définit l'infraction d'« occupation frauduleuse d'un local d'habitation ». Il s'agit du fait, pour une personne, de pénétrer ou de se maintenir dans un local d'habitation en violation manifeste de la volonté du propriétaire ou du titulaire d'un droit de jouissance. La victime doit avoir exprimé, de manière équivoque, son opposition à cette présence. Cette infraction est passible de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
Il est fondamental de distinguer cette situation d'un conflit locatif classique. Si le locataire a un contrat de location (même un bail mobilité ou une convention de location saisonnière) et qu'il dépasse la durée prévue, il ne devient pas squatteur juridiquement. On parle alors d'occupation sans droit ni titre après l'échéance du contrat. La procédure d'expulsion est alors différente et passe nécessairement par le Tribunal Judiciaire via une procédure locative.
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Quand vous laissez votre logement vacant, le verrouiller soigneusement est une évidence de bon sens, non ?
Les étapes à suivre immédiatement en cas d'occupation illicite
Face à une situation d'occupation perçue comme illégale, la réaction doit être méthodique et légale.
1. Constat et preuves : La première étape est de constater les faits. Il est recommandé de faire établler un constat d'huissier (commissaire de justice). Cet officier public établira un procès-verbal attestant de la présence de personnes dans le local et de l'état des lieux. Cette preuve est indispensable. 2. Tentative de résolution amiable : Avant toute action en justice, il est souvent conseillé, et parfois exigé, de tenter une résolution amiable. Cela peut prendre la forme d'une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, demandant le départ des occupants. 3. Saisine du Préfet : En cas de squat pur et simple (pas de litige locatif), le propriétaire peut saisir le Préfet du département (ici, la Sarthe). La préfecture dispose de pouvoirs pour ordonner l'évacuation des locaux, après vérification que les conditions de l'article 226-4 du Code pénal sont bien réunies. Cette voie administrative peut être plus rapide que la voie judiciaire. 4. Action en justice : Si la voie amiable et administrative n'aboutissent pas, ou si la situation relève d'un litige locatif, il faudra saisir le Tribunal Judiciaire. L'assistance d'un avocat est vivement recommandée. Le tribunal ordonnera l'expulsion et le paiement d'une indemnité d'occupation.
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Faire appel à un professionnel certifié plutôt qu'à un artisan non qualifié pour sécuriser votre porte, c'est plus rassurant, non ?
Sécuriser physiquement son bien : au-delà des serrures basiques
Une fois le logement récupéré, la priorité absolue est de réinstaller une sécurité pérenne. Une simple serrure à clé est souvent insuff face à des tentatives d'effraction.
* Les serrures certifiées A2P (ou A2P B4) : La norme européenne EN 1627 définit des niveaux de résistance. Pour une porte d'entrée, une serrure certifiée A2P est le minimum recommandé. Elle offre une résistance aux tentatives d'effraction par effraction mécanique (crochetage, défoncement, perçage) pendant au moins 5 minutes. Pour une protection renforcée, on peut monter au niveau A2P B4, résistant 10 minutes. L'installation doit être réalisée par un serrurier certifié. Vous pouvez vérifier la certification des professionnels via l'Annuaire des entreprises certifiées du CNPP (Centre National de Prévention et de Protection). * Le système d'fermeture multipoints : Il s'agit d'un système de verrouillage qui immobilise la porte en plusieurs points (généralement trois) avec un seul tour de clé. C'est un excellent complément à une serrure A2P. * Le renforcement des accès secondaires : Les fenêtres et les portes vitrées sont des points d'entrée faciles. Des verrous de fenêtre, des barres anti-effraction ou des vitres de sécurité (verre feuilleté ou trempé) sont des investissements essentiels. * Les solutions connectées : Des serrures connectées avec alerte en cas de tentative d'effraction ou des caméras de surveillance (dans le respect de la législation sur la vie privée et la CNIL) peuvent dissuader et fournir des preuves.
Choisir un serrurier de confiance : éviter les arnaques
Après un tel épisode, il est urgent de trouver un professionnel. Or, c'est un contexte où les arnaques sont fréquentes. Voici les points de vigilance.
1. Devis écrit et détaillé : Exigez toujours un devis préalable et détaillé avant toute intervention. Il doit comporter le prix de la main-d'œuvre, le coût des fournitures (avec la marque et le modèle des serrures) et la TVA. Un prix trop bas est souvent un signe d'arnaque. 2. Vérification des certifications : Un bon professionnel possède des certifications comme celles délivrées par le CNPP ou l'AFNOR. N'hésitez pas à les demander. 3. Avis et recommandations : Consultez les avis en ligne, mais avec recul. Privilégiez les recommandations de bouche-à-oreille ou celles de votre assurance. 4. La mention « dépannage » : Méfiez-vous des entreprises qui n'affichent pas clairement leurs tarifs et qui facturent un forfait de « dépannage » exorbitant une fois sur place. Les tarifs des interventions de serrurerie ne sont pas réglementés, mais ils doivent rester cohérents.
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Connaître vos droits et les procédures exactes en cas de problème, ça permet d'agir avec plus de sérénité, non ?
La role de l'assurance habitation
Votre contrat d'assurance habitation peut prévoir des garanties utiles dans cette situation, mais attention aux exclusions.
* Garantie « Vol et effraction » : Elle couvre généralement les dégâts causés lors de l'effraction (porte enfoncée, vitre brisée) et le remplacement des serrures. Elle peut aussi indemniser le vol de vos biens personnels. Il est crucial de déclarer le sinistre à votre assureur dans les 2 jours ouvrés suivant la découverte des faits. * Garantie « Responsabilité Civile » : Cette garantie est essentielle si vous êtes propriétaire non occupant. Elle vous couvre si un tiers (le squatter) causait des dommages aux parties communes de l'immeuble ou à des voisins. * L'assurance loyers impayés : Si la situation était un litige locatif classique (dépassement de bail), cette garantie peut couvrir les loyers non versés pendant la période d'occupation illégale, sous réserve des conditions du contrat.
Important : Les contrats prévoient souvent des franchises (montant restant à votre charge) et des plafonds de garantie. Lisez attentivement les Conditions Générales de votre contrat. De plus, les dommages causés par des occupants illégaux ne sont pas toujours couverts si le logement n'était pas inhabité et sécurisé selon les termes du contrat (par exemple, portes et fenêtres verrouillées en votre absence).
Prévenir le risque pour les locations saisonnières
Pour les propriétaires louant sur des plateformes comme Booking, Airbnb ou LeBonCoin, la vigilance est permanente.
* Vérification des voyageurs : Exigez une copie des pièces d'identité et un justificatif de domicile des locataires. Certaines plateformes offrent un service de vérification d'identité. * Caution et conditions de location : Prélèvez une caution solide et rédigez un contrat de location saisonnière clair, stipulant les conditions d'entrée et de sortie, et les conséquences d'un dépassement. * Gestion proactive : Faites un état des lieux d'entrée et de sortie très détaillé, avec photos. Pour les longues périodes (plus d'un mois), des visites intermédiaires peuvent rassurer. * Assurance spécifique : Vérifiez que votre assurance habitation couvre bien la location saisonnière. Certaines polices l'excluent ou imposent des conditions. Il existe des assurances spécifiques pour les « meublés de tourisme ».
En cas de doute, France Rénov' (service public) peut vous orienter vers les aides et normes pour sécuriser votre logement. Vous pouvez également contacter l'ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement) pour des conseils juridiques généraux sur la propriété et la location.
Questions fréquentes
Quelle est la première chose à faire en découvrant des personnes dans mon logement sans mon accord ?
La première étape est de conserver des preuves. Il est fortement conseillé de faire établir un constat par un commissaire de justice (anciennement huissier). Ce constat officiel attestera de la présence des occupants et de l'état des lieux, ce qui est indispensable pour toute action en justice ou administrative subsequente.
Dois-je appeler la police ou la gendarmerie pour faire évacuer des squatters ?
Vous pouvez déposer une plainte pour constater l'infraction (Article 226-4 du Code pénal). Cependant, les forces de l'ordre ne procèdent pas elles-mêmes à l'évacuation. Votre dossier devra être transmis au Procureur de la République. Parallèlement, vous pouvez saisir le Préfet de votre département, qui dispose de pouvoirs administratifs pour ordonner l'évacuation après vérification de la situation.
Une serrure certifiée A2P est-elle vraiment nécessaire pour une résidence secondaire ?
C'est vivement recommandé. La certification A2P (norme EN 1627) garantit une résistance minimale de 5 minutes aux tentatives d'effraction courantes (crochetage, forage, défoncement). Pour un bien laissé vacant de temps en temps, c'est un investissement fondamental qui décourage les intrusions et répond souvent aux exigences de votre assurance habitation pour que la garantie vol soit effective.
Mon assurance habitation couvre-t-elle les frais de remplacement des serrures après une intrusion ?
Oui, sous certaines conditions. La garantie « Vol et effraction » de votre contrat couvre généralement les dommages matériels (porte, fenêtre) et le remplacement des systèmes de verrouillage. Il est impératif de déclarer le sinistre dans les 2 jours ouvrés et de vérifier les conditions de votre contrat, notamment les franchises (montant à votre charge) et les obligations de sécurisation (verrouillage en votre absence).
Est-ce que le propriétaire d'un meublé de tourisme a les mêmes droits qu'un propriétaire classique face à un squatter ?
Les principes juridiques sont les mêmes. La qualification d'occupation frauduleuse (Art. 226-4 du Code pénal) s'applique si la volonté d'expulser les occupants est claire et manifeste. Cependant, si un contrat de location saisonnière (même expiré) existe, la situation peut être juridiquement plus complexe et relever d'une procédure d'expulsion locative classique via le Tribunal Judiciaire, qui est souvent plus longue.
